Critique des illusions des énergies renouvelables (par Nicolas Casaux)

Des points fondamentaux sont écartés par les promoteurs du renouvelable...!

par Les Indiens du Futur.
Mis à jour le lundi 25 mars 2019

L’article Sur les illusions renouvelables (par Nicolas Casaux) propose une critique en 3 points des illusions des énergies renouvelables qui sont pourtant presque partout promues comme LA solution :

À ma connaissance, dans le paysage littéraire francophone, seuls ces trois livres (Le soleil en face, Les illusions renouvelables et Le sens du vent, photo ci-dessus) discutent de l’absurdité selon laquelle les hautes technologies productrices d’énergies dites « renouvelables » ou « vertes » ou « propres » pourraient nous permettre de sortir de l’impasse socioécologique létale dans laquelle nous nous précipitons (ou sommes précipités, c’est peut-être plus correct).

Si je devais n’en conseiller qu’un, ce serait Le sens du vent. Cela dit, les trois sont intéressants et valent la lecture (même si celui de José Ardillo n’est pas brillamment traduit). Mais aucun n’expose, selon moi, le problème de manière optimale. Au plus simple, il me semble que trois points (qui n’en forment qu’un en réalité) permettent d’exposer en quoi les technologies de production d’énergie dite « verte » ou « renouvelable » ne solutionnent strictement rien, au contraire :

1. D’abord, leur conception, leur fabrication et leur déploiement reposent sur la civilisation industrielle capitaliste, c’est-à-dire sur une organisation socioéconomique mondialisée, intrinsèquement inégalitaire, antidémocratique (basée sur l’État, parfois qualifié de « démocratique » dans un bel oxymore, sur l’esclavage salarial), anti-écologique (basée sur la croissance, sur une destruction perpétuelle du monde naturel). Et même si l’on émettait l’hypothèse selon laquelle cela pourrait se faire dans une société autre que capitaliste, celle-ci serait nécessairement très complexe, très hiérarchisée, non démocratique : les technologies de production d’énergie dite « verte », les centrales hydroélectriques, les centrales à biomasse, les centrales solaires, les parcs éoliens, les centrales géothermiques, etc., sont toutes des hautes technologies, des technologies requérant, de leur conception à leur fabrication et à leur déploiement, une société de masse, organisée à une vaste échelle géographique, avec d’importantes division et spécialisation du travail et une hiérarchie tout aussi importante  ; des technologies « autoritaires », pour reprendre la distinction proposée par Lewis Mumford entre techniques démocratiques et techniques autoritaires. Des technologies qui reposent sur et appellent des structures sociales autoritaires. Mais admettons que l’autoritarisme ce soit super.

2. Leur fabrication, leur maintenance, ainsi que la construction et la maintenance des infrastructures sur lesquelles ces technologies reposent et de celles auxquelles elles sont connectées, impliquent toujours des destructions du monde naturel. Rien de tout ça n’est soutenable. Toutes ces industries de production d’énergie dite « verte » ou « renouvelable » reposent sur les « industries extractives » (« responsables de la moitié des émissions de carbone et de la perte de plus de 80 % de la biodiversité, selon le bilan environnemental le plus complet de l’exploitation minière et agricole[1] »). Que ce soit pour l’obtention des matières premières ou des matériaux nécessaires à leur fabrication (gallium, indium, aluminium, cadmium, arsenic, bore, molybdène, etc., pour l’industrie du solaire) ou à leur fonctionnement (centrales à biomasse qui dévorent… de la biomasse, par exemple des forêts) ou du fait de leur implantation géographique (les barrages nuisent gravement aux cours d’eau et aux écosystèmes qui leur sont liés, les parcs éoliens impliquent leur lot de nuisances, etc.). En outre, toutes les industries des énergies dites « vertes » ou « renouvelables » sont dépendantes du pétrole, de bout en bout (que ce soit pour l’obtention de matières premières, leur transport, traitement, etc.).

3. Enfin, le point le plus évident — mais aussi le moins évident, semble-t-il, et pourtant un des plus cruciaux — : l’énergie que produisent ces technologies ne peut servir, par définition, qu’à des usages liés à la société industrielle. Le monde naturel ne bénéficie jamais de l’énergie industriellement produite. L’électricité produite par les centrales solaires alimente des réfrigérateurs dernier cri, des téléviseurs, smartphones, tablettes, chaines Hi-Fi, fours micro-ondes, brosses à dents électriques, des usines de production de divers produits industriels, diverses activités industrielles, etc., elle n’alimente pas la pousse des arbres, n’encourage ni la floraison des fleurs, ni la purification de l’eau et de l’air par les forêts, ni rien de véritablement essentiel — elle n’alimente que des choses qui nuisent à la santé de la biosphère.

Ceux qui promeuvent les énergies dites « vertes » ou « renouvelables » occultent le caractère antidémocratique de la société industrielle, de tout système technologique complexe, le caractère écologiquement nuisible de toutes les industries, y compris des industries de ces énergies dites « vertes » ou « renouvelables » (souvent en réduisant tous les problèmes actuels au seul changement climatique), ainsi que le caractère foncièrement insoutenable du capitalisme.

- suite


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