St Rambert d’Albon, récit de l’opération Autruche contre la bétonisation de 500 ha de terres fertiles et quelques réflexions

Manifestation, prises de parole, informations et plantation d’arbres - Ebauches d’autres perspectives

par Les Indiens du Futur.
Mis à jour le mardi 29 octobre 2019

21 septembre 2019 St Rambert d'Albon Fouillouse, action contre destruction terres agricoles {JPEG}A St Rambert d’Albon samedi 21 septembre 2019, des militants, des « représentants » de divers collectifs et associations, des gilets jaunes et des jeunes se sont rassemblés via l’opération Autruche pour exprimer leur ferme opposition aux projets suivants :

  • ZONE INSPIRA : + de 200 hectares de terres arables détruites en Isère
  • ZONE AXE 7 : + de 280 hectares de terres arables détruites en Drôme
  • Deux demi échangeurs VINCI Autoroute : environ 30 hectares de terres arables bétonnées en Drôme (indispensables pour bien commercialiser la zone industrielle), c’est donc ce qui est à bloquer en priorité

- Vous pouvez signer en ligne la pétition POUR UN MORATOIRE SUR LE PROJET INSPIRA (Communes de Sablons et Salaise -Isère)
- Le tract de la manifestation

21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, action contre destruction terres agricoles
21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, action contre destruction terres agricoles

Un cortège d’environ 150 personnes est parti d’un rond point sud de St Rambert d’Albon pour rejoindre la zone d’activité des Fouillouses, où la Zone industrielle « Axe 7 » voudraient s’imposer en détruisant 280 ha supplémentaires de terres agricoles fertiles.

21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, dénonciation du bétonneur Pierre Jouvet

21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, dénonciation du bétonneur Pierre Jouvet et ses amis élus {JPEG}21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, dénonciation du bétonneur Pierre Jouvet et ses amis élus {JPEG}

21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, action contre destruction terres agricoles {JPEG}Sur le trajet, on pouvait voir les terres et les arbres fruitiers qui seront détruits si on laisse faire les industriels sans scrupules et les élus irresponsables porteurs de ce projet hallucinant.
Certains terrains agricoles avaient déjà été expropriés par la communauté de communes « Porte de drômArdèche » dont le président est le socialiste Pierre Jouvet.
Pourtant la communication publicitaire de Porte de DrômArdèche se vante d’être aux côtés des agriculteurs... (sic)

21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, manifestation contre destruction terres agricoles
21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, déjà de nombreux hangars industriels ont détruit la plaine

21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, déjà de nombreux hangars industriels ont détruit la plaine {JPEG}Alentour, la plaine est déjà bien ravagée par d’énormes hangars logistiques entourés de routes goudronnées, de parkings remplis de camions. Ce sont ces blocs d’acier et de béton chauffés aux énergies fossiles et entourés de résidus pétroliers polluants (le goudron) que les promoteurs de zones industrielles osent appeler « écologiquement responsable » ou « écologie industrielle » !

21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, déjà de nombreux hangars industriels ont détruit la plaine

On entendait des manifestants réclamant la démission des promoteurs du projet de destruction, notamment la démission de Pierre Jouvet, le socialiste président de l’intercom. (remarquons que ce Pierre Jouvet est une connaissance du conseiller municipal crestois socialiste Samuel Arnaud, comme quoi les jeunes aux dents longues et aux idées creuses se rassemblent).

21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, action contre destruction arbres fruitiers par bétonnage

On apprenait aussi que le préfet de l’Isère avait comme d’habitude honteusement validé le projet INSPIRA malgré l’avis (consultatif) très négatif des trois commissaires enquêteurs suite à l’enquête publique. Dans la foulée, le préfet de l’Isère avait radié Gabriel Ullmann de la liste des commissaires-enquêteurs !, avec le soutien du président du conseil départemental de l’Isère Jean-Pierre Barbier, bien connu pour son appui répété à la destruction de zones humides importantes dans les Chambaran au profit de tourisme industriel Center Parcs.
Voilà comment l’Etat et ses élus se préoccupent de la nature et de notre avenir, en virant ceux qui essaient de bien faire leur travail !

21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, manifestation contre destruction terres agricoles
Quand les intérêts des élus et industriels sont en jeu, la démocratie n’existe plus !

Des voix informées dénonçaient les projets liés d’échangeurs autoroutiers Vinci et d’agrandissement de carrière.
D’autres évoquaient le fait que les grands chefs de l’interco « Porte de drômArdèche » auraient vite intimidé les maires qui émettaient des réserves sur les nouvelles zones industrielles en les convoquant et en les menaçant de sanctions de type suppressions de subventions.
21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, action contre destruction terres agricoles, maison expropriée {JPEG}Comme toujours ces élus si épris dans leur communication publique de démocratie et de dialogue se révélent être des tyrans autoritaires prêts à faire taire toute velléité de contestation ou de questionnement de leurs projets destructeurs. Quand les intérêts des élus et industriels sont en jeu, la démocratie et les consultations alibi n’existent plus !

Près d’un rond point au coeur de la zone, dans un des champs visé par le bétonnage, les prises de paroles, toutes déterminées et scandalisées, se sont succédées : gilets jaunes, Confédération paysanne, CNT, Alternatiba, Youth for climate, Les indiens du futur, Extinction Rebellion, FRAPNA...
Ensuite, un groupe s’est mis à planter des arbres et des autruches au bord du rond point, avec au milieu une large inscription NON.

21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, opération Autruches

21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, action plantation contre destruction terres agricoles par zone industrielle {JPEG}21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, rassemblement contre destruction terres agricoles par zone industrielle {JPEG}St Rambert d'Albon, action plantation contre destruction terres agricoles par zone industrielle {JPEG}21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, opération Autruches {JPEG}21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, opération Autruches {JPEG}21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, opération Autruches {JPEG}JPEG

Ces projets de grandes zones industrielles aggravent et perpétuent tout ce qui détruit le climat et le vivant

Ces projets de grandes zones industrielles aggravent et perpétuent tout ce qui détruit le climat et le vivant : pollutions et dangers par les camions supplémentaires, destruction de terres agricoles fertiles, risques industriels accrus, émissions de CO2 supplémentaires pour sa construction et son fonctionnement (béton, routes, graviers, chauffages, camions...), aggravation des carrières environnantes... (NOTE : on voit en se moment à Rouen ce que peuvent donner des usines dangereuses en feu...)
Au regard des catastrophes climatiques et écologiques en cours ces projets sont totalement insensés et criminels, pourtant des élus cyniques, ignorants et irresponsables veulent à tout prix les imposer, avec l’appui bien sûr des préfets et de l’Etat.
Pour se faire ils usent de deux stratagèmes éculés : faire croire de manière mensongère que ces projets seraient peu destructeurs, voire « écologiques » (sic), et asséner sans relâche qu’on en aurait absolument besoin pour la fameuse « création d’emploi ».
Ce qui permet aux préfets de faire semblant d’y croire et de valider tous les projets écocidaires.

21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, opération Autruches

1. Des zones industrielles qui perpétuent le développement économique ne seront jamais durables ou écologiques

Voici, récoltés par des militants locaux, des exemples d’énormités que des défendeurs ou porteurs de ces projets de zones industrielles mettent en avant sans rire pour tenter de justifier leurs fuite en avant dans le désastre :
21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, contre destruction terres agricoles par zone industrielle {JPEG}21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, contre destruction terres agricoles par zone industrielle {JPEG}21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, contre destruction terres agricoles par zone industrielle {JPEG}21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, contre destruction terres agricoles par zone industrielle {JPEG}
De son côté, la communauté de communes Porte de Drôme/Ardèche explique prendre « les plus grandes précautions sur la protection de l’agriculture et de l’environnement en lien avec les partenaires dont la chambre d’agriculture et la ligue de protection des oiseaux ».

En gros, après avoir construit des hangars et des routes qui détruisent pour très très longtemps les terres et les rendent imperméables, la communauté de communes Porte de Drôme/Ardèche va planter quelques arbres et mettre des nichoirs pour faire croire qu’elle s’inquiète du vivant et de l’avenir de nos enfants !

ce système vorace dévore tout ce qui est disponible

Economiser de l’énergie, « compenser » et épargner quelques petites zones ne peut rendre un projet de bétonnage écologique. Dans ce modèle d’économie de marché, la croissance devore toujours plus d’énergies et de matière première, donc entraîne plus de CO2 émis et de destructions (mines et extractivismes, carrières, épuisement des nappes phréatiques, camions...). De plus, ce système insatiable dévore tout ce qui est disponible, donc les économies d’énergies et de matières premières faites à un endroit permettent à d’autres industries de les consommer ailleurs, et au final le désastre augmente !
Exemples : même si des camions consomment moins de gasoil, l’augmentation du nombre de camions et de trajets annule les économies réalisés, et le gasoil économisé sera de toute façon utilisé ailleurs (d’autant que la production d’hydrocarbures tend à stagner alors que la demande mondiale croît).
Un énorme bulldozer est chargé de raser une forêt primaire. Le fait de le peindre en vert, de mettre du velours contre ses chenilles ou de l’alimenter avec de l’énergie solaire ne change pas sa mission et le désastre de raser une forêt primaire.
- Retrouvez des articles en lien en bas de page pour plus d’infos sur ces questions.

les élus de gauche sont tout aussi anti-écologistes que les élus de droite,

La vraie action écologique serait de garder les terres agricoles pour des petits paysans en les orientant vers la permaculture et l’agriculture biologique, avec plantation de haies, mares, forêts comestibles, etc.
Ca rapportera moins d’argent aux industriels et de puissance aux élus, mais ça permettra de limiter les émissions de CO2 et de commencer à créer de la résilience locale pour les populations.
Le job des élus devraient être ça : protéger notre santé, arrêter les émissions carbone et la destruction du vivant, prévoir le futur face aux catastrophes et effondrements.
Des hangars abandonnés suite aux futures crises, des routes et des camions ne nourriront pas les habitants quand les effondrements s’aggraveront...

21 septembre 2019 St Rambert d'Albon, manifestation contre destruction terres agricoles {JPEG}Retenons les noms de quelques uns de ces irresponsables dangereux aux idées criminelles : Pierre Jouvet (Président de Porte de DrômArdèche et 1er adjoint au Maire de St Vallier), Jean-Pierre Barbier (droite, président du conseil départemental de l’Isère), Francis CHARVET (divers gauche, Président de la Communauté de Communes Entre Bièvre et Rhône, Conseiller municipal à Saint-Maurice-l’Exil) et Christian NUCCI (1er vice-président de Entre Bièvre et Rhône), André Mondange (union locale CGT, fait partie d’une liste pour les municipales de Péage de Roussillon avec des « valeurs humanistes, démocratiques, solidaires et écologistes », sic), Daniel Rigaud (ancien conseiller départemental Front de gauche et ancien président d’INSPIRA, dont il fut un des initiateurs)...
N’oubliez pas leurs noms et ceux de leurs amis pour leur faire une belle « publicité » lors des prochaines élections municipales...

On constate que les élus de gauche sont tout aussi anti-écologistes que les élus de droite, ils sont unis dans le dogme de la croissance, de l’industrialisme, ...et du maintien de leurs pouvoirs.

2. Se libérer du dogme de la création d’emploi qui sert de justification aux projets destructeurs du vivant et des humains

Au final, les seuls « arguments » qu’avancent sans arrêt élus et industriels pour essayer de justifier leurs projets écocidaires et antisociaux est « LA CREATION D’EMPLOI ».
A présent, préoccupations écologistes populaires oblige, ils diront toujours que c’est bien dommage de détruire des zones humides, des forêts, des terres agricoles, de vider les nappes phréatiques et de polluer les sous-sols, mais on est bien obligé de le faire pour résorber la pauvreté, créer des emplois dont vous avez tant besoin. Et puis ils parleront des compensations (une absurdité), des destructions un peu limitées...
A présent, enfumage oblige, ils parleront (voir plus haut) de développement durable, d’économies d’énergies, de mesures de protection, d’économie circulaire et d’écologie industrielle...

élus et industriels surfent sur ce « besoin » (que leur système inégalitaire a créé et entretient)

Comme de nombreuses personnes sont au chômage et que le marché du travail est un des seuls moyens d’obtenir de quoi payer son droit à vivre dans la norme au sein de nos sociétés marchandes, élus et industriels surfent sur ce « besoin » (que leur système inégalitaire a créé et entretient).
Mais ils mentent sur plusieurs points :

  1. Dans un pays riche et suréquipé comme le nôtre, on pourrait diminuer franchement le temps de travail et embaucher sans croissance au lieu de courir après la croissance et sa « création d’emploi ». On pourrait diminuer fortement les rémunérations scandaleuses des grands patrons et actionnaires afin de maintenir des salaires corrects.
  2. Au lieu de créer des emplois dans des secteurs polluants et industriels, on pourrait en créer plein dans la préservation de la vie, dans la petite agriculture paysanne écologique, dans l’artisanat local, dans les low tech (techniques simples, maîtrisables, nécessitant peu d’énergies et de matières premières non recyclables facilement), dans les services publics, etc. - La sortie de la pauvreté dans les pays riches est une question de justice sociale et non de croissance économique
  3. Le développement économique de cette civilisation industrielle ne peut pas être écologique, ni durable, ni démocratique (voir liens indiqués en bas de page)
  4. Il est possible de subvenir à nos besoins réels hors du capitalisme et de son marché du travail, en multipliant les coopératives autogérées à but non lucratif, les échanges non marchands, les échanges sans monnaies, la gratuité, la sobriété conviviale, la qualité de vie plutôt que la quantité d’objets, le partage, la solidarité, les Communs, en vivant des démocraties réelles locales affranchies des institutions représentatives et centralisées, en sortant des dogmes de la propriété privée de l’immobilier et des moyens de production, etc.

Mais toutes ces mesures vont à l’encontre des dogmes capitalistes et engendreraient bien moins de profits pour les classes dirigeantes, c’est pourquoi elles y sont opposées et orientent toujours les choses vers la fausse solution de la croissance et de sa supposée « création d’emplois », et tant pis pour nos vies et pour la nature et ses animaux.
Au lieu de continuer à subir, à se résigner et d’être obligé d’accepter des emplois dans des projets aberrants qui détruisent les bases de la vie et nos moyens de subsistance dans nos territoires, on doit prendre les choses en main collectivement et nous créer d’autres perspectives.

21 septembre 2019 St Rambert d’Albon, opération Autruches, on n’est pas DUP

Arrêtons de faire l’autruche, les graves problèmes écologiques et climatiques que nous vivons et qui vont s’aggraver ne peuvent être atténués que par des changements radicaux dans les domaines politiques, sociaux, économiques, culturels. C’est donc aux habitants, aux travailleurs, de bien prendre la mesure des choses, de ne pas se faire avoir par les dogmes suicidaires établis et par les éternels pyromanes (qui essaient à présent de se faire passer pour pompiers) qui les perpétuent, de s’opposer fermement à ces projets destructeurs, de créer dès maintenant des sociétés vivables avec d’autres manières de produire et de distribuer.
Pour ça il faudra lutter avec acharnement et passion, destituer les tyrans et les promoteurs du désastre, pour ça il faudra créer dans chaque territoire des cultures de résistance déterminées, solidaires et efficaces.

On doit non seulement empêcher à tout prix tous ces projets criminels, mais aussi construire localement, dans chaque territoire, d’autres manières de vivre, créer, s’organiser, de prendre les décisions collectives.

Les Indiens du futur

P.-S.

Pour en finir pour de bon avec les illusions suicidaires de la croissance verte et du développement durable, quelques articles


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