Incendie de Notre Dame de Paris : quelques textes critiques

Tout brûle déjà, mais les aveugles ne veulent voir que le feu des monuments...

par Auteurs divers.
Mis à jour le mercredi 17 avril 2019

Pour apporter d’autres points de vue que ceux des merdias, des milliardaires et de l’Etat, voici quelques textes critiques en rapport avec l’incendie de la cathédrale Notre Dame de Paris récoltés dans les méandres chaotiques d’internet :

[LE « GESTE » DE PINAULT OU LEVE FISCAL DES GRANDS BOURGEOIS : ]

Le milliardaire français n’a pas attendu que les braises soient refroidies pour faire son annonce. Sur le cadavre encore chaud de Notre-Dame-de-Paris, il a annoncé le déblocage de 100 millions d’euros pour contribuer aux réparations, et le tout a été repris en boucle par l’ensemble de nos journalistes, dont on sait que le sens de l’éthique et du recul est suspendu dès qu’un truc brûle quelque part. Tels des invités affamés piaffant d’impatience devant le barbecue, toute la meute de récupérateurs a pu ainsi bénéficier de l’exposition médiatique usuelle. (...)

- Suite du post sur Frustration

Paris 15 avril : incendie de Notre Dame de Paris

LARMES DE PHARAONS

par Yannis Youlountas

Drame national. Souscription nationale. Union nationale avec les milliardaires. Breaking news après breaking news, Macron reprend de la hauteur, la famille Pineau repeint son image, les médias retrouvent de l’audience, l’hexagone retient son souffle, en état de choc.

Au moment même où le pouvoir était sur la sellette, alors que les renseignements évoquaient la radicalisation de l’opinion et un risque insurrectionnel recrudescent, alors que le printemps ne faisait que commencer, cet incendie surgit comme un miracle.

La flèche de Notre-Dame est tombée à pic et son incendie va continuer à nous enfumer pour quelques jours encore.

Le temps qu’on se rappelle, à tête reposée, que personne n’est mort, que l’argent ne manque pas pour reconstruire à l’identique le monument, que ce sont des choses qui arrivent et qu’elles sont parfaitement réparables, jusqu’au moindre détail, contrairement aux millions de vies saccagées et détruites par ce même pouvoir et ces mêmes milliardaires qui feignent de gémir en chœur avec nous.

Une fois de plus, nos existences sont détournées de leur préoccupation première : vivre libres et égaux, incrédules et heureux, sans plus jamais mettre un genou à terre.

Une fois de plus, les divertissements les plus abrutissants s’éclipsent quelques heures pour laisser place à une autre forme de diversion, plus insidieuse encore. Celle qui nous fait croire que nous avons une tristesse et un objectif en commun avec ceux qui prétendent nous gouverner et ceux qui accumulent des profits colossaux sur notre dos.

Tous les incendies du monde n’y feront rien. Qu’importe l’ampleur des catastrophes, elles ne sont pas grand chose devant la première de toutes : l’apocalypse capitaliste qui sévit sur toute la surface de la Terre et la domination quotidienne que nous subissons.

Non, l’enfer n’est pas sous Terre, mais bien ici. Et le paradis, ne s’atteindra pas dans une quelconque soumission à des prélats ou à des hommes providentiels, mais dans la lutte incrédule et inlassable contre toutes les formes de dominations et d’exploitation.

Vous qui pleurez, braves gens, vous pleurez en réalité l’une des innombrables constructions pharaoniques du pouvoir politique, économique et religieux : chantiers qui ont coûté la vie à des millions d’ouvriers et d’esclaves depuis des millénaires, alors même que la plèbe épuisée manquait partout de pain et de toits où s’abriter.

Vous qui pleurez, braves gens, vous oubliez, derrière ces ouvrages, les innombrables victimes des religions : femmes, hommes et enfants, pseudo sorcières et libres penseurs, sédentaires et voyageurs, artistes et chercheurs, impies et égalitaires, libertins et libertaires, de dénonciations en rafles et de tortures en bûchers.

Vous rendez hommage au gigantisme clérical qui produisait, et produit encore, autant de chantiers que de charniers.

Vous occultez toutes celles et ceux qui trouvaient la mort, à quelques jets de pierres des églises en construction, seulement parce qu’ils/elles voulaient vivre autrement.

Vous ne voyez pas, derrière la lumière du vitrail, l’ombre d’un des pires obscurantismes de l’Histoire.

Que les pharaons d’aujourd’hui veuillent nous faire pleurer sur l’un des monuments gigantesques commandés par leurs prédécesseurs, c’est tout à fait logique.

Mais que nous tombions dans le panneau, nous qui voulons sortir de cet enfer qui n’en finit pas, c’est bien dommage.

Prenons garde aux larmes des pharaons.

L’incendie de la cathédrale et l’embrasement nationaliste

(par Nicolas Casaux)

Que les dominants, ceux qui dirigent aujourd’hui la « start-up nation » France, se lamentent misérablement sur le sort de leur cathédrale, du symbole de leur nation, ou de leur entreprise (ce qui revient au même), c’est de bonne guerre. Mais que la masse des dépossédés en fasse autant témoigne largement de la réussite du conditionnement imposé par les premiers, au moyen de la propagande dont parle Bernard Charbonneau, et notamment de l’éducation nationale.

Il est significatif que les cathédrales soient souvent comparées aux pyramides, aux temples de diverses civilisations. Elles sont ainsi classées en tant que monuments de civilisation.

Quoi qu’il en soit, si bien plus d’individus sont attristés par l’incendie d’un bâtiment que par le spécicide, l’écocide ou le biocide en cours, c’est qu’ils ont été conditionnés pour se soucier davantage de ces symboles anthropocentrés à la gloire de la civilisation (ou de « leur nation », ou de « la République »), que des animaux et des plantes (sauvages ou non), que du monde naturel qu’elle détruit (les mille trois cents chênes – ou vingt-et-un hectares de forêt –, qui ont été abattus pour construire la charpente de Notre-Dame en savent quelque chose)  ; leurs vies sont davantage constituées de relations avec des bâtiments qu’avec des êtres vivants non humains, domestiqués ou non.

Bref, que ce symbole de la domination et de l’exploitation de l’humain par l’humain, du christianisme (« les catholiques pleurent un « symbole vivant » de leur foi »), de la « nation » France (cette organisation sociale étatique construite et imposée par une élite au travers de moyens coercitifs), de la civilisation, de « la richesse et la puissance de la capitale capétienne de Philippe Auguste » (Le Point), « de l’Occident » (Luchini, Le Figaro), soit parti en flammes, ce n’est pas un drame (sauf pour les idolâtres comme Stéphane Bern de l’hubris civilisée et des accomplissements des dominants à travers l’histoire, qui est leur histoire).

Ce qui est déplorable, en revanche, ce sont ces centaines d’oiseaux, de chauves-souris et de petits animaux qui ont péri dans le brasier, et qui ont perdu leur foyer.

Mais que des millions ou peut-être des milliards d’euros financent sa reconstruction, dont une grande partie proviendra de l’évergétisme[1] des ultra-riches, c’est une nouvelle illustration du mépris de la civilisation[2] pour le monde qu’elle détruit, pour les humains qu’elle exploite.

Nous avons besoin d’une société véritablement démocratique, de démanteler la civilisation industrielle capitaliste, de démanteler la société de masse, hautement technologique, sur laquelle elle repose, qui ne peut l’être, par définition[3]. Nous avons besoin de nous défaire de l’emprise idéologique et culturelle qu’exercent les dominants, ceux qui dirigent actuellement la civilisation industrielle capitaliste, tant à la tête des États que des multinationales et autres corporations. D’une décolonisation de notre imaginaire. Nous avons besoin de mettre un terme à la destruction du monde naturel sur laquelle reposent inéluctablement le capitalisme et la civilisation (désormais industrielle), depuis des siècles. Mais nous n’avons pas besoin que des millions ou milliards soient dépensés pour reconstruire un monument à la gloire d’un passé mensonger, de la domination étatique, du mythe de la nation, de l’exploitation de l’humain par l’humain, du christianisme, de l’Occident, de la civilisation.

- Article complet

Pendant ce temps en Amazonie

Post FB :

Pendant que la planète s’émeut de voir la cathédrale N-D de Paris en flammes, chaque année en Amazonie, une surface équivalant jusqu’à 75x la ville de Paris est coupée et brûlée et ce, dans une grande indifférence.
Quand on aura autant d’attachement pour la nature qu’on en a pour de la pierre, peut-être que les choses changeront.

La poire est éternelle

Post FB :
Dans Le livre du rire et de l’oubli, Kundera relate l’histoire d’un homme en colère contre sa mère, et ce tout au long du livre, car pendant qu’il lui parle de l’arrivée des chars russes à Prague - entendu qu’il s’agit là d’un vrai problème -, celle-ci n’a de cesse de lui répondre que les poiriers ont de jolis fruits cette année. A la fin de l’histoire, le petit homme comprend finalement que sa pauvre maman avait raison, car « le tank est périssable, tandis que la poire est éternelle ».

Le tank est périssable. La poire est éternelle.

Ce sont des cailloux. Ce sont des centaines - des milliers ? - de vies brisées pour l’édification d’un monument fantasmé par une poignée de malades mentaux dépassés par leur hubris.

Il y a quelques semaines, un immeuble a brûlé à Paris et des vies humaines ont été perdues. Personne ne s’est ému. Nos vies valent-elles réellement moins que des pierres ?

Cet incendie en dit plus sur notre civilisation devenue irrémédiablement malade d’elle-même que n’importe quoi d’autre.

Notre-Dame. « Il y aura des discours graves, puis on continuera à tailler les budgets de la culture »

Demain, au milieu des poutres encore fumantes, il va y avoir des discours graves, pendant quelques jours, un "vibrant appel à l’unité nationale" pour essayer de récupérer la douleur populaire. Puis on recommencera à tailler dans les budgets de la culture, à retarder les chantiers, à tirer les prix et la qualité des intervenants, à choisir toujours le moins disant ou le copain du conseiller du ministre. (...)

- Suite

La dictature du chagrin

(...)
Mais la dictature du chagrin n’a pas seulement asservi la presse. On a également pu la rencontrer dans bien des administrations aux locaux drapés de noir, où l’hypocrisie vêtue de sombre était plus appréciée que les costumes clairs. On a pu la croiser en flânant dans les rues commerçantes et en voyant les boutiques transformées, à l’aide de portraits, de crêpes, de drapeaux et de bougies, en chapelles ardentes du négoce.

- Article complet

A propos de l’incendie d’une carte postale

(...)
A une époque où l’on termine la Sagrada Familia, monument qui gagnait beaucoup à ne pas être achevé, les enjeux marchands sont trop forts pour qu’on envisage, ne fût-ce qu’un instant, l’idée qui eût été beaucoup plus belle esthétiquement et émotionnellement de garder Notre Dame en ruine. On va sans aucun doute la reconstruire à l’identique. Contribuant ainsi un peu plus à lui donner dans tout regard critique l’irréalité d’une icône, la réalité d’une carte postale.

- Article complet

Yemen

Et pendant ce temps Sana’a, capitale yéménite vieille de 2500 ans, se consume sous les bombes vendues par la France, dans l’indifférence la plus totale, depuis 2015. Elle aussi est pourtant classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
L’émotion des dirigeants ne saurait cacher leur cynisme (Trump et Macron en tête).
(post FB)

Sauvons la cathédrale du cœur

Pour un autre usage de Notre-Dame-de-Paris
Nous avons reçu ce texte émouvant rédigé par un curé de campagne de passage à Paris. Bouleversé, il appelle à ce que Notre-Dame-de-Paris soit laissée en l’état, c’est-à-dire arrachée aux mains des prédateurs par les flammes de l’incendie et enfin rendue au peuple et à son libre usage.
- Lire l’article

Une belle opération de com pour milliardaires

Les gros richards aux mains remplies de sang font coup triple avec ce genre d’opération :

  1. défiscalisation correspondant à une grosse partie de ce qu’ils "donnent" (ici 90 % ?) - Ils laissent croire qu’ils donnent alors qu’ils ne font qu’un transfert d’impôts
  2. se poser avec l’aide des merdias comme de gentils mécènes soucieux du bien commun (avec le fric qu’ils ont pillé auparavant sur le dos des peuples et de la Terre)
  3. ils ont une grosse opération de com à moins cher que s’ils avaient payés des agences pour ça . Là c’est l’Etat et les merdias qui se chargent de leur com gratos !

« Le Reichtag brûle t-il ? Non c’est sa Dame de Paris ! « Et si ce n’était qu’un remake, en tours jumelles-miroir ! »

On n’a pas d’argent, pour les constructeurs de cathédrales (demandez au 1% des plus riches, leur cathédrale, construite par ses esclaves… à coup de milliards annuels.), mais on en a pour le résultat de ces constructeurs… La pierre vaut toujours mieux comme placement… que les humains J’en suis malade….!

- Article complet

Notre-Dame : pourquoi la générosité des milliardaires et des multinationales pose question

Environ 700 millions de dons ont déjà été promis par plusieurs grandes fortunes et multinationales pour financer les réparations et reconstructions nécessaires suite au dramatique incendie qui a frappé la cathédrale parisienne, l’un des monuments les plus visités d’Europe. Ces dons, les ristournes fiscales dont ils pourraient bénéficier et les contreparties dont ces généreux donateurs pourraient profiter, font polémique. L’occasion de faire le point sur les questions et controverses que suscite le mécénat culturel prisé par les grandes fortunes françaises.

- Voir l’article de Bastamag

Notre-Dame ou pas, nous ne fêterons pas la Saint-Macron

Le 16 avril à 20h : Macron utilise ce soir sans pudeur l’incendie d’hier pour réclamer l’union sacrée autour de sa personne. (...)
De ce point de vue, rien n’a changé depuis le Moyen-Âge, où les pauvres croupissaient dans la misère, et demandaient la charité, sachant que le prix de demander la justice était la mort sous les coups des gendarmes. Et tout a empiré ces quarante dernières années, où l’on a vu s’effondrer les idéaux collectifs et les forces de la Résistance, et triompher comme jamais les intérêts personnels des Pinault et des Arnault. Nos généreux mécènes aux dons défiscalisés.
Retour à la rue, donc, et comme jamais. La justice au ciel est un pari, que font ceux qui le souhaitent. La justice sur terre un objectif vital, que tous ceux qui souffrent de son inexistence doivent poursuivre, coûte que coûte. A samedi !

- Lire l’article


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