Plus le capitalisme détruit le monde vivant, plus il peut continuer à faire du profit

Le capitalisme ne risque pas de protéger le vivant puisque la destruction de la vie est son carburant de Croissance

par Camille Pierrette.
Mis à jour le mardi 3 décembre 2019

plus le vivant sera détruit, plus il pourra développer de nouveaux marchés lucratifs

Le capitalisme, c’est bien connu, tire profit de tout, et plus le vivant sera détruit, plus il pourra développer de nouveaux marchés lucratifs pour remplacer les actuels marchés saturés de la consommation d’objets produits en Asie.
Pour le capitalisme, des sols détruits et de l’eau polluée c’est génial, car ainsi il peut vendre des serres aquaponiques recouvertes de panneaux photovoltaïques, des bouteilles d’eau de source très cher et des systèmes ruineux d’épuration de l’eau potable.
En Inde, les gens achètent déjà de l’air pur pour respirer quelques minutes hors du smog mortel, le nouveau marché lucratif de l’air non pollué émerge...

Pour continuer sa Croissance, assurer l’augmentation du Capital et des revenus des actionnaires, avoir l’argent nécessaire pour financer ses milices publiques ou privées chargées de contenir par la force les révoltes contre ce système de mort, le capitalisme doit donc détruire TOUT ce qui est disponible gratuitement dans la nature pour le remplacer par des productions industrielles payantes :

  • Ainsi le capitalisme doit détruire les sols vivants remplis de ver de terre et de tas de bestioles qui bossent gratos et bien (les connes !) pour mieux vendre des engrais, des pesticides, des énormes tracteurs avec des énormes machines pour labourer, etc.
  • Le capitalisme doit polluer et épuiser partout les rivières et les nappes phréatiques qui se renouvellent et s’épurent naturellement et gratuitement (pour peu qu’on ne fasse pas n’importe quoi et qu’on les laisse vivre) pour vendre des digues, des drains, des systèmes d’irrigation, des réserves d’eau pour l’arrosage, des stations de pompage, des filtres anti-pollution, des bouteilles d’eau minérale sous plastique, des voyages de tourisme dans des zones plus pures, etc.
  • Le capitalisme doit détruire les insectes qui pollinisent gratos (z’ont rien compris à la start-up nation ces cons !) afin de vendre des micro drones pollinisateurs, des OGM, des aliments industriels, de la culture hors sol, etc.
  • Le capitalisme doit polluer l’air qu’on respire gratos afin de vendre des voitures électriques, des masques, des bouteilles d’oxygène, des filtres pour les logements et les voitures, des médicaments chimiques pour « soigner » les maux de la pollution, des voyages de tourisme dans des zones non polluées, etc.
  • Le capitalisme doit détruire et brûler les forêts pour construire des bâtiments plus rentables, accentuer l’agriculture industrielle et les monocultures d’arbres, vendre des combustibles transformés, des parcs de loisir, des jeux ludiques en salle, des stages de ressourcement, des voyages de tourisme dans des zones plus vertes, etc.
  • Le capitalisme doit détruire notre santé pour nous vendre des médocs chimiques (ou pas), des cures de soin, des hôpitaux privés, des voyages de tourisme dans des zones non polluées, etc.
  • Le capitalisme doit détruire la beauté et la diversité des paysages pour nous vendre des voyages de tourisme dans des zones mises sous cloche pour cet usage, etc.
  • Le capitalisme doit détruire et endormir notre cerveau par la pub et TF1/BFM/Cnews/LCI/Le-Daubé pour nous vendre tous ses mensonges et ses produits industriels jetables en plastocs manufacturés en Asie pour des ouvrières et ouvriers encore plus esclavagisés que chez nous, pour qu’on boive sans broncher les saintes paroles des merdias et du régime.
  • Le capitalisme doit détruire les savoir faire traditionnels et low tech, pour nous rendre dépendant de lui et nous vendre ses saloperies high techs, ses objets industriels, ses kits de bricolage, pour que les ouvriers ne puissent plus auto-gérer une usine ni saisir les processus de fabrication, pour que plus personnes ne sache être autonome et indépendant de l’Etat et de l’industrie.

Donc, à nous d’arrêter et détruire le capitalisme avant qu’il ne détruise tout.
Simple à comprendre...

l’effondrement du vivant est le carburant lucratif du capitalisme

Comme les vampires, le capitalisme suce tout le sang du monde, et sa boulimie est telle qu’il ne pourra pas s’arrêter, causant la mort des proies qui le nourrissent, et donc ensuite la sienne...
Le capitalisme ne s’effondra pas comme ça, car l’effondrement du vivant est son carburant lucratif, et il tuera tout jusqu’à la dernière goutte avant de crever lui aussi, dans l’agonie des derniers maîtres et des derniers esclaves, à moins qu’il continue à avancer malgré tout avec ses robots et ses malades, ses vampires et ses zombies, dans un monde en ruine qu’il aura réussi à transformer en enfer, à son image.

Le capitalisme est un vampire assoiffé qui détruit tout

- A présent, un extrait de l’article « La Commune revient [2/2] - Suite de l’entretien croisé avec Jérôme Baschet et Laurent Jeanpierre » (ici c’est J. Baschet qui parle) :

J’aimerais insister sur le fait que crise structurelle ne signifie ni crise terminale ni effondrement fatal. Rien d’inéluctable ici, contrairement aux schémas du marxisme ordinaire (mais aussi de la collapsologie : on peut noter au passage que celle-ci tire sans doute sa puissance de conviction du même ressort illusoire que le marxisme ordinaire, à savoir l’invocation d’un processus absolument certain, qui permet à chacun de s’inscrire dans une histoire dont le sens est par avance assuré, le désespoir suscité par l’effondrement annoncé n’étant que la version renversée de l’espoir d’une émancipation garantie). Contrairement à la prophétie de la crise finale du capitalisme, la notion de crise structurelle implique d’admettre que l’émancipation n’est pas objectivement déterminée. Par ailleurs, il est bien clair que la crise est, depuis les années 1970, l’une des armes favorites de la gouvernementalité néolibérale ; mais cette instrumentalisation n’implique pas que la crise soit un pur artifice et, d’ailleurs, bien des mesures caractéristiques du néolibéralisme (à commencer par l’expansion sans limite du crédit) ont fini par accentuer la crise qu’elles prétendaient surmonter. Par crise structurelle, j’entends le fait que la reproduction du monde de l’Économie, et notamment la poursuite de l’accumulation du capital, se heurtent à des difficultés sans cesse croissantes (limites des ressources naturelles, effets de la dévastation du vivant et du dérèglement climatique, freins à l’externalisation des coûts écologiques et tendance à la hausse des coûts salariaux mondiaux induisant une baisse de rentabilité de l’activité productive ; surchauffe financière et suraccumulation tendancielle multipliant les bulles prêtes à éclater ; processus de décomposition sociale associés à l’extension du chômage et de la précarité, des inégalités de revenus et de patrimoine, de l’exclusion et des fractures territoriales, des dérives identitaires et des clivages ethno-religieux instrumentalisés ; délégitimation des systèmes politiques de la démocratie représentative, etc...). Cependant, toutes ces difficultés et d’autres encore qu’il convient d’analyser plus en détail peuvent encore, et jusqu’à preuve du contraire, être surmontées. Même les limites qu’on croit volontiers infranchissables, comme celles qu’implique l’épuisement des ressources naturelles, ne me semblent pas devoir être considérées comme des limites absolues, compte tenu de la très forte plasticité du capitalisme et de ses capacités d’innovation. En ce sens, l’argument selon lequel une croissance infinie dans un monde fini suffit à condamner le capitalisme à une disparition certaine est certes très efficace, mais trop beau pour être honnête : la seule limite vraiment absolue du capitalisme, c’est l’extinction de l’humanité, à laquelle, en effet, il pourrait bien conduire. Bref, tous ces obstacles, déjà avérés ou prévisibles, peuvent être surmontés, mais au prix de nouvelles difficultés plus grandes encore, notamment en termes de dévastation écologique, de dégradation des conditions de vie et de tensions de tous ordres, poussées très près de leurs points de rupture. Et ces points de rupture semblent vouées à être de plus en plus fréquemment atteints ou dépassés, comme le suggère le soulèvement des Gilets Jaunes, ainsi que la séquence accélérée des insurrections les plus récentes, de Hong Kong au Chili, en passant par l’Équateur et la Catalogne, le Liban et l’Irak (liste non exhaustive et ouverte).

Dans l’article, il est évoqué que le capitalisme, sous une forme de "green new deal" avec énergies décarbonées, serait possible.
Or, nombre d’auteurs nous disent que même si le capitalisme tentait (ce qui n’est pas du tout sûr étant donné le conservatisme ambiant et les intérêts anciens en jeu) de se "moderniser" en tentant de se "verdir" en partie (en partie seulement, car nombre de saloperies forcément continueraient), en accentuant le développement dit durable, il ne pourrait pas y arriver.
- Même un article publié sur Le Monde le dit, c’est dire : « L’objectif de croissance économique serait incompatible avec une sortie de la crise écologique » Dans une tribune au « Monde », trois chercheurs, François Briens, Timothée Parrique et Vincent Liegey, expliquent qu’il faut en finir avec le mythe de la croissance verte, car les études scientifiques montrent que l’on ne peut à la fois faire croître le PIB et baisser l’empreinte écologique.

De tout façon le capitalisme ne pourrait pas se "verdir" suffisamment avant l’emballement catastrophique du climat et avant des effondrements dus aux pénuries de matières premières.
En effet, il n’est pas possible de changer de technologies rapidement, et les nouvelles technologies (renouvelables industriels, voitures électriques...) consomment de l’énergie et des matières premières elles-aussi, et puis reste le fait que le capitalisme version "développement durable" doit toujours croître, produire davantage, et donc utiliser davantage d’énergies et de matières premières...
Et puis ce "green-new-deal" capitaliste serait toujours le carcan d’un monde autoritaire, inégalitaire, esclavagiste, un monde indésirable.

Pour l’instant, de toute façon, cette option est écartée puisque c’est le business as usual qui triomphe et le système a échoué dans les grandes largeurs, et tout le monde le sait, le voit.

- Voir ces articles pour plus de détails :

Désintoxiquons-nous pour de bon des mythes criminels et suicidaires de la croissance verte et du développement durable

- et aussi : Rencontre entre Philippe Bihouix et un collectif d’activistes écolos - Désobéissance écolo Paris interviewe ici l’ingénieur, auteur de Le bonheur était pour demain


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