Ca y est : la france passe de la démocrature à la dictature !

Le système non-démocratique totalitaire montre sa vraie nature, se durcit, et bascule dans la dictature

par Camille Pierrette.
Mis à jour le jeudi 27 juin 2019

Jusqu’à présent, je considérais la france comme une démocrature, c’est à dire un machin hybride et monstrueux situé entre la démocratie et la dictature, qui n’est donc ni une démocratie ni une dictature, mais un genre d’oligarchie autoritaire octroyant des élections menant à la répétition du même Ordre fondamental et certaines libertés contrôlées, une monarchie élective et coloniale vouée aux riches et aux possédants dominée par des lobbies et des gros capitalistes, doublée d’une machine bureaucratique autoritaire et centralisée.

force est de constater qu’on quitte la démocrature pour entrer dans la dictature

MAIS, depuis quelques semaines, avec le déploiement de pratiques terroristes de la part de l’Etat (mutiler en série et faire peur par divers moyens, arrestations préventives comme dans Minority Report, les mensonges énormes de Castaner et Macron, manipulations, double langage à la Big Brother, etc.), les lourdes condamnations de gilets jaunes en série, les menaces envers des opposants politiques connus (des "leaders" gilets jaunes), le fait de traiter les gilets jaunes insurgés de terroristes et de criminels, le déploiement récent de l’armée pour faire du maintien de l’ordre, et aujourd’hui l’arrestation abusive d’un opposant politique, force est de constater qu’on quitte la démocrature pour entrer dans la dictature.
(note du 20 avril 2019 : à la liste on peut ajouter les arrestations, persécutions et violences policières envers des journalistes, surtout ceux qui dérangent)

- Le déclic, la goutte de trop qui me montre qu’on est passé en dictature en france, c’est l’arrestation du jour : Arrestation par la police politique du régime : un membre du collectif Désarmons-les interpellé à Paris !

Tous les Etats ont toujours fonctionné comme ça. Parfois ils accordent une certaine liberté, des droits, une apparence de démocratie, quand ils y ont intérêt et que les populations se défendent suffisamment. Mais dès qu’il y a une crise importante, dès que les peuples veulent une vraie démocratie et/ou s’émanciper du joug capitaliste, alors, toujours, l’Etat et ses gouvernements, avec l’aide des merdias et la brutalité des flics, montrent leur vraie nature, ils sortent les flingues et les dents en acier, les libertés sont annulées et on ne prend plus de gants avec les opposants.

En réalité, nous vivons en permanence dans des systèmes totalitaires, c’est à dire qui veulent régenter la totalité de nos vies à notre place. L’Etat et le système capitaliste veulent contrôler et diriger tous les aspects de nos vies politiques et économiques, de notre vie quotidienne même. Mais il s’agit de totalitarismes "soft", des démocratures, où les prisons sont (plus ou moins) dorées car les esclaves salariés français travaillent et consomment mieux s’ils ont le sentiment d’être libres, et ça évite aussi qu’ils se rebiffent de trop et perturbent "les affaires".

nous vivons en permanence dans des systèmes totalitaires

Pour faire passer la pilule et éviter les insurrections, on nous laisse donc des syndicats (affaiblis et impuissants), du droit à l’expression (si on reste dans les clous), du "droit de manifester" (de plus en plus restreint et qui n’a pas d’effets), de la consommation pour pas cher, des loisirs, le droit de former des associations et de mener des activités culturelles n’ayant aucun impact sur les fondamentaux.

On nous laisse gentiment le droit de nous exprimer entre les interstices laissés par la puissance dominante des merdias capitalistes et d’Etat qui eux occupent les télés, de nous agiter, de faire des jolies pancartes, de gueuler dans la rue, d’insulter de loin le Président, de donner des idées dans des cadres "participatifs", de faire des grands et petits débats à gogo, d’occuper notre besoin de grégarité dans les activités culturelles et sportives, mais bien sûr le système totalitaire ne nous laissera pas codiriger la société dans les domaines économiques et politiques et prendre les décisions démocratiquement.
Dès qu’on remet en cause le pouvoir et l’argent, alors là fini la "démocratie", c’est le règne des autorités et des puissants, des experts et des élus.

Et si vous avez le culot, vous simples bouseux des villes ou des campagnes, d’oser contester avec opiniâtreté et exiger des changements de fond, de la démocratie réelle (à la place du règne du capitalisme et du pouvoir discrétionnaire de quelques élu.e.s), une meilleure répartition des richesses, la justice sociale et écologique, l’arrêt des industries destructrices et polluantes, la fin des grands projets inutiles, l’arrêt du nucléaire à Bure, alors là fini les jolis paravents "démocratiques", c’est le LDB dans la gueule, les yeux crevés, les mutilations, la garde à vue arbitraire, les arrestations préventives, les flics qui chargent à tout va, les manipulations merdiatiques pour vous dézinguer, le terrorisme d’Etat...
Et donc l’Etat et le capitalisme montrent leurs dents, le totalitarisme soft et lisse se fait dur comme les coups de matraques, et les pratiques de dictature apparaissent vite.

Mais non tu exagères, on n’est pas en Corée du Nord !

Bien sûr, certain.e.s diront sans doute que j’exagère honteusement pour me faire peur, que je n’ai qu’à aller vivre en Corée du Nord pour voir une vraie dictature, et que le simple fait que je puisse écrire et publier cet article montre qu’on ne vit pas en dictature.
Je répondrais qu’il y a diverses formes de dictature, une dictature n’est pas forcément ultra sanguinaire en train de tuer en masse des gens avec des tanks.

Voici sur le web plusieurs définitions d’une dictature :

  • Régime politique dans lequel le pouvoir est entre les mains d’un seul homme ou d’un groupe restreint qui en use de manière discrétionnaire.
  • une dictature est un régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon absolue, sans qu’aucune loi ou institution ne les limite ; il faut préciser que même un régime autoritaire peut avoir des lois, des institutions, voire un parlement avec des députés élus, mais pas librement et ne représentant donc pas des contre-pouvoirs. Ce régime politique a fréquemment été violemment critiqué ; ainsi, Hannah Arendt affirme que les lois qu’il promulgue sont éthiquement illégitimes, et que les institutions y sont factices.
  • Encyclopædia Universalis : « La dictature est un régime politique autoritaire, établi et maintenu par la violence, à caractère exceptionnel et illégitime. Elle surgit dans des crises sociales très graves, où elle sert soit à précipiter l’évolution en cours (dictatures révolutionnaires), soit à l’empêcher ou à la freiner (dictatures conservatrices). Il s’agit en général d’un régime très personnel ; mais l’armée ou le parti unique peuvent servir de base à des dictatures institutionnelles. »
  • Dictionnaire de la politique (Hatier) : « La dictature se définit comme un régime arbitraire et coercitif, incompatible avec la liberté politique, le gouvernement constitutionnel et le principe de l’égalité devant la loi. »
  • Dictionnaire culturel (Larousse) : une dictature est un « régime politique dans lequel le pouvoir est détenu par une personne ou par un groupe de personnes (junte) qui l’exercent sans contrôle, de façon autoritaire » et un dictateur est une « personne qui, à la tête d’un État, détient tous les pouvoirs, les exerçant sans contrôle et de façon autoritaire
en réalité il n’y a donc pas de vraie séparation des pouvoirs ni vrais contre-pouvoirs

La prétendue séparation des pouvoirs, et l’existence de contre pouvoirs, sont en réalité une fiction en france, puisque tous sont dans le même moule. Il est temps de distinguer d’une part les grandes principes et la théorie enseignés à l’école et martelés par les merdias, et d’autre par la réalité vécue au quotidien.
Les lois et institutions qui sont sensées limiter le pouvoir de l’oligarchie sont en fait inopérantes, car ...aux mains de ladite oligarchie.
Les contre-pouvoirs sont soient impuissants (syndicats, manifestants...), soient dominés par l’oligarchie (merdias). La "justice" est une justice de classe, il n’y a pas d’égalité devant la loi en réalité (et qui fait les lois...?, les gouvernements au sein d’institutions anti-démocratiques).
Et tous les acteurs dirigeants de l’Etat sont imbibés jusqu’à l’os de la même idéologie, formatés par les mêmes écoles, fréquentant les mêmes cercles, ils font largement partie de la même classe sociale défendant les mêmes intérêts politiques et économiques, et obéissent à l’Etat et/ou au Marché. Les députés de la majorité par exemple sont tenus d’obéir strictement aux directives du parti et du Président.
Les agents de l’Etat et les salariés ont tous peur, à présent ils n’osent pas faire grève, ne savent plus faire, ils craignent pour leur emploi, leur note, leur carrière. Pas besoin de soldats et de mitrailleuses, la coercition est intériorisée grâce aux injonctions et contraintes du Marché et aux rouages bureaucratiques anonymes.

Tout le monde est inféodé à l’Etat et au Marché, en réalité il n’y a donc pas de vraie séparation des pouvoirs ni vrais contre-pouvoirs. C’est une des caractéristiques des dictatures.

Ok on n’est pas en Corée du Nord, mais la france est quand même à présent une variante de dictature, une dictature masquée, avec des restes de droits et de libertés, nettement moins brutale que la Corée du Nord, mais de ce fait une dictature qui est peut-être plus dangereuse encore...
Donc pensons et agissons en fonction de cette situation au lieu de continuer à nous bercer d’illusions et d’élections.

Le silence des pantoufles ou l’insurrection victorieuse des minorités contestataires ?

Le positif dans tout ça, c’est que les personnes qui croyaient encore qu’on vivait en démocratie ou que l’Etat, les flics, la "justice" et le capitalisme étaient nos amis pour la vie, ont l’occasion de déchanter et de réfléchir en prenant contact avec la dure réalité !
Hélas, beaucoup (surtout parmi les riches et classes moyennes supérieures) continueront pourtant volontairement à s’illusionner, à regarder les merdias télés, à se gaver de distractions et de propagande pour continuer à fermer les yeux et à ne pas quitter leurs pantoufles.
C’est bien pour ça que les régimes totalitaires perdurent, grâce à la servitude volontaire et au silence de la majorité qui regarde sans rien faire.

...à moins que les minorités révoltées, à base de gilets jaunes, verts, rouges et noirs, deviennent plus déterminées et plus nombreuses, permettant des renversements et changements radicaux...


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