Gilets jaunes - Revue de presse du 22-23 juin

GJ à Valence Sud, nbx péages gratuits et blocages GJs, pompiers en grève, reconnaissance faciale, les catastrophes climatiques s’accélèrent, Service National Universel, même des fêtards sont réprimés brutalement, droit du travail démantelé...

par Auteurs divers.
Mis à jour le lundi 24 juin 2019

Articles, posts, images, vidéos, témoignages... autour du soulèvement en gilets jaunes qui dure depuis le 17 novembre 2018.

Manifestations, résistances et actions

22 juin : journée d’action - Le péage d’Ancenis ouvert
samedi 22 juin, Péage de Senlis
De combien d’esclaves dépendons-nous pour porter le mode de vie que nous impose le système capitaliste ?

Analyses, idées

  • A Hongkong, les contestataires dépoussièrent les tactiques de manif - Blocage intempestif de rues, protection permanente de l’anonymat, brouillage de pistes électroniques : les leaders contestataires qui militent pour le obtenir le retrait définitif du projet sur les extraditions vers la Chine incarnent une révolte sans répit et sans visage.
  • « Nous serons bientôt incapables de faire des choix. La démocratie aura alors disparu » - Dans son dernier livre, L’homme ou la machine (De Boeck, 2019), l’essayiste britannique Jamie Bartlett raconte comment, selon lui, le numérique affaiblit la démocratie au point, un jour, d’arriver à la faire disparaître. Nous en avons discuté avec lui.
  • Le vrai visage de la reconnaissance faciale - La Quadrature du Net est contre la reconnaissance faciale, d’accord : mais pourquoi ? Dès qu’on aborde le sujet en public, on voit se dessiner deux attitudes opposées. D’un côté, le solide bon sens qui ne voit pas pourquoi on se priverait de la possibilité d’identifier efficacement les criminels dans une foule, et pour qui tous les moyens sont bons, puisque la fin est juste. De l’autre côté, la peur réflexe devant cette technique de surveillance – souvent plus vive que devant d’autres techniques de surveillance pourtant très répandues – parce qu’elle est exploitée au cinéma comme outil d’un pouvoir policier totalitaire. C’est entre ces deux pôles, fantasme contre fantasme, qu’on peut essayer de comprendre les enjeux de la reconnaissance faciale. (...) Est-ce vraiment le monde que nous voulons ? Cette société sans contact, cette société qui a peur de la parole et de l’engagement physique des uns avec les autres est une société déprimée, qui ne s’aime pas. Il est permis d’en vouloir une autre. Elle commence par interdire la reconnaissance faciale.
  • L’écologie n’est pas un dîner de gala. - L’écologie libérale : Vous avez pu le remarquer, lorsque l’on parle d’écologie, certaines personnes aiment à déployer leur grands, beaux et justes principes quitte à en faire un cheval de bataille, une arme de distinction. J’aimerai soulever un phénomène important qui se produit dans toutes les luttes sociales mais qui est encore plus flagrant dans les luttes écologistes : la culture de l’individualisme et la culpabilisation des individus. En effet, combien de fois entendons-nous ces fameuses phrases « je recycle et toi tu fais quoi pour la planète ? », « t’es anticapitaliste mais t’as des Nike et tu bois de l’eau minéral en bouteille ? » ou « sois le changement que tu veux être dans le monde »[1] et tout un tas de remarques comme quoi le problème serait que l’humanité détruit tout sur son passage (sauf elleux évidemment). De manière totalement fortuite, ce sont les mêmes rhétoriques utilisées dans les médias dominants pour parler d’écologie. Car pour elleux, l’écologie est avant tout un problème d’individualité. L’écologie ne se voit pas individualisé parce qu’elle ne touche pas tout le monde, au contraire, c’est parce qu’elle touche tout le monde que nous serions toutses responsables, ce qui est un retournement faramineux. Comprendre l’humanité comme une et indivisible conduit à nier les classes sociales, à centrer le monde entier sur le rapport à la planète qu’entretient l’occident et à nier le fait que le capitalisme comme système est responsable du réchauffement climatique. (...)
  • Sécheresse : les barrages, fausse solution face au dérèglement climatique

# Post FB de N Casaux : Une catastrophe écologique est-elle plus acceptable lorsque c’est l’État qui l’orchestre ? Pour beaucoup d’écologistes (ceux qui souhaitent ardemment que l’on produise de l’électricité "verte" ou "renouvelable" pour alimenter une civilisation industrielle dont ils imaginent qu’elle deviendrait ainsi "durable", "bio", ou peut-être "écoresponsable"), la question ne se pose même pas, étant donné qu’ils ne considèrent pas les barrages comme des nuisances (ce qu’ils sont, par bien des aspects, on renverra sur ce sujet aux travaux de l’ONG International Rivers, au film documentaire Blue Heart, ou encore au livre "La guerre des barrages"), mais qu’ils se contentent de combattre leur privatisation au nom d’un bien commun qui n’a plus grand-chose de commun depuis déjà longtemps.
Peu de choses ont changé depuis ce qu’écrivaient les membres de l’Encyclopédie des Nuisances il y a presque 30 ans :
« Quand tous les hommes d’État deviennent écologistes, les écologistes se déclarent sans hésitation étatistes. Ils n’ont pas vraiment changé, depuis leurs velléités "alternatives" des années soixante-dix. Mais maintenant on leur offre partout des postes, des fonctions, des crédits, et ils ne voient aucune raison de les refuser, tant il est vrai qu’ils n’ont jamais réellement rompu avec la déraison dominante.
Les écologistes sont sur le terrain de la lutte contre les nuisances ce qu’étaient, sur celui des luttes ouvrières, les syndicalistes : des intermédiaires intéressés à conserver les contradictions dont ils assurent la régulation, des négociateurs voués au marchandage (la révision des normes et des taux de nocivité remplaçant les pourcentages des hausses de salaire), des défenseurs du quantitatif au moment où le calcul économique s’étend à de nouveaux domaines (l’air, l’eau, les embryons humains ou la sociabilité de synthèse) ; bref, les nouveaux courtiers d’un assujettissement à l’économie dont le prix doit maintenant intégrer le coût d’un "environnement de qualité". On voit déjà se mettre en place, cogérée par les experts "verts", une redistribution du territoire entre zones sacrifiées et zones protégées, une division spatiale qui réglera l’accès hiérarchisé à la marchandise-nature. Quant à la radioactivité, il y en aura pour tout le monde.
Dire de la pratique des écologistes qu’elle est réformiste serait encore lui faire trop d’honneur, car elle s’inscrit directement et délibérément dans la logique de la domination capitaliste, qui étend sans cesse, par ses destructions mêmes, le terrain de son exercice. Dans cette production cyclique des maux et de leurs remèdes aggravants, l’écologisme n’aura été que l’armée de réserve d’une époque de bureaucratisation, où la "rationalité" est toujours définie loin des individus concernés et de toute connaissance réaliste, avec les catastrophes renouvelées que cela implique. »

Ecocide, destructions écologiques et climatiques catastrophiques provoquées par le capitalisme, le productivisme et les civilisations industrielles

  • Au Groenland, 2 milliards de tonnes de glace ont fondu en un jour - Rennes en Lutte pour l’Environnement : Encore un signe des temps qui n’a pas manqué de nous échapper.
    Décidément, les prémices des bouleversements à venir ne cessent de s’accumuler. Loin de nous amener à la résignation, ces phénomènes nous confirment que la seule voie praticable dorénavant est de nous organiser politiquement pour créer notre propre destin commun.
  • En Arctique, le permafrost fond 70 ans plus tôt que prévu - Notre planète se réchauffe dangereusement. De plus en plus d’études le confirment. Mais aujourd’hui, une nouvelle découverte, celle de la fonte du permafrost des îles arctiques du Canada, pourrait indiquer que la crise climatique s’installe plus rapidement encore que les scientifiques ne l’avaient craint. - Le permafrost des îles arctiques du Canada a commencé à fondre. C’est 70 ans plus tôt que ce qu’avaient prévu les scénarios climatiques du GIEC. Un constat inquiétant, car ce dégel pourrait libérer dans l’atmosphère, une grande quantité de gaz à effet de serre, provoquant ainsi une montée des températures encore plus rapide.
  • Huit ans, huit photos au même endroit : un Islandais expose de manière frappante la fonte d’un glacier - De 2012 à 2019, un garde-forestier islandais a pris chaque année la même photo du glacier de Skaftafell, dans le sud-est de l’île. La comparaison de ces huit clichés, pris avec le même cadre, à peu près à la même période de l’année, montre comment la surface de la glace diminue année après année. Un témoignage frappant de la fonte des glaciers en Islande, phénomène accéléré par le changement climatique et qui pourrait avoir d’importantes conséquences sur le pays.
  • La faune et la flore d’Ile-de-France à l’épreuve du béton et des pesticides - Forte urbanisation, recul des zones humides, pratiques agricoles… L’agence régionale de la biodiversité alerte dans un rapport sur le déclin de certaines espèces. (...) Le nombre de moineaux a chuté de 73 % à Paris
  • Climat : La construction d’une centrale thermique polluante et d’un gazoduc suscite la contestation en Bretagne - Dans le Finistère, des citoyens et associations environnementales s’opposent à la construction, par une filiale de Total, d’une centrale électrique à gaz de 450 mégawatts, accompagnée d’un gazoduc de 111 km de long pour l’alimenter. Des travaux préparatoires ont commencé fin janvier, mais les militants continuent de se mobiliser malgré des amendes, et même des gardes à vue. Le début du chantier est programmé en septembre, tandis que des procédures sont toujours en cours. Pourtant, en Bretagne, bien d’autres alternatives aux énergies fossiles existent. Basta ! s’est rendu sur place.
https://www.youtube.com/watch?v=5GMSb2x16lo&feature=youtu.be

Répression policière et terrorisme d’Etat

# 🔴 FÊTE DE LA MUSIQUE À NANTES : CHARGES ET LACRYMOGÈNES, DESTARDS TOMBENT DANS LA LOIRE ! - Violences policières contre un Soud system sur l’île de Nantes. Nombreux blessés, et 14 personnes repêchées dans la Loire. Témoignages. -
Pour la fête de la musique, les autorités nantaises ont mis les grands moyens pour gâcher la soirée : nombreuses patrouilles, police municipale et BAC omniprésente dans des camions banalisés. Dès minuit, des stands sont verbalisés et quelques fêtards arrêtés. Tout est déjà en place pour faire monter inutilement les tensions.
Mais c’est sur l’île de Nantes que la situation manque de virer au drame. Comme l’an dernier, le long du quai Wilson, un Sound system diffuse de la musique techno. Gros succès au rendez-vous : des milliers de jeunes s’y retrouvent pour danser jusqu’au bout de la nuit. Mais c’est sans compter la répression aveugle qui frappe désormais tous les événements populaires. Vers 4H30 du matin, la police exige l’arrêt immédiat de la musique. Sans attendre, les forces de l’ordre gazent massivement, frappent, et jettent des grenades de désencerclement. Cette violence inattendue contre une foule majoritairement jeune et enivrée provoque un mouvement de foule très dangereux : de nombreux fêtards tombent dans la Loire !
Heureusement, des bateaux de sauveteurs patrouillent le long des quais, et parviennent à repêcher les personnes dans le fleuve. Selon les pompiers, pas moins de 14 personnes ont été secourues dans la Loire.
Nous avons recueilli plusieurs témoignages accablants.
Une fêtarde nous écrit : « On s’est fait gazer, matraquer, on nous a lancé des grenades de désencerclement à la fête de la musique. Apparemment les organisateurs n’ont pas coupé la musique assez vite ... 3 personnes à notre connaissance sont tombées dans l’eau. On s’est pris des grenades et des gaz au bord de la Loire. Tout le monde avait un coup dans le nez. C’était la cata ! »
Une personne, également présente sur les lieux raconte : « Ça c’est passé quand ils ont demandé de couper le son. Les organisateurs ont coupé, mais apparemment ils auraient fait chanter certaines personnes en remettant un peu de son. C’est la que ça serais parti. Il y a eu du gaz. Des personnes sont tombées à l’eau. […] Pour la suite je sais pas, mais pas mal de vedettes tournaient sur la Loire jusqu’à au moins 6H30 quand je suis parti. » Elle poursuit : « je crois que deux personnes se sont fait interpellées. Et un à été blessé à la tête par une lacrymogène. Perso je me suis fait agripper par un flic puis repousser en arrière parce-que j’étais trop près. "C’est encore un gaucho celui-là", le chef est venu et ma menacé de m’embarquer si je dégageait pas. »
Un de nos reporters qui se trouvait sur place confirme : « cette nuit, gazage, matraques et crânes en sang. Tirs de grenades de désencerclement et de LBD. Un mec a pris 4 ou 5 balles, j’en croyais pas mes yeux. Plusieurs personnes obligées de sauter dans la Loire, invraisemblable ! »
Enfin, un fêtard habitué des manifestations nantaises rapporte : « ce sont deux groupes du PSIG [Peloton de la Gendarmerie] qui sont arrivés appuyés par la BAC. Il y avait des CRS, des chiens … Ils ont gazé immédiatement et envoyé les chiens sur les gens. C’était vraiment sale, j’ai vu au moins 5 interpellations, des gens tabassés au sol. Au moins 15 camions de CRS sont arrivés. C’est débile de gazer juste à côté de la Loire, les gens étaient poussés par le gaz vers le fleuve. En plus il y avait des gens ’’défoncés’’. Forcément, des gens ont répliqué. Il y avait des rangées de LBD braqués sur les fêtards. J’ai vu des blessés par les tirs et les grenades. » Il conclut : « Même en manif je n’avais pas vu un tel déchaînement de violence gratuite. »
La presse rapporte également qu’un DJ a reçu un coup de taser alors qu’il mixait encore.
Un drame a donc été évité de justesse cette nuit à Nantes. Et selon tous les témoignages, c’est l’intervention violente et aveugle pour empêcher une simple fête de continuer qui semble être à l’origine de la mise en danger de milliers de personnes.
En France, toute expression de rue, militante ou festive, est désormais combattue par les autorités.

Magouilles, violences et mensonges du régime et de son monde

# Hold-up social : comment le droit du travail a été démantelé en Europe, sans aucun bénéfice sur l’emploi et les gens - L’Allemagne, la Grèce, l’Italie, la Roumanie, ou encore l’Espagne... Et maintenant la France. Ces dix dernières années, la plupart des pays de l’Union européenne ont subi de profondes réformes du droit du travail. Officiellement, au nom de la lutte contre le chômage. Mais les études réalisées depuis, y compris par les institutions les plus libérales, sont unanimes : leur impact sur l’emploi a été minime. En revanche, ces politiques se sont traduites par une explosion de la précarité et une baisse des rémunérations pour les salariés. Basta !, en collaboration avec les journalistes d’Investigate Europe, vous propose une enquête grand format sur le hold-up des « réformes structurelles ».

  • Un gendarme renverse 4 gilets jaunes ! Depuis des mois, l’enquête a du mal à avancer. - On comprend un peu mieux pourquoi : l’automobiliste qui a renversé des gilets jaunes à Rouen serait un gendarme !
  • Comment les sanctions contre les chômeurs risquent, demain, de s’étendre à l’ensemble des minimas sociaux - Depuis début janvier, les chômeurs sont soumis à des contrôles renforcés en France. Un rendez-vous manqué, une offre d’emploi dite « raisonnable » refusée, et c’est la radiation, plus ou moins longue, avec suspension des indemnités. Cette politique punitive s’inspire clairement de celles qui sont menées en Grande-Bretagne et en Allemagne, où les sanctions se sont progressivement appliquées aux autres prestations sociales, allocations familiales ou aides au logement. Leurs conséquences sont sans appel : « Elles frappent d’abord les personnes les plus faibles », repoussées vers une encore plus grande pauvreté. En Allemagne, le tribunal constitutionnel est d’ailleurs en train de se pencher sur la légalité de ces sanctions. Explications.
  • Cash Investigation Multinationales : hold-up sur nos fruits et légumes
  • « Tuerie » pour animaux, souffrance des travailleurs : « Il faut briser l’omerta qui règne dans les abattoirs » - A quoi ressemble le quotidien des ouvriers qui travaillent dans des abattoirs industriels ? Le journaliste Geoffrey Le Guilcher s’est fait embaucher dans l’un d’entre eux, sous une fausse identité, en Bretagne. Pendant plus d’un mois, il y a découpé à la chaîne des vaches en une minute et partagé les souffrances physiques et psychiques des ouvriers. Il raconte son expérience de l’un des métiers les plus difficiles du monde industriel dans le livre « Steak machine ». Et révèle que les résistances à toute évolution, aussi bien pour la santé des salariés que pour celle des animaux, sont puissantes. Pour l’industrie, « le consommateur ne doit surtout pas faire de lien entre la vache et le steak qu’il a dans son assiette ». Entretien.

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