Incendie de Lubrizol à Rouen, Steve tuée par la police : le gouvernement du mensonge

Les pompiers impuissants à Rouen avec du matériel inadapté - En Guyanne une décharge toxique brûle

par Camille Pierrette.
Mis à jour le mercredi 23 octobre 2019

Tout d’abord, voyons comme l’Etat considère la santé des pompiers et la sécurité des habitant.e.s : La colère d’un pompier intervenu dès les premiers instants sur l’incendie de Lubrizol à Rouen - Lubrizol. Alors que la pression s’intensifie sur l’État pour mettre en place un suivi au long cours des victimes potentielles du nuage toxique, un pompier décrit les conditions ubuesques d’intervention le 26 septembre sur le site rouennais en flammes.

LUBRIZOL, AFFAIRE STEVE : LE GOUVERNEMENT DU MENSONGE

(un post de Nantes Révoltée)

- Pour le gouvernement, pas de lien entre le feu et la fumée

Le 26 septembre dernier, une usine dangereuse de Rouen, Lubrizol, prenait feu, polluant la nature et intoxiquant les habitants. Trois semaines plus tard, les pompiers intervenus sur l’incendie reçoivent les résultats de leurs analyses de sang : certains ont un « bilan hépatique perturbé ». Ce qui confirmerait la toxicité de l’incendie.

Avec une morgue absolue, la ministre Agnès Buzyn, déclarait hier à la télévision que les pompiers ont peut être « pris des médicaments » et qu’il est « impossible de dire s’il y a un lien entre ce bilan hépatique perturbé et les produits auxquels ils ont été confrontés. » Cynisme absolu.

Cet été, après la noyade de Steve provoquée par une attaque sauvage de la police à Nantes, le premier Ministre Edouard Philippe déclarait déjà « il ne peut être établi de lien entre l’intervention des forces de police et la disparition de monsieur Steve Maya Caniço ».

Dans l’affaire Lubrizol comme sur les violences policières, le sommet du pouvoir ment éhontément. Il n’y a jamais « de lien ».

Ce gouvernement ne tient que par la violence et le mensonge.

Lubrizol brûle à Rouen

COMME UN AIR DE LUBRIZOLISATION DU MONDE

(post de Désobéissance Ecolo Paris)

L’enfumage quotidien des populations se poursuit partout sur le globe. C’est l’expérience très concrète des habitants et habitantes de Maripasoula (Guyane) qui, depuis le 11 septembre, vivent dans les fumées et les odeurs de plastique. Ce qui suscite « des maux de tête, des irritations des yeux, autour de la bouche, un manque d’odorat, des irritations dans la gorge », selon un habitant.
A côté de chez eux, une décharge sauvage, pleine de produits toxiques, a pris feu sans que la population soit avertie des risques encourus.
Devant l’atonie des pouvoirs publics, les habitants de cette commune négligée par les administrations qui étaient déjà, à des degrés divers, mobilisées depuis cinq semaines, ont bloqué le 14 octobre l’entrée des principaux bâtiments publics et ont obtenu du maire qu’il interrompe le fonctionnement des écoles et des services municipaux.

A lire : https://www.mediapart.fr/journal/fr...

Le cynisme tranquille du PDG de Lubrizol !

🏭🗣 CATASTROPHE INDUSTRIELLE - LARIE CONTINUE

(post de Rouen dans la rue)

L’incident technique, qui a débuté samedi 19 octobre 2019 chez ExxonMobil à Port-Jérôme, se poursuit ce lundi soir 21 octobre 2019.

Port-Jérôme, une petite commune non loin du Havre, abrite une usine nommée Exxonmobil.

C’est par un court communiqué que la raffinerie a fait part d’un nouvel "incident" qui s’est produit dans la nuit de samedi à dimanche sur ses installations normandes.

« Suite à une panne de chaudière, l’arrêt du vapocraqueur par mesure de sécurité engendrera des nuisances sonores et des effets de fumées ».

Une « simple panne de chaudière » disent-ils.

Des flammes et un panache de fumée visible jusqu’à Hauville dans l’Eure à une quarantaine de kilomètres de là, qui entraînera de nombreux appels aux sapeurs-pompiers.

- Source

❗️EURE - ÉPIDÉMIE DE CANCERS INFANTILES À PROXIMITÉ DE SITES INDUSTRIELS

(post de Rouen dans la rue)

Au moins 10 enfants âgés de 5 à 11 ans ont développé un cancer du sang dans des communes limitrophes de l’Eure dont Igoville et Pont-de-l’Arche situées au bord de la scène : Lymphhome, neuroblastome ou leucémie.

« Quand on sait qu’à elles deux, les communes regroupent environ 6 000 habitants... Cela fait un rapport d’un enfant malade pour 1 000 habitants », explique une mère de famille âgée de 30 ans, là où les statistiques classiques font plutôt état « d’un enfant malade pour 100 000 habitants ». C’est elle, Charlène Bachelet, qui a fait le rapprochement après avoir discuté avec des parents d’enfants malades et du personnel du CHU. « Au moins sept enfants d’Igoville et Pont-de-l’Arche » y sont actuellement suivis, au service d’hémato-immuno-oncologie pédiatrique.

Comment l’expliquer ? Une enquête épidémiologique devra l’établir. Mais on imagine que la procédure sera longue et compliquée. Pour les parents en tout cas, c’est du côté des industries chimiques qu’il faut chercher. On trouve à proximité une papeterie, une entreprise de microbiologie vétérinaire et aussi de nombreux champs sur lequels on pratique l’épandage de pesticides.

Pas « d’accident » ici comme dans le cas de Lubrizol, mais la marche normale et continue de l’industrie chimique et de l’agro-industrie. C’est la société elle-même qui est cancérigène, alertait déjà il y a quelques années Geneviève Barbier : " les augmentations « inexpliquées » des leucémies, des lymphomes, des tumeurs cérébrales et de la thyroïde ont quelque chose à voir avec un monde de plus en plus toxique". Loin de la responsabilité individuelle ou encore de la génétique, ce que certains appellent l’épidémie de cancer qui frappe nos sociétés est le résultat d’un régime économique et industriel toxique en lui-même.

Si les catastrophes industrielles ont paradoxalement le mérite de mettre en avant la dangerosité de ces entreprises, elles ont le tort de limiter notre attention à sa dimension spectaculaire. Pour Lubrizol, un article du monde le rappelait récemment :

« Ces accidents ne sont que la partie visible du risque sanitaire et environnemental. L’autre risque potentiellement bien plus dangereux, bien plus opaque, concerne les émissions quotidiennes de ces industries : particules ultrafines recouvertes d’hydrocarbures aromatiques polycycliques et de métaux lourds, perturbateurs endocriniens, qui, années après années, augmenteront le risque de cancers, de maladies cardiovasculaires et respiratoires chez les riverains, avec un risque encore plus important lorsque ces industries sont en zone urbaine ».

Le drame de ces cancers infantiles nous rappellent que la "campagne" ne peut plus être considérée comme un espace protégé. Voilà qui invalide par exemple l’idée selon laquelle il faudrait déplacer les sites Seveso loin des centres urbains. On sait par d’ailleurs que du fait des pesticides, les abeilles survivent mieux en ville qu’à la campagne.

Réchauffement climatique, disparition des espèces, épuisement des ressources, empoisonnement des sols de l’eau et de l’air : c’est toujours la même question à laquelle nous devons faire face. Notre monde est basé sur une économie pathogène et mortifère au nom d’une recherche indéfinie de profit. Comment y mettre fin avant qu’elle ne nous précipite avec elle dans le gouffre ?

Sources :
https://www.paris-normandie.fr/actu...BF15672254

https://www.liberation.fr/france/20...

https://www.liberation.fr/tribune/2...

https://www.lemonde.fr/idees/articl...

REMARQUES PERSOS

Le cynisme des autorités sur ces affaires n’a d’égal que celui des industriels.
Ce n’est pas seulement ce gouvernement qu’il faudra destituer, ce sont les institutions étatiques et le capitalisme. C’est toute la civilisation industrielle qui ne peut être réformée, qui est une catastrophe permanente.


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