Dans les crises structurelles que connait le capital mondial , les frontières n’existent pas et les conflits s’expriment tous azimuts qu’ils soient intérieurs ou extérieurs.
Ce qui n’empêchent pas les gouvernements nationaux et leurs médias stipendiées de les orienter pour y mener leurs singulières stratégies.
Les piqûres intrusives de la Russie ( autant en crise économique et sociale que les autres pays industriels ) envers un allié de l’Otan et de l’Europe ne sont qu’un des moyen d’élargir les brèches de ces 2 structures institutionnelles sans avoir pour autant l’objectif d’envahir l’Europe occidentale comme le laisse accroire le gouvernement français, en tête des va-t-en-guerre de l’Exécutif européen.
En revanche, l’instrumentalisation médiatique et politique de cette menace est aussi destinée à tous les conflits sociaux « d’intérieurs » qui menaceraient la suprématie du capital comme forme exclusive de socialisation. Il n’y a donc aucune coïncidence à constater la nomination d’un ex-ministre des Armées au poste de chef de gouvernement alors que les 2 seuls ministères à augmenter leur budget depuis l’année dernière concernent précisément les Armées et l’Intérieur.
On ne peut que regretter que ce mouvement de révoltes « Bloquons tout » ne s’agglomère pas pour le moment dans la dénonciation de ces budgets colossaux attribués aux « forteresses du capital » alors que dans le même temps tous les budgets attribués aux besoins sociaux - y compris ceux nécessitant le fonctionnement de cette société comme la Santé ou l’Education Nationale - sont en chute libre.
Les semaines à venir seront déterminantes dans la nécessité d’approfondir la contestation au delà du fétichisme de la représentativité institutionnelle faussement démocratique ou dans des actions directes hétérogènes et sans objectif, et de l’élargir territorialement dans des configurations transfrontalières.
Enfin devra nécessairement se faire jour une réflexion sur l’inutilité de tout bloquer ; empêcher les flux marchands de circuler peut se comprendre en situation de réactivité contestataire mais ne saurait trop durer sans compromettre la circulation d’éléments nécessaires à la construction d’un rapport social radicalement différent mettant en avant la satisfaction de réels besoins sociaux ( alimentation , santé , éducation et logements sains pour tous ) : https://actu.fr/monde/vladimir-poutine-est-pret-a-envahir-d-autres-pays-la-pologne-abat-des-objets-hostiles-russes_63138502.html
PS : l’arme de la critique est tronquée si elle n’est pas aussi la critique des armes