Neige, arbres, électricité, catastrophe et démocratie

par Etienne Maillet.
Mis à jour le jeudi 21 novembre 2019

Avez-vous remarqué que cet été, au fort de la canicule, on entendait les arbres craquer ? Il fallait même être prudent car des branches tombaient. Et même des arbres entiers, lors de bourrasques d’une violence surprenante.

Les habitants du Diois voient bien que l’épisode neigeux que nous venons de vivre est d’un caractère tout particulier.

Presqu’aussi ancien que Mathusalem, j’en ai connu d’autres : il y avait ici ci une ligne haute tension tombée, là un arbre ayant coupé la dérivation d’un village. Aujourd’hui, c’est tout différent : des milliers de branches chues ont coupé des milliers de lignes privatives, des milliers de lignes téléphoniques/internet qu’il faut rétablir une à une. Enfouir les réseaux serait-il la solution ? Dans la Drôme, cet été, des câbles ont chauffé à cause de la canicule et engendré des pannes...

Voici donc la quadruple conjonction de l’agonie forestière en cours, d’un épisode climatique singulier, qui le sera de moins en moins, et de la fragilité structurelle d’une société déraisonnablement droguée à la technique, en raison d’un déficit démocratique natif.

Prochain épisode ? Probablement l’explosion d’une centrale nucléaire.

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Des catastrophes instantanées

Ayant étudié la théorie du chaos, théorie physique décrivant les changements d’états d’un système, je sais depuis longtemps que les changements de notre globe peuvent être rapides. La rapidité des changements que mes yeux voient me surprend pourtant. Ça va décoiffer !

Au XIXe siècle, on pensait que les montages se pénéplanisaient lentement. Il fallait des siècles, croyait-on. On s’est ensuite rendu compte, avec Wegener notamment, inventeur de la tectonique des plaques, que les catastrophes jouaient un grand rôle dans la physique du globe : une seule catastrophe fait le travail de plusieurs siècles. Les glaciologues nous ont ensuite appris que les glaciations ne survenaient pas doucement : une génération y suffisait (toutes les glaciations n’eurent pas de témoins humains).

Autre exemple de catastrophe quasi instantanée : l’inondation de la Mer Noire – ancêtre possible du mythe occidental du déluge - eut lieu en quelques jours. Pareil pour le creusement catastrophique de la Manche, suite à l’effondrement du pont terrestre derrière lequel s’était accumulé un immense lac glaciaire provenant de la fonte des calottes nordiques. L’événement qui marqua la fin des dinosaures dura une fraction de seconde.

Aujourd’hui on sait que le dégazage des clathrates (glace de méthane gisant au fond des océans) ou encore des pergélisols, pourrait se produire en quelques jours, signant la fin de la vie aérobie sur notre planète. Et encore ne sont-là qu’une partie des scenarii possibles d’un effondrement instantané, ou très rapide, au nombre desquels on peut citer l’effondrement des chaînes trophiques (ou chaînes alimentaires).

Mme Geneviève Girard, maire de Porte lès Valence incrimine également, dans la sévérité de l’épisode que nous vivons, le manque d’entretien des réseaux électriques. Des milliards dépensés en Linky, ou dans des EPR bâtards, qui pourraient être consacrés à des usages moins délirants et moins asociaux. Défaut d’entretien dénoncé également à propos du rail, des ponts, etc.

De sorte que la prochaine catastrophe pourrait bien être l’explosion d’une centrale nucléaire. Ne vous méprenez pas : à côté de ce qui pourrait se passer, Tchernobyl fut une blague. Le corium, le combustible nucléaire fondu, n’a pas atteint le sol. Si avait été le cas – ce le sera immanquablement un jour – c’est l’ensemble de l’Europe qu’il faudra évacuer. Evacuer où ? Sur Mars ? Grâce à Elon Musk ?

Cette histoire de corium m’a été racontée dès 1973 par un polytechnicien, crétin comme il se doit. Depuis, cette espèce-là, et ses semblables, n’ont pas évolué, mais bien continué à régresser. On lui souhaite une prompte disparition. Car entre temps, elle tire l’humanité vers la catastrophe.


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