Trois flocons : une crise majeure ?

par Etienne Maillet.
Mis à jour le dimanche 24 novembre 2019

La neige était lourde, c’est sûr. Mais sans plus. Alors pourquoi tant de dégâts ? Une chute de neige serait plus coûteuse qu’une année de Gilets jaunes (dont l’action, au demeurant, s’est trouvée bénéfique aux revenus les plus modestes) ?
Faut-il réprimer la neige à coup de LBD ? Au-delà de la galéjade, le bilan est sombre : l’incident neigeux dessine une carte des faiblesses des territoires et de leur médiocre résilience.

Pendant ce temps des cliques irresponsables de tous bords, sans plus de contact réel avec les besoins et désirs de la population, s’en va tonitruant au vent : « Toujours plus. Plus de Big data, plus de Linky, plus d’intelligence artificielle, plus de fibre optique ». La crainte de ces docteurs Folamour : que la France soit surpassée, qu’elle n’ait plus de voix dans le concert international, qu’elle ne jouisse plus d’une réelle autonomie politique. Il faut écouter les appels de Rantanplan, pour s’engager résolument dans la direction inverse, et ainsi sauver la planète, sauver l’humain, sauver la démocratie.

Importer plus de Big data, comme le préconise le Jivaro médaillé Field Villani, [1] c’est aussi en même temps importer la dictature. « En ouvrant la fenêtre, on laisse entrer les microbes », prévenait le Petit Timonier, Deng Xiaoping. Il avait raison : la Chine fait aujourd’hui la course en tête vers un capitalisme toujours plus débridé. Faire la course avec la Chine, c’est importer la dictature. Voilà pourquoi Xi Jinping rit (jaune) quand E. Macron lui parle de droits de l’homme.

Ouverture accrue. C’est-à-dire dépendance accrue. Envers l’extérieur, envers les soubresauts de l‘économie mondiale, toutes fenêtres ouvertes, en plein vent des épidémies qui se présentent. Globalisation ? Un excellent moyen de globaliser les problèmes, les maux, les jacqueries, le chaos.

Big data et sédition des élites

Globalisation ? Ou stérilisation culturelle. La diversité culturelle, à l’instar de la biodiversité, est le meilleur moyen qu’en cas de crise grave – qui se profile – existe ici ou là sur la planète des solutions éprouvées, disponibles.
Globalisation ? Ou dépendance technologique accrue, fragilité généralisée de systèmes de plus en plus complexes, c’est-à-dire vulnérables. Récemment c’est un hôpital qui s’est trouvé privé de moyens informatiques. Aujourd’hui, l’industrie même pourrait être bloquée ou sabotée, parce que nombre des machines clés ne fonctionnent qu’en réseau. Ailleurs, c’est un geek, qui s’introduit électroniquement dans un commissariat, accédant à tous les dossiers, procès-verbaux, etc. Le commissariat a changé tout son système. Ce geek n’avait même pas le certificat d’études.

Que dire des dégâts si cette attaque était menée par une puissance hostile disposant de vastes ressources, multinationale ou Etat, forte de bataillons d’ingénieurs ?
La globalisation, c’est surtout la globalisation des maux et des fragilités. De sorte qu’en attaquant le système en un seul point, on peut le faire chuter dans son ensemble. Il existe des travaux théoriques montrant le parallélisme entre complexité et fragilité techniques. Solution des ingénieurs pour se protéger : accroître la complexité…qui ouvre la porte à de nouvelles failles plus larges.

Des châteaux en Espagne dématérialisés

Il faut le constater : les avocats du Progrès infini se drapent souvent dans le manteau scientifique : en réalité, ils n’en conservent que ce qui sert leur religion, leur idéologie, leur fanatisme.
La trajectoire qu’on impulse aux territoires est celles-ci : une activité économique et sociale reposant toujours plus sur le flux d’information, flux dense, ininterrompu, qui soutient les promesses de l’intelligence artificielles, de la fibre, du Linky, de la dématérialisation administrative, du numéro fiscal, des déclarations en lignes : tout cela s’évapore à la première neige. Ce ne sont que des châteaux en Espagne.

Outre leur vulnérabilité face aux attaques virtuelles, les systèmes dits dématérialisés, le sont également aux attaques physiques (brick and mortar comme on disait au début d’internet). Les Gilet jaunes l’ont démontré en incendiant une fosse où passaient de gros tuyaux à données. Ces fosses se comptent par dizaines de milliers. Impossible à protéger. Il en va de même des câbles sous-marins véhiculant internet. D’après les informations qui circulent dans les milieux techniques, les centres de données, comme les nœuds de répartition, sont loin d’être correctement protégés. Qu’importe d’ailleurs, puisque les câbles qui en sortent ne le sont pas du tout.

Mme 2.0 Lavergne, pluri-diplômée des écoles formant les Jivaros d’élite (le banal X/Ponts) aura beau geindre dans un message récent, qu’elle a « vécu 3 jours sans eau potable, sans électricité, sans réseau fixe ni portable », elle n’a là que la monnaie de la pièce de la politique irresponsable qu’elle mène, elle et ses pareils.

Les élites décérébrées et schizophrènes qui nous dirigent (transition écologique et Big data) non seulement sabotent l’Etat, jettent à l’encan la souveraineté nationale, dilapident la souveraineté populaire, et au surplus préparent la catastrophe systémique et globale. Résister à la sédition montante des élites devient une question de légitime défense nationale et démocratique !

P.-S.

PS : Selon le dernier rapport dédié de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, le nombre de ménages ayant déclaré avoir subi un piratage informatique préjudice a doublé en 5 ans, passant de 632 000 en 2011 à 1,2 millions en 2016.

Notes

[1Les Jivaros, aussi appelés Shuar, avaient comme spécialité la réduction de têtes


2 Messages

  • Trois flocons : une crise majeure ? Le 24 novembre à 16:33, par Etienne Maillet

    Si on ne voit pas en creux se dessiner une multitude de solutions dans les lignes ci-dessus, s’il faut les surligner - moindre dépendance à la technique, c’est à dire développement de techniques alternatives (low-tech), relocalisation de l’économie, nouvelle organisation du territoire, transports de basse énergie, défense populaire - c’est à désespérer. La non résilience des territoires est organisée et voulue. Les citoyens tombent dans le panneau, devant le rouleau compresseur de conformation des esprits. Ainsi, l’industrie automobile est-elle le plus gros annonceur du pays. Rome ne s’est pas faite en un jour : un message de 5000 signes ne peut épuiser un propos. On attend les propositions constructives des uns et des autres, en évitant de se tromper de lutte : on tape sur le proche parcequ’il est à portée de bras. Il est tellement confortable de s’abriter derrière le silence qui n’engage à rien et ne construit rien.

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  • Trois flocons : une crise majeure ? Le 24 novembre à 13:17, par paul breynat

    la résilience du territoire dépend de nous autres citoyennes et citoyens. Pas par l’Etat !
    Cet épisode de neige, qui fait bien rire les montagnards, ne serais que du Vercors ( souvent 2 ou 3 mètres de neige à Bouvante ou Lente ou Loscence ) devait surtout nous faire ressentir combien nous sommes dépendant de EDF-Niucléaire.
    Et nous édifier comment construire une certaine autonomie : pour l’eau, le chauffage, cuisiner, lire le soir, etc...
    Attaquer tous et « tout » ne sert à rien.

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