Critique des illusions vertes, développement durable, énergies renouvelables, Green New Deal...

Pour agir dans la bonne direction au lieu de s’enfoncer dans des impasses destructrices du vivant

par Les Indiens du Futur.
Mis à jour le lundi 23 septembre 2019

Voici plusieurs posts critiques de N. Casaux sur les illusions vertes, le développement durable, les énergies renouvelables, le Green New Deal, les ONG complices des Etats et du capitalisme, etc. Pour se dégager des impasses et agir, comme on peut, dans la bonne direction.

QUAND GRETA THUNBERG ET GEORGE MONBIOT FONT LA PROMOTION DE CONSERVATION INTERNATIONAL (ET DE SES PARTENAIRES DOUTEUX)

Dans une vidéo publiée très récemment, Greta Thunberg et George Monbiot (journaliste qui travaille pour le quotidien britannique The Guardian, un des sites d’informations les plus consultés au monde) font la promotion de ce qu’ils appellent des “Natural Climate Solutions” ou “Nature-based Solutions”, c’est-à-dire des « solutions naturelles au problème climatique ». À savoir, planter des arbres. Fort bien. Mais « planter des arbres » où, quand, comment, quels arbres, qui plante, sur des terres appartenant à qui, ou à quoi ? On ne sait pas. Et on ne saura pas. Parce que l’objectif n’est pas tant de nous inciter à planter des arbres — sachant que planter des arbres, c’est très vague, sachant que cela peut être une très bonne chose comme une très mauvaise, ainsi que Francis Hallé le rappelle (voir : http://ekladata.com/GgQvdIG9o2pH25w...) ; les monocultures industrielles d’arbres qui se multiplient par endroit sont une calamité écologique (lire aussi : https://www.lejdd.fr/Societe/plante... et https://theconversation.com/ces-arb...) —, que de nous encourager à financer les organismes et institutions partenaires de l’organisation vers laquelle renvoie la vidéo, qui nous invite également à « voter pour des gens qui défendent la nature », à « partager cette vidéo » et à « en parler ».

Vidéo qui a été réalisée en collaboration avec une grande ONG écolo internationale, “Conservation International”, elle-même partenaire de nombreuses entreprises comme Bank of America, Apple, Hewlett-Packard, HSBC, McDonald’s, Mitsubishi, Toyota, etc.

Le site du projet Natural Climate Solutions, vers lequel la vidéo nous renvoie, nous propose de « soutenir » leurs « alliés », à savoir Conservation International, le PNUE (Programme des Nations unies pour l’environnement »), Avaaz, Les Amis de la Terre, Greenpeace, le WWF, la Fondation Leonardo DiCaprio, et beaucoup d’ONG ou organisations du même genre. Le problème, c’est que si certaines d’entre elles font parfois du bon boulot, notamment au niveau de la base, des militants les plus sur le terrain, beaucoup, au niveau de la direction, à l’instar de Conservation International, versent dans le greenwashing de manière industrielle.

Sur Twitter, Stephen Corry, le directeur de l’ONG Survival International, une organisation mondiale de soutien aux peuples indigènes — bien moins connue que Greenpeace, le WWF, Avaaz, Leonardo DiCaprio, ou Greta Thunberg ; sans doute parce que les peuples indigènes, ça n’intéresse pas les intérêts économiques dominants, ça n’intéresse pas la bourgeoisie narcissiquement préoccupée par son avenir climatique —, a réagi ainsi à la vidéo de Thunberg et Monbiot :

« Greta Thunberg dit que “tout compte”, alors pourquoi a-t-elle participé, avec George Monbiot, à un film produit par Conservation International ? Qui est partenaire de Chevron, Toyota, Pacific Gas & Electricity (responsable de rejets de produits toxiques, criminellement condamnable pour incendies volontaires), etc. Qui se fait mener en bateau ? »

Une ancienne salariée de Conservation International, Christine MacDonald, journaliste et auteur du livre “Green. Inc.”, accuse d’ailleurs Conservation International de favoriser l’« écoblanchiment » en permettant à de nombreuses multinationales polluantes comme BP, Shell ou Northrop Grumman de faire partie des partenaires de l’ONG moyennant finance et sans réelle contrepartie. Ces fonds servent notamment à payer les très hauts salaires de Conservation International, son PDG, Peter Seligmann, a gagné plus de 470 000 dollars en 2010. (Pour creuser le sujet : https://www.bastamag.net/Comment-le...)

Stephen Corry ajoute ensuite :

« Oups, j’ai oublié de rappeler que le président du comité exécutif de Conservation International [Wes Bush], travaille pour Northrop Grumman, une des plus importantes entreprises d’armement au monde. Surpris ? Vous ne le seriez pas si vous suiviez le travail de Survival International sur les dégâts que génèrent les grandes ONG du domaine de la conservation. »

Bref, une fois de plus, Greta Thunberg se retrouve à faire la promotion d’une écologie plus que douteuse.

George Monbiot & Greta Thunberg

À PROPOS DES PROMOTEURS DES ILLUSIONS VERTES : DE NAOMI KLEIN À CYRIL DION

Peu après son arrivée aux États-Unis à bord du bateau zéro carbone du prince monégasque Pierre Casiraghi, qui arborait, pour l’occasion, le logo des Objectifs de développement durable de l’ONU, Greta Thunberg a rencontré la célèbre journaliste Naomi Klein — une de ses idoles, à l’instar d’Al Gore.

Naomi Klein lui a proposé de participer à une conférence organisée par le média de gauche progressiste The Intercept, pour lequel elle travaille. The Intercept est une création de l’organisation First Look Media, fondée par le milliardaire Pierre Omidyar, à qui l’on doit eBay.

Naomi Klein siège également au conseil d’administration de l’ONG 350(.org). ONG fondée grâce à l’argent du Rockefeller Brothers Fund, qui continue de la financer. Parmi les nombreuses autres fondations qui la financent, on retrouve la Fondation Tides (elle-même financée par de nombreuses autres fondations, dont la Fondation Rockefeller, une autre fondation de la famille Rockefeller, la fondation du milliardaire George Soros, etc.), la Oak Foundation du businessman et milliardaire britannique Alan Parker, et la European Climate Foundation (Fondation européenne pour le climat), pour laquelle travaille Daniel Donner, l’agent de la famille Thunberg. Si le Rockefeller Brothers Fund de Valerie Rockefeller finance une ONG comme 350(.org), et si Susan Rockefeller est partenaire de la boite de production du mari de Naomi Klein, Avi lewis, et co-productrice exécutive du film documentaire que ce dernier a réalisé à partir du livre Tout peut changer, écrit par sa femme, c’est parce que la critique que formule Naomi Klein ne menace en rien les intérêts Rockefeller.

De la même manière, si ce livre de Naomi Klein est promu par José Ángel Gurría, l’actuel secrétaire général de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OECD), ex-Secrétaire mexicain des Affaires étrangères, et ennemi des Zapatistes (que Klein a fréquentés, à une époque), ce n’est pas pour rien.

Naomi Klein est aujourd’hui une fervente promotrice du Green New Deal, « un vaste plan d’investissement dans les énergies décarbonées visant à stopper le réchauffement climatique, tout en promouvant la justice sociale ». En réalité une vaste escroquerie, une mystification, une carotte accrochée au bout d’un bâton tenu par l’aile progressiste des intérêts économiques qui dirigent la civilisation techno-industrielle (les entreprises, médias, ONG, organisations, institutions et célébrités qui dépendent de ces intérêts économiques), afin de faire avancer les ânes. Toutes les technologies dites « vertes », y compris les technologies de production d’énergie dite « verte », « renouvelable » ou « propre », impliquent des destructions et des pollutions environnementales. Et toute l’énergie, verte, décarbonée, propre, renouvelable ou non (c’est-à-dire l’énergie que produisent les centrales nucléaires, les centrales à charbon, les centrales solaires, les parcs éoliens, etc.), ne sert qu’à alimenter des appareils et autres machines dont la production, l’utilisation et la mise au rebut impliquent elles aussi de nombreuses dégradations environnementales. Sans compter que l’ensemble repose sur les régimes gouvernementaux antidémocratiques des États modernes, sur l’exploitation du grand nombre par le petit nombre (et de tous par tous), sur la servitude moderne imposée par le capitalisme, lui-même imposé par l’État.

Bref, Naomi Klein promeut à peu près les mêmes âneries que Cyril Dion, qui la cite souvent, qui récupère lui aussi cette rhétorique du New Deal, et qui est lui aussi financé, dans ses projets, par différents organismes farouchement anti-développementistes, anticapitalistes, décroissants et anarchistes, comme l’AFD (Agence française de développement, une agence néocolonialiste qui finance l’industrialisation, appelée « développement », du monde entier), ou France Télévisions. Cyril Dion qui travaille désormais avec le gouvernement Macron autour d’une « Convention citoyenne pour le climat » qui, au mieux, servira à appuyer cette mystification d’un Green New Deal. Dans la même veine, on trouve aussi tous les Isabelle Delannoy, Maxime de Rostolan, Yann Arthus-Bertrand, etc.

En revanche, étonnamment, les ONG, organisations et collectifs écologistes qui s’opposent à l’État, au capitalisme, et/ou à l’industrialisme, ne reçoivent aucun financement de la part des ultra-riches et des organisations qu’ils contrôlent, et ne sont pas les bienvenus dans les médias de masse. La différence entre un pseudo-écologisme subventionné par les riches et les institutions dominantes, et un véritable mouvement d’opposition contre ceux qui détruisent le monde.

Greta Thunberg et Naomi Klein

PEAK GRETA

Les médias de masse n’en peuvent plus. Greta a rencontré le sieur Obama. Ce cher ex-président que lesdits médias s’étaient pour la plupart efforcés de présenter comme un type cool et sympa tandis qu’il ordonnait des assassinats par drones interposés tout autour du globe. Un article de France Inter, intitulé « Obama : le bilan mitigé d’un Nobel de la paix », rappelle d’ailleurs (reprenant un constat formulé dans un article du New York Times) qu’Obama « est le président américain qui aura fait la guerre le plus longtemps ». Une performance qui méritait sans doute le Nobel de la paix (mais de la paix selon Orwell, d’où un léger malentendu). À propos du marketing Obama©, vous pouvez regarder cet extrait d’un documentaire de John Pilger : https://www.youtube.com/watch?v=bZH...

Par ailleurs, dans le New York Mag, David Wallace-Wells, journaliste devenu célèbre pour ses articles sur le changement climatique, vient de publier un fameux Panégyrique à la gloire de Greta Thunberg, intitulé : “It’s Greta’s World But it’s still burning. The extraordinary rise of a 16-year-old, and her Hail Mary climate movement” (« C’est le monde de Greta — mais il brûle encore. L’extraordinaire ascension d’une jeune de 16 ans, et de son Saint Mouvement climatique », et non, ce n’est pas une blague).

Au passage, une remarque. Il n’est pas étonnant du tout que des personnalités comme Greta Thunberg et des mouvements comme Extinction Rebellion ou le « mouvement pour le climat » reçoivent le soutien des élites et une superbe promotion de la part de leurs médias de masse. Ceux que cela étonne ne devaient pas bien faire attention. Le soutien des élites est lié aux revendications absurdes dont ils sont porteurs (Green New Deal, capitalisme vert, société techno-industrielle verte). Ceux qui s’attendent à ce que la révolution soit promue par les élites et les médias de masse seront perpétuellement déçus.

Quoi qu’il en soit, avis aux lecteurs anglophones et motivés : un très intéressant travail de cartographie des liens qui existent entre les différentes ONG (ou coalitions d’ONG) et les célébrités (supposément) écologistes, les organisations internationales, les médias de masse, les fondations privées et les grandes entreprises, à partir du travail de Cory Morningstar, reste à entreprendre. N’hésitez pas à me contacter.

Google et les énergies renouvelables

HALLELUJAH

Plus sérieusement, la « marche pour le climat » prévue ce week-end, que les médias de masse promouvaient depuis des semaines et même des mois, n’a pas l’air d’avoir été particulièrement suivie. Les médias de masse affirment le contraire, tout en rapportant qu’elle (n’)aurait réuni (que) 4 millions de personnes dans le monde entier, environ. On parle de 10 000 personnes à Paris, 250 000 à New-York (selon les organisateurs, 60 000 selon la mairie, soit, de toute façon, bien moins que les 1,1 million de personnes annoncées), 300 000 sur toute l’Australie, etc.

4 millions de personnes, c’est à peu près le rassemblement (ou la marche) « Nous sommes tous Charlie » du 11 janvier 2015. 4 millions de personnes dans le monde entier, « pour le climat », ça paraît peu. Surtout quand on sait la promotion dont cette marche a bénéficié — dans des villes comme New-York, on a même vu les autorités autoriser et encourager les jeunes à sécher les cours, et plus de 2100 entreprises australiennes ont également autorisé et encouragé leurs employés à aller manifester.

La mayonnaise climatique aurait-elle du mal à prendre ? Quoi qu’il en soit, Google a compris le message et s’exécute.


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