La transition énergétique industrielle, une colonisation destructive et autoritaire des territoires

Les campagnes sacrifiées pour le business et des illusions folles et suicidaires

par Les Indiens du Futur.
Mis à jour le mercredi 30 octobre 2019

Voici un excellent article de Reporterre, qui parle bien de la brutalité et de l’absurdité de la fausse « transition énergétique » :

- Pour « sauver la planète », l’industrie tue les campagnes - Au nom de la transition énergétique, les campagnes s’industrialisent à grande vitesse. L’autrice de cette tribune raconte la métamorphose de la Haute-Marne, autrefois vivante et dorénavant colonisée par les éoliennes, les méthaniseurs, les plantations de biomasse…

- Quelques extraits :

Où aller ? Au fond des bois ? Quels bois ? Ceux qui n’ont pas encore été rasés sont dépouillés depuis qu’on ne parle plus de forêts, mais de biomasse. De mes fenêtres, je vois clair au travers des collines. Plus de sous-bois, des champs de troncs. Le long des chemins, les arbres trop jeunes, condamnés à ne pas devenir des chênes centenaires, s’alignent, en attendant d’être déchiquetés avec beaucoup d’énergie, recollés en pellets, voire transformés en carburant !

Je bondis en lisant une phrase de l’association NégaWatt : « Nous avons également de vastes zones peu peuplées qui permettent l’installation [d’éoliennes]. » Ben voyons ! Nos élus comptent aussi remplir ainsi la « diagonale du vide ». Mais le vide n’est pas vide, nous y vivons, la nature y vit. Nous ne sommes pas un territoire à coloniser ! Pour eux, nous sommes une poignée de sauvages qui empêchent l’expansion de projets, qu’ils n’osent plus appeler « progrès », mais ont rebaptisé « transition énergétique », et font passer pour une « reconversion écologique ». Nous préférions être abandonnés : au moins, on nous laissait tranquilles !

L’écologie, c’est ce que nous avions, avant. Du silence, de vraies nuits, des forêts gérées avec sagesse en mode cueillette, avec respect pour leurs bêtes, grandes et petites. Celles qui ne peuvent pas fuir crèvent désormais au soleil de vastes étendues rasées, les autres ne savent plus où aller. L’écologie, ce n’est pas ce monde industriel qui se cache derrière des noms aguicheurs.

Ce monde, on nous l’impose sans démocratie, avec le plus profond déni de notre citoyenneté, des enquêtes publiques, qui sont des mascarades, les rares refus préfectoraux étant cassés par les tribunaux administratifs. Les enquêtes surviennent sans annonce claire

Ceux qui pleurent à cause du bruit, des acouphènes, du cœur qui s’emballe au rythme des pales osent rarement témoigner. Ils ont honte, ce ne serait pas politiquement correct, il faut accepter de souffrir pour « le bien de la planète ». On n’a pas le droit d’avouer que quelque chose cloche dans ce qui est présenté comme la seule issue.

« Les opposants retardent la transition énergétique. » Mais qui se penche sur nos vies brisées, nos investissements et nos projets tués ? Les vergers que nous ne plantons plus, la maison devenue invivable et invendable, nos promenades quotidiennes, les circuits de randonnée, le panorama d’une ville touristique… L’âme de nos campagnes, notre silence, notre sommeil, notre santé, notre capacité de concentration et celle des enfants des écoles, notre efficacité au travail, les étoiles, le noir de la nuit, nos forêts, nos prairies, la liberté des vaches, le relief, écrasé, ce qu’on n’a plus la force de faire. Tout est tué brutalement ou à petit feu.

Que de sols détruits ! Nous sommes assez près de notre terre pour constater au quotidien cette tromperie que les citadins ne voient pas !

Si au moins tout cela servait à autre chose qu’engraisser sur nos deniers des lobbies et ceux qui leur ouvrent grand les portes.Nous sommes sacrifiés sur l’autel d’une idéologie capitaliste qui veut vendre les engins nécessaires à son accomplissement. Jamais nous n’avons vu autant de machines, entendu autant de moteurs dans nos campagnes, nos forêts, planer sur nos têtes… La « croissance verte » tue l’idée de décroissance, autant que nos territoires, pour justifier ses objectifs.

On assiste à un parfait écocide, discret, se cachant sous de pseudo « bonnes intentions », ou pire, sous une injonction de « sauver la planète ». Mais on s’est trompé de ministère, la production d’énergie pour le confort humain, ce n’est jamais de l’écologie, c’est de l’industrie !

La transition énergétique industrielle, une colonisation destructive et autoritaire des territoires

Dans un cadre capitaliste, voué à la croissance et au productivisme, il n’y a pas de développement durable possible, l’économie circulaire est une fumisterie, les énergies renouvelables industrielles et la "transition énergétique" ne sont qu’une mascarade pour faire croire qu’on agit positivement, pour calmer l’angoisse des foules, et pour engraisser de nouveaux business.
Dans ce système suicidaire qui réclame toujours plus d’énergies et les absorbe toutes, les énergies renouvelables ne font que s’ajouter aux énergies fossiles, de même que le pétrole s’est ajouté au charbon.

Le zonage autoritaire et totalitaire des territoires se poursuit, après les zones industrielles, les zones d’habitations, les zones commerciales, les zones de loisirs, voici pour les campagnes moins peuplées de grandes zones à industries "vertes" optimisées (éolien, photovoltaïque, monoculture, biomasse...). Il y a aussi les zones touristiques vitrines pour les territoires conformes aux standards de l’attractivité, comme ici dans la Vallée de la Drôme, où le bio typique local et la nature servent à attirer les touristes.
Et tout le monde navigue de zones en zones en voiture lourde sur des routes faites de résidus toxiques de pétrole.
Les restes de campagne sont mis en coupe réglée et servent de réservoir à ressources pour les métropoles gloutonnes, sous couvert de développement durable smart bien sûr...

- En complément :

- Pour se désintoxiquer pour de bon des mythes de la croissance verte et du développement durable, quelques articles :


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