La mairie de Valence pourchasse les pauvres mendiants dans les rues piétonnes

Nicolas Daragon a pris un arrêté anti-mendicité pour purjer les rues commerçantes des conséquences du système qu’il soutient

par Camille Pierrette.
Mis à jour le samedi 8 juin 2019

Le maire de Valence Nicolas Daragon a récemment pris prétexte de quelques problèmes et plaintes pour interdire la mendicité dans certaines rues du centre ville, via un arrêté du 31 mai 2019.

Selon le Daubé : «  La pratique de la mendicité est ainsi interdite du 1er juin au 15 octobre, dans quatre rues du centre-ville : Madier-de-Montjau, Lesdiguières, Bayard, et Ha-ha.  »

cacher les problèmes et les déplacer au lieu d’essayer de les résoudre

Comme souvent hélas, les tyrans qui prétendent diriger les municipalités préfèrent cacher les problèmes au lieu d’essayer de les résoudre.
Les plus pauvres, déjà broyés et exclus par le système économique, le marché du travail précaire et hyper concurrentiel, les prix exorbitants de l’immobilier, se voient ainsi interdit de mendier dans des rues commerçantes.

Comme Nicolas Daragon, la plupart des élus participent sans rechigner à ce système qui broient les humains, à cette économie capitaliste destructrice qui crée et entretient la précarité et la misère sociale d’un grand nombre de personne. Ensuite, sans vergogne, ces élus excluent certaines pratiques de survie générées par leur monde.

le règne de la marchandise a plus d’importance que l’humain.

Dans ce monde archi-capitaliste et froid, les rues commerçantes doivent rester propres et sans heurts, les chalands doivent pouvoir circuler et consommer tranquillement dans des espaces sécurisés sans mendiants et sans rebelles, le règne de la marchandise a plus d’importance que le soucis de l’humain.

Les rues sont alors quadrillées de flics, de caméras de vidéosurveillance, de bancs anti-SDF (quand il y a des bancs), les WC publics sont parfois absents ou en nombre insuffisants.
Les pauvres sont de plus en plus exclus des centres urbains qui se gentrifient et s’embourgeoisent, les pauvres sont invités à rester chez eux devant la TV ou à déambuler dans les grandes surfaces et les hard discount. Chacun sa merde, chacun sa classe, chacun sa culture, et le désastre humain et écologique peut continuer.

A mesure que les rues se remplissent de marchandises où tout est privé, d’espaces vides dédiés à la circulation et deviennent des lieux dédiés uniquement au commerce pour les plus riches, elles se vident de toute vie, la diversité et l’imprévu disparaissent. Les caméras et les flics remplacent la vie sociale, la répression remplace l’auto-contrôle par la connaissance mutuelle dans des rues vivantes.

Ce ne sont pas les pauvres, les mendiants, les drogués, les alcooliques, les agressifs qui sont le problème en réalité, c’est plutôt le système (économique, politique, social) qui les fabrique, les entretient, les abandonne, les suscite, ne fait pas grand chose pour changer les causes de tout ça et préfère plutôt continuer dans la fuite en avant de la course au profit et du chacun pour sa gueule.


3 Messages

  • La mairie de Valence pourchasse les pauvres mendiants dans les rues piétonnes Le 13 juin à 15:31, par Maltese 26

    Pour Alex. Labaune ? Macron ? RSA ?.. J’ai beau relire mon texte je ne trouve rien de cela. Meilleure répartition des richesses. Accueillir les plus démunis. Personne ne devrait se retrouver à mendier dans les rues. Cela oui je le trouve. Par contre vous auriez pu rebondir sur ce qui vous dérange vraiment. Être responsable. Mais c’est plus facile de dire des contre vérités.

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  • La mairie de Valence pourchasse les pauvres mendiants dans les rues piétonnes Le 9 juin à 00:09, par Maltese 26

    Vous avez raison il ne devrait pas y avoir des personnes dans l’obligation de mendier dans les rues françaises en 2019. Pour autant mettre cette responsabilité sur les élus locaux et les commerçants n’est pas constructif. La responsabilité se place à un niveau plus élevé. Les commerçants des Rue piétonnes de Valence sont eux aussi des êtres humains donc la grande majorité n’est pas riche et se bat au quotidien pour faire vivre leur outil de travail. Et c’est le rôle des élus locaux de leur permettre de fonctionner correctement comme de permettre au reste de la population de pouvoir être en sécurité dans les rues. Que les pauvres ne soient pas le problème c’est évident et je vous suis complètement à ce sujet. Une meilleure répartition des richesses est nécessaire. Et cela au niveau mondial car bien qu’il y ait des choses à améliorer en France nous ne sommes pas les plus malheureux et de loin. Il y a environ 300 pays dans le monde et nous faisons partie des 10 où l’on vie le mieux. Par contre dire que les agressifs ne sont pas un problème n’est pas entendables. Car cela tombe souvent sur des personnes qui n’y sont pour rien. Et faire croire que toutes les personnes alcooliques, drogués et agressives sont le fait de la société n’est pas la vérité. Par contre il faut mettre en place plus d’endroits pour accueillir les plus démunis pour qu’ils n’est pas à mendier car la solution ce n’est pas de les laisser mendier dans la rue de toute façon.

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    • La mairie de Valence pourchasse les pauvres mendiants dans les rues piétonnes Le 13 juin à 09:30, par Alex Vernes

      En voyage en Norvège (en stop pour rencontrer les vrais gens), ma première vision d’Oslo est celle-ci : sur une passerelle, un jeune homme s’écroule au ralenti. Il me faudra quelques temps pour comprendre que l’homme vient de se faire un shoot d’héroïne. En pleine rue, sur cette passerelle passante. Quelques jours plus tard, j’avise dans l’avenue principale de la capitale ce qui parait être deux travailleurs sociaux abordant les SDF et entamant avec eux de longues discussions. Que faites-vous ? interrogé-je. En réponse, j’ai droit à une volée de bois vert (peu méritée, bien que salutaire). « Vous en France, vous préférez cacher la misère, la dissimuler. Nous ici, nous pensons qu’il faut l’assumer, qu’elle est la responsabilité et la faute de tous, que chacun en est plus ou moins responsable, que c’est une responsabilité citoyenne de l’assumer ». Maltese26 n’est pas de cet avis : en le poussant un peu, on verrait que probablement, il se rangerait derrière M. Labaune (ex-président du Conseil général de la Drôme, condamné deux fois, dont la dernière pour abus de bien social), qui proposait, comme M. Macron aujourd’hui, que les « bénéficiaires » du RSA soient contraints de donner du temps de travail gratuit. Maltese 26 n’a probablement jamais connu le dénuement : peut-être est-il bien né. Faut-il lui souhaiter la misère pour lui apprendre à être plus humain ?

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