Y a-t-il des violences policières ? Non pas du tout, c’est juste du terrorisme d’Etat...

Chroniques de vies brisées - La police et le peuple en 2019

par Camille Pierrette.
Mis à jour le jeudi 27 juin 2019

Chroniques de vies brisées - La police et le peuple en 2019

une chronique pêchée sur facebook pour sortir du déni et de la sidération : source : TELEIA Luttes

**Samedi 22 juin- Nantes, fête de la Musique,fin de soirée.**

Un couvre feu non respecté justifie une violence policière démesurée, suivie de chutes de 14 personnes dans la Loire
Les images sont choquantes, la présence des chiens, agressifs, les charges policières aveugles et violentes nous renvoient inévitablement des flashsbacks de certaines périodes de guerre passées...
Quand 5 à 15 minutes dans l’eau deviennent une éternité, quand 5 à 15 minutes nous font prendre cruellement conscience à quel point la vie peut ne tenir qu’à un fil, quand ces 5 à 15 minutes deviennent une lutte pour la survie, quand on réalise pendant ces 5 à 15 minutes, que faire la fête est devenu dangereux en ces jours menaçants, si la police s’en mêle…

Ou est passé Steve...

Lieu : Nantes, Crime : non respect du couvre feu et musique tardive, Sanction : violences débridées, 14 chutes, plusieurs blessé(e)s, une personne portée disparue à ce jour.

crédits photo : nnoman

**Dimanche 23 Juin 2019 - Marseille, participation à une manifestation**

Le samedi 22 Juin à Marseille lors d’une manifestation de Gilets Jaunes un jeune est violemment matraqué par un policier.
Coincé entre des plots en métal, le policier le pousse violemment, puis lui assène plusieurs coups de matraque sur la tête.
Avec l’aide d’autres manifestants, le jeune homme arrive à s’extirper des plots.
Il a la nuque en sang, il est abasourdi.

Lieu : Marseille, Crime : participation à une manifestation. Sanction : Matraquage intensif

**Dimanche 23 Juin - Poitiers, Montbernage.**

Un jeune homme est placé dans le coma artificiel après une interpellation avec usage du Taser de la part de la Police.
La police procède à l’interpellation d’un groupe afin de vérifier que leurs chiens sont en règle, le contrôle est selon le parquet tout à fait justifié et qui plus est plusieurs personnes au sein du groupe étaient fortement alcoolisées.

Toujours selon le parquet, s’il y a eu usage du Taser c’etait pour maîtriser un individu en rébellion, rien d’autre…

Petit problème cependant...la version de la compagne de la victime, diffère de cette version « officielle ».

Elle dénonce une mise sous pression régulière de son compagnons par certains policiers. Elle est arrivée, suite à un appel de son compagnon, en cours d’interpellation.
"Il m’avait appelée, j’ai entendu "contrôle" et puis ils lui ont arraché le téléphone. Je suis venue tout de suite. Il était allongé sur un banc avec sept ou huit policiers sur lui. Ils n’ont pas voulu me laisser lui parler. Il ne bougeait pas, il était calme et ils lui ont mis un coup de Taser, puis deux, puis ils l’ont laissé sept secondes. Quand j’ai voulu filmer, un policier m’a gazée. J’ai vu que Steve ne bougeait plus, il était inconscient. Ils l’ont chargé dans une voiture et ils sont partis."

Lieu : Montbernage, Crime : posséder des chiens et avoir bu de l’alcool, Sanction : coup de Taser entraînant le coma.

**Mardi 25 Juin, Vaujours - Seine-Saint-Denis**

Un gradé de la BAC plante des ciseaux dans le cou d’un lycéen de 17 ans.

Une patrouille de la BAC procède à un contrôle d’identité auprès d’un groupe de jeunes suspectés de les avoir insultés. Le contrôle dégénère, les policiers deviennent rapidement insultants. Un adolescent rapporte leurs propos "C’est un signe de faiblesse. Si vous aviez affaire à des adultes, vous vous comporteriez différemment."

Ces paroles pourtant sensées ont porté la violence policière à son apogée :
"Il voulait qu’on se disperse. On n’allait pas assez vite, selon lui. Il a avancé vers moi, a pointé ses ciseaux et me les a plantés dans la gorge, à droite de la pomme d’Adam. Ensuite, avec mon tee-shirt, je me suis fait un point de compression. Aucun des policiers ne m’est venu en aide."

Bien entendu, le policier incriminé nie cette version des faits en bloc et en donne une autre, selon laquelle ce geste serait accidentel. Cependant, il ne peut pas nier la blessure en elle même et avoue bien en être à l’origine. "Je l’ai attrapé par le cou, j’avais encore les ciseaux dans la main".

Depuis quand, en possession d’une arme blanche, dans le cadre de l’exercice de ses fonctions, saisit-on quelqu’un au cou sans la lâcher ?

En outre, la jeune victime sera placée en garde à vue à sa sortie de l’hôpital, le lendemain c’est son père qui sera arrêté et placé à son tour placé en garde à vue pour douze heures, puis sa soeur, venue lui apporter des vêtements de rechange…

Stratégie d’intimidation policière ? On vous laisse juges.

Lieu : Vaujours, Crime : suspicion d’insultes, Sanction : ciseau planté dans la gorge.

**Mercredi 26 Juin - Rouen**

Lors d’une opération de tractage, sans entrave de la circulation, par des Gilets Jaunes, une patrouille de Police intervient pour des contrôles d’identité qui "dérapent " ou "dégénèrent", euphémismes policiers pour ne pas dire qu’ils deviennent tout simplement violents.

Un gilet jaune est alors interpellé, dans le fourgon, trois policiers sur lui, deux le maintiennent fermement pendant qu’un troisième le tase.

Des personnes leur indique que la victime est cardiaque, sans effet sur les policiers.
Lorsque le bourreau est apostrophé, il justifie son acte par "Il n’avait qu’à se laisser faire c’est tout ce que j’ai à vous dire moi".

Lieu : Rouen Crime : Tractage - Sanction : Taser.


Voici les chroniques d’une police meurtrière sur les cinq derniers jours, juste un aperçu, car ce ne sont que les affaires médiatisées et filmées.
Combien restent dans l’ombre ? Combien ne sont pas filmées ?

En France, le refus de se soumettre à des ordres absurdes, de contestation d’actes hors cadres, est une prise de risque pour son intégrité physique et sa vie !

Ce qui est réellement inquiétant c’est le passage de ces violences policières dans le commun, l’ordinaire, une habituation progressive, alors même qu’elles se visibilisent par leur généralisation, depuis novembre 2018.

Car lorsqu’on s’habitue cela devient normal, lorsqu’on s’habitue on est moins choqué, en revanche la peur s’installe, et on se soumet plus facilement...

L’absurde a également sa place, et lorsque l’on découvre les motivations policières en termes de réponse violente, on est soufflé par leur non sens.
Imposer l’absurde, l’illogique, le rendre habituel et régner par la peur.

Le mouvement des Gilets Jaunes aura du moins permis une prise de conscience collective de la violence policière, qui est constante depuis bien longtemps déjà...

Des réflexes sont alors apparus et des vidéos inondent les réseaux sociaux. Elles constituent la seule défense face à des actes insensés, commis par des personnes armées elles, de LBD40, de GLIF4, de lacrymogènes, de boucliers, de casques, de canons à eau, de tasers...liste non exhaustive...

Le smartphone comme unique défense, face à des armes parfois létales.

Il n’y aura pas de justice. L.Nunez l’a dit lui même, le 2 juin 2019, lors de son intervention au grand jury, qui traitait en partie des Gilets Jaunes.
Il a souligné que les policiers bénéficient de la protection fonctionnelle, des avocats pris en charge par l’Etat entre autres, et que l’Etat fera systématiquement appel des condamnations éventuelles des policiers.

Cela annonce la couleur générale du traitement des violences policières et révèle un système opaque qui les nie et les dissimule.

Mais maintenant, vient l’après. Que fait-on de cette prise de conscience ? Que fait-on pour la combattre ensemble ?
Pour toutes les vies brisées par des violences policières ou la répression judiciaire, pour tous les morts, pour tous les blessés, pour tous les faits dont nous avons été témoins ou que nous avons visionnés, nous avons désormais le devoir de réagir.
Nous ne pouvons plus dire " je ne savais pas"

Une dictature, ce n’est pas seulement quand l’armée est dans la rue et qu’on reste cloîtré chez soi.
Il est plus que temps de perdre cette image "fantasmée" de la dictature.

On y est bien avant, on y est quand le niveau de liberté individuelle et collectif est réduit à un niveau dangereusement bas, au profit de l’impunité du bras armé d’un Etat tout puissant.
On y est quand la répression devient le dernier rempart de l’Etat contre la parole contestataire, et la liberté d’opinion.
On y est quand la liberté de la presse est menacée.
On y est lorsque les pouvoirs ne sont plus séparés et qu’un seul homme, son gouvernement et ses alliés les concentrent.

Nous sommes entrés dans une phase de lutte active.
Individuellement, une raison précise est souvent à l’origine d’un engagement, mais vient par la suite la conscience collective. On lutte contre un système. Abattons le. Pour reconstruire.

"Sans l’autorité d’un seul, il y aurait la lumière, il y aurait la vérité, il y aurait la justice. L’autorité d’un seul, c’est un crime." - Louise Michel.

- par Marie Laure et Nathalie Athina, 27 Juin 2019


Remarques persos :

Une chronique à lire aux gentils représentants et soutiens de LREM qui s’obstinent à nier la réalité et à refuser de la voir, aux députés, à la députée de la Drôme Célia de Lavergne, à tous les gentils et naïfs défenseurs de l’ordre et de l’Etat. Tous sont complices de ces brutalités couvertes et ordonnées par les gouvernements, des brutalités institutionnalisées et généralisées.

- voir aussi ces quelques articles :


9 Messages

  • Y a-t-il des violences policières ? Non pas du tout, c’est juste du terrorisme d’Etat... Le 4 juillet à 16:39, par PapyWeb

    Messieurs je vous invite à plus de modération dans vos propos... qui m’apparaissent comme une partie de ping-pong... Chacun de chaque coté du 6 voit un 6 ou un 9 alors changez de place pour faire évoluer votre point de vue... ou discutez en devant un bière fraîche en toute sérénité...

    Un modérateur de Ricochets...

    Répondre à ce message

  • Y a-t-il des violences policières ? Non pas du tout, c’est juste du terrorisme d’Etat... Le 4 juillet à 15:29, par Maltese 26

    Trump ? Controle aux frontière ? Je ne trouve rien de cela dans mes propos.. Si cela vous rassure je suis anti Trump. Si vous aviez tout de même lu mes autre interventions vous auriez vu que j’ai voté socialiste au élections européennes. On peut être humaniste et social sans être extrémiste. J’ai également dit que j’étais triste pour ceux qui ont étés mutilés. Mais cela ne change pas le fait que l’on ne peut pas justifier les comportements inadéquats de ceux qui s’arrogent le droit d’être violents lorsqu’ils ne sont pas d’accord. Et comparaison ne vaut pas raison au sujet de Pasqua et consorts. Vous êtes en plein délire.

    Répondre à ce message

  • Y a-t-il des violences policières ? Non pas du tout, c’est juste du terrorisme d’Etat... Le 4 juillet à 00:11, par Maltese 26

    Du blabla gauchiste et anti républicain.. Nombres d’affirmation non fondés.. Et comme d’habitude le couplet sur une époque que vous n’avez pas connu et qui n’a rien n’a voir avec aujourd’hui.. Fatiguant et non constructif.. Si vous lisiez correctement toutes les interventions sur les différentes conversations vous auriez vu que ma famille maternelle est décédé en 1944.Que ma mère était pupille de la nation. Et vous auriez évité de m’interpeller sur les acquis sociaux puisque vous sauriez que je suis délégué syndical. Et oui que cela vous plaise ou non vous exaspérez le plus grand nombre en voulant imposer votre vision des choses qui reste minoritaire aussi bien dans les urnes que dans le peuple auquel j’appartiens autant que vous.

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  • Y a-t-il des violences policières ? Non pas du tout, c’est juste du terrorisme d’Etat... Le 1er juillet à 23:39, par Maltese 26

    Si violences policières cela veut dire faire respecter l’ordre public face à des personnes qui refusent d’obtempérer. Alors oui. Si terrorisme d’état cela veut dire que l’état fait respecter les lois votés par l’assemblée nationale. Alors oui. Vous omettez à chaque fois de dire que tout démarre parce que des personnes décident que les ordres qui leurs sont donnés sont absurdes. Sans avoir compétence pour en décider. La société fonctionne parce que les minorités ne font pas tout et n’importe quoi sinon c’est l’anarchie. Alors oui je déplore les dérapages mais lorsque l’on décide d’affronter les forces de l’ordre ce qui est interdit on crée la situation. Par exemple à Nantes bien sûr que c’est effrayant mais pourquoi alors qu’il est très tard ou plutôt très tôt le matin et qu’ils leurs est demandés de se disperser les personnes qui sont 10 fois plus nombreuses que les policiers refusent et provoquent. Vous pronez la désobéissance et ensuite vous vous étonnez du résultat. Et arrêtez de dire que le peuple se soulève. Les minorités ne sont pas le peuple. Elles en font parties. Mais ne peuvent pas décider d’avoir raison pour tout le monde.

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    • Y a-t-il des violences policières ? Non pas du tout, c’est juste du terrorisme d’Etat... Le 3 juillet à 22:40, par poulet

      Je trouve assez immonde d’excuser des violences policières comme on en a jamais vu depuis très longtemps en temps de paix.
      Même en 68 avec des manifestants autrement plus violents que ceux d’aujourd’hui !!!
      Quand on analyse le profil des mutilés on se rend compte qu’il n’y a parmi eux pratiquement aucun « casseur »... seulement des manifestants qui font valoir un droit constitutionnel... et même de simples passants.
      La répression n’a pas pour but de rétablir une sécurité mise en danger, mais bien d’empêcher les manifestations.

      C’est une chose qui est aujourd’hui bien documentée.
      En particulier, les « nasses » qui visent à empêcher les gens de se regrouper et donc de manifester.
      Justifier ces actions qui ont plongé tant de personnes dans le malheur, peut être qualifié de criminel !

      Quand au respect des lois, je ne vous ferai pas l’injure de rappeler de sinistres périodes révolues où respecter la loi équivalait à se comporter comme un sale type.
      Si vous étiez logique, vous renonceriez à toutes les avancées sociales obtenues par des « voyous », des preneurs de Bastille
      de 89 aux bloqueurs d’usines de 36.

      « les minorités ne sont pas le peuple »
      oh ! combien la formule s’applique à merveille au sieur Macron... président de la République « par effraction » !
      Ce qui est le plus inquiétant, c’est le fait que les gens puissent
      s’habituer à ces exactions hebdomadaires et ne pas réagir.

      Quand les gens se comportent comme des moutons, l’abattoir n’est jamais très loin.

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      • Y a-t-il des violences policières ? Non pas du tout, c’est juste du terrorisme d’Etat... Le 4 juillet à 14:25, par poulet

        Il me vient à l’esprit deux exemples qui prouvent qu’il n’est pas raisonnable de se recommander des vertus de sa famille ou de se glorifier de ses exploits passés :
        Charles Pasqua : résistant dès l’age de 16 ans, cofondateur quelques décennies plus tard du Service d’Action Civique
        de sinistre mémoire.
        Elie Denoix de Saint Marc : brièvement résistant au début de la guerre, embauché en 1957 par le général Massu pour s’occuper des relations avec la presse et justifier la torture.

        Une remarque aussi sur ces gens qui se croient obligés de coller des étiquettes sans connaître les personnes.
        (faute d’arguments ?)
        « du blabla gauchiste et anti républicain »... pourquoi pas gauchiasse pendant qu’on y est ?

        J’ai envie de parodier Maltese pour m’amuser.
        Voilà ce que je pourrais lui répondre dans son style inimitable :
        "du blabla réac et néocon trumpien. Ne sais pas faire marcher les vidéos qui montrent les joyeux cowboys s’acharner à cinq sur un manifestant déjà maîtrisé. Fatiguant et un peu débile.
        Vous auriez évité de m’interpeller sur les contrôles aux frontières puisque je suis douanier, (NDLR : donc supérieurement intelligent). « Et oui, que cela vous plaise ou non, vous exaspérez les gens qui sont empathiques avec les personnes mutilées »....... etc.......

        Voilà... finalement ça n’est pas si difficile !!!

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