Valence : la grande messe nucléariste perturbée par les antinucléaires


Mis à jour le jeudi 27 juin 2019

Ce mardi 4 juin 2019 la nucléocratie n’était pas à la fête à Valence (Drôme). Le débat public sur la gestion des déchets nucléaires organisé pour faire valider, par une mascarade de démocratie noyautée, le plan de poursuite du nucléaire et d’enfouissement des déchets radioactifs a été perturbé par les antinucléaires de Vaucluse et de Drôme. Devant la salle et dans la salle, les 150 cadres et directeurs du lobby nucléaire régional qui avaient squatté toutes les places au détriment du public et des citoyens se sont retrouvés pendant plusieurs heures avec, devant leurs yeux, des banderoles exigeants l’arrêt immédiat du nucléaire et fustigeant les projets de démantèlements entrainant un accroissement démentiel des déchets radioactifs.
Protégés par la police et des vigiles, une centaine de politiciens (Président du Conseil Départemental de Drôme et de la Cligeet, attachés divers et variés) et salarié-es appointés de chez EDF/Orano-Areva/CEA se sont enfermés dans une salle étouffante à bien des égards. La raison de leur squatt du local : le pseudo débat public sur le Plan de Gestion des déchets nucléaires. Et surtout : empêcher les citoyens et le public contestataires du nucléaire d’avoir droit au chapitre. Histoire de dérouler, dans un entre-soi de bon aloi, leurs discours convenus et odes à leurs savoir-faire supérieur et à leur maîtrise infaillible de la chose nucléaire. Au vue des milliers d’incidents nucléaires subits par leurs installations de morts et les populations victimes, sans oublier leurs dernières catastrophes avouées de Tchernobyl et de Fukushima, chacun-e appréciera la rigueur du propos. Tellement ridicule que les organisateurs du débat (la commission du débat public, ses animateurs et la magistrate- présidente de la commission particulière du débat public, Isabelle Harel-Dutirou) durent à plusieurs reprises demander à ces propagandistes de raccourcir leurs dithyrambes.
Ce festival d’auto-congratulations ridicules - on se serait cru dans une convention professionnelle de la destruction atomique, avec la claque avide de montrer sa soumission et de défendre ses petits intérêts particuliers corporatistes - a toutefois viré au plus sérieux et fait retomber dans le réel cette caste hors sols et sûre de son pouvoir sur les politiques et gouvernements de tous bords. En effet, malgré la stratégie de noyautage des nucléaristes, deux antinucléaires du CAN84 et du MCCA sont parvenus à s’installer discrètement dans les lieux et ont déployé sous les yeux médusés de ce petit monde se claquant la bise, une banderole proclamant « Arrêt immédiat du nucléaire ».

Malgré les tentatives répétées de les faire taire ( des aficionados de la destruction atomique allant même jusqu’à exiger de la magistrate garantissant le bon déroulement qu’elle procède à leur expulsion, ce qu’elle refusa au nom de la nécessaire contradiction des points de vues) : durant deux heures ininterrompues ils maintinrent leur exigence de mettre un terme définitif à la barbarie atomique militaire et civile. Commentant à haute voix les mensonges éhontés des technocrates assassins. Grises mines dans la salle en costumes bleu foncé et chemises bleu claire se voulant décontractées comme en un « corporate brainstorming ». Et le subtil positionnement de la banderole antinucléaire devant le vidéo-projecteur empêchait l’écran de dérouler les balivernes des intervenants de la nucléocratie et des ministères. Les litanies en devenaient d’un effet de comique de répétition. Heureusement que le ridicule ne tue pas, en tout cas bien moins que la radioactivité. Mais pour les antinucléaires il ne s’agissait pas d’en rire, car derrière les discours techno-scientistes, s’exposent des morts et victimes de la radioactivité artificielle créée et produite par ces adeptes endimanchés de la mort.
A l’extérieur de la salle, sous l’oeil de la police, d’autres antinucléaires de ADN, CNT26, stop nucléaire 26 07, NPA faisaient le capharnaüm pour brouiller ce pseudo-débat. Les murs résonnaient des frappes du public et des antinucléaires exclus de la possibilité de pénétrer dans la salle. Bonjour la démocratie nucléariste. Des clowns ridiculisaient tout ce beau monde replié dans leur bocal qui sait pertinemment que les dès sont pipés depuis le début - depuis plus de 60 ans en fait - et que leurs projets fous continuent de se déployer et d’étendre, telle une pieuvre hideuse, leurs tentacules sur tout le pays, du nord au sud (ITER, Astrid, Atma), de l’est (poubelle nucléaire de Cigéo) à l’ouest (EPR).

Toutefois, lutter et se redresser n’est pas inutile. Faire entendre la voix de la conscience et de l’intérêt collectif, dénoncer les mascarades et manipulations des pouvoirs, soutenir toutes celles et ceux qui luttent durement mais avec détermination à Bure et ailleurs, a du sens. Celui de l’humanisme et de la fraternité face à un monde mortifère et rabougrit uniquement capable de sublimer les dieux fric et atome dont les mamelles sentent le rance et la pourriture.
Et l’imposture, car avant de parler de gérer des déchets nucléaires mortels pour plus de 100 000 années, la moindre des rationalités, n’est -elle pas d’arrêter immédiatement d’en produire ?

Voir en ligne : Coordination anti-nucléaire du Sud-Est


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