10 septembre : beaucoup de monde, de nombreuses actions déterminées et réussies malgré la présence policière agressive et violente à l’image de Retailleau-Lecornu-Macron.
Globalement, une « réussite » pleine de détermination et de surprises, mais beaucoup de choses restent à améliorer et construire bien entendu.
Comme quelles actions mener pour avoir de l’impact sur l’Economie et le pouvoir tout en échappant un maximum à la répression d’un régime autoritaire aux abois ?
Des actus sur le 10 et le 11 en France, et divers textes de réflexions, parfois critiques sur le mouvement du 10 septembre et sur la voie du « blocage ».
🔴Non, le 10 septembre n’est pas un « flop », bien au contraire
➡️Nombre de personnes mobilisées :
• Environ 500 000 selon La France Insoumise (Estimation issue des chiffres de la presse et de la CGT à l’échelle locale)
• Plus de 250 000 selon la CGT
• 197 000 selon le Ministère de l’Intérieur
➡️D’autres chiffres :
• 849 actions recensées (596 rassemblements et 253 blocages) par le Ministère de l’Intérieur
• Près de 1000 appels à la grève comptabilisés par la CGT
• Plus de 80 000 jeunes mobilisés selon L’Union Étudiante
• 150 lycées bloqués selon L’Union Syndicale Lycéenne
De nombreuses AG locales ont réuni beaucoup de monde en fin de journée (5000 à Paris, plus de 2000 à Lyon, plus de 1500 à Nantes,...) et ont décidé de poursuivre le mouvement dès aujourd’hui (11 septembre) via des différentes actions dont de nouveaux blocages
Les réseaux de Grevemanifsblocages10septembre : https://linktr.ee/grevemanifsblocages10septembre
#10septembre #BloquonsTout #GreveGenerale
Médias
Définitivement, à l’attention des médias de préfecture, il n’y a pas « d’affrontements avec les forces de l’ordre » lors des mouvements sociaux.
Il y a en réalité des tas de personnes qui contestent pas divers moyens (de plus en plus empêchés et ignorés) un système autoritaire, destructeur et antidémocratique, et il y a des milices policières surarmées aux ordres de ce système illégitime qui les attaquent brutalement. Le plus souvent les contestataires se font brutaliser et mis en GAV, mais il arrive qu’ils contiennent par autodéfense les milices de l’Etat, et parfois contre attaquent pour se protéger et se garder des marges d’actions possibles.

- Bloquons tout ! Retour sur le 10 septembre, infos et réflexions...
Bilan du 10 septembre, ce n’est pas un échec, mais ça n’a pas marché
Le 10 septembre est derrière nous. Comme on l’a répété ces dernières semaines, cette journée n’était pas une fin en soi. Pas l’aboutissement de deux mois de préparation. Mais bien le début d’un mouvement qui doit encore se construire et trouver sa forme.
Une mobilisation massive.
Les renseignements prévoyaient 100 000 personnes dans la rue. Ils en redoutaient déjà les conséquences. Le résultat est tout autre : entre 400 000 et 500 000 personnes ont manifesté partout en France et en outre-mer. Un chiffre impressionnant, surtout pour une date appelée par des citoyens, un jour de semaine, à peine quelques jours après la rentrée. Cette mobilisation dit l’exaspération d’une population au bord de la rupture, face à des décennies de politiques qui enrichissent toujours les mêmes et précarisent toujours plus les autres.
Un échec du côté des blocages.
Tout l’été, les appels étaient clairs : le 10 septembre devait être une journée de blocage, pas seulement de manifestation. Routes, dépôts, centres logistiques… il fallait bloquer le pays pour forcer les dirigeants à entendre la colère.
Pourtant, la majorité des citoyens a choisi de se tourner vers les rassemblements et manifestations. Résultat : la plupart des blocages ont tenu peu de temps et eu peu d’impact. Le paradoxe, c’est qu’à Paris, les rares vrais blocages de la journée sont venus des manifestations sauvages.
Il manquait une partie du peuple
Une partie de la population en colère n’a pas répondu à l’appel. Beaucoup de celles et ceux qui avaient pu se mobiliser avec les Gilets Jaunes ont refusé de participer.
Pourquoi ? Parce que le 10 septembre a été trop identifié comme une mobilisation de gauche. Or l’enjeu n’est pas de porter un parti ou une famille politique au pouvoir. Mais d’imposer un rapport de force entre ceux qui dominent et ceux qui sont exploités. Tant que ce malentendu persiste, des centaines de milliers de personnes resteront à distance.
Un manque de mots d’ordre
Les manifestations sauvages dans Paris ont montré un vrai manque de slogans et de chants ancrés dans cette colère sociale. On a entendu des « ACAB » et des « Siamo », mais peu de créations populaires dirigées contre les riches qui profitent et exploitent.
A l’époque des Gilets Jaunes, les chants étaient parfois crus, pas toujours très fins, mais ils étaient clairs, puissants et directement liés à la vie des manifestants. Le 10 septembre a manqué de cette énergie là.
post de CND
NOTE : en effet, difficile de « tout bloquer » si pas assez de grèves, si pas assez de monde se rend aux blocages, et avec des flics ultraviolents.
Déferlante dans les rues
Avant même le 10 septembre, les éditorialistes, la police et le gouvernement annonçait en chœur un mouvement « faible ». Dès ce matin, la propagande tournait à plein régime, pour minimiser la mobilisation. La gendarmerie osait annoncer 3.000 manifestants dans toute la France, puis le chiffre était rehaussé à 29.000 dans le pays, presque aussi ridicule. Parti de la base, totalement auto-organisé, sans support médiatique ni moyens, situé en milieu de semaine, le mouvement du 10 septembre a été une déferlante partout en France.
À Montpellier, Rennes ou Lyon, plus de 10.000 personnes étaient dans les rues. À Marseille, les organisateurs revendiquent 80.000 manifestants. À Nantes, entre 5 et 10.000, comme à Grenoble. À Paris, les cortèges et actions étaient tellement nombreux qu’il est impossible d’établir un chiffre, si ce n’est plusieurs dizaines de milliers minimum. Et les manifestations ont réuni des centaines voire des milliers de personnes dans des dizaines de petites communes.
Diffusez ces images pour dynamiter le récit médiatique : le 10 septembre a été un succès sur les blocages comme dans les cortèges, malgré une répression de nature fasciste et une avalanche de mensonges.
source, avec vidéo : https://contre-attaque.net/2025/09/10/deferlante-dans-les-rues/
Tour de France des blocages pour le 10 septembre
Les images qui arrivent de toute la France montrent un puissant mouvement de colère, très déterminé malgré la répression systématique du régime.
À Caen, les bloqueurs et bloqueuses ont allumé des barricades et démonté des glissières sur le périphérique. À Rennes, un bus a pris feu et des blindés ont été déployés. À Paris, des lycéens recouvrent la police de poubelles, des blocages se multiplient autour de la capitale et sur les grands boulevards, une foule a tenté d’envahir la gare du Nord. À Brest, Toulouse, Strasbourg, Lille ou Lyon, nombreux blocages malgré les gaz. Grosses manifestations à Bordeaux et Marseille. Blocage de rond-point en vélo à Chambéry, gare envahie à Valence… Partout, des lycées sont bloqués, des facs sont en mouvement, de petites actions et gestes de désobéissance s’improvisent.
Et ces infos qui nous remontent ne sont qu’un petit échantillon des initiatives en cours, car les blocages se comptent par centaines, jusque dans les petites communes. Le ministre de l’Intérieur a osé affirmer dans les médias qu’il n’y avait que 3000 manifestant-es dans toute la France ce matin. Prouvons partout qu’il ment, son gouvernement doit partir.
source, avec vidéo : https://contre-attaque.net/2025/09/10/video-tour-de-france-des-blocages/
Le mouvement du 10 septembre entre avec fracas dans l’histoire des mobilisations
💥 Avec 350.000 personnes mobilisées sur tout le territoire, le mouvement du 10 septembre entre avec fracas dans l’histoire des mobilisations.
🔥 Inédit par son ampleur et par sa forme, le mouvement qui s’est auto-organisé en moins de deux mois s’est répandu partout.
🌊 Ni les mensonges, ni l’intimidation, ni la répression ne feront ralentir la vague qui s’est levée dans le pays.
🤜 Les assemblées locales appellent à poursuivre la lutte dès ce soir sous toutes ces formes : les manifestations comme les blocages.
Nous avons fait partir Bayrou. Lecornu et Macron attendent leur tour. 🌋
D’ici là nous ne rentrerons pas ❤️🔥
Demain encore Indignons-nous et Bloquons tout. ✊️✊️✊️
Quelques réflexions générales
Tout le monde a pu constater que les manifs classiques et grèves perlées ne donnaient pas de résultat (récemment : échec de mouvement pour les retraites en 2023).
D’un côté on a des gros syndicats qui se mettent à l’écart des questions politiques générales, pour se concentrer sur les conditions de travail. De plus les travailleurs ont les moyens de peser par les grèves dures et étendues, mais trop peu peuvent/veulent faire grève, pour diverses raisons ce moyen de lutte essentiel est devenu trop peu pratiqué, et on ne voit pas comment on pourrait se sortir de ça dans un avenir proche.
De l’autre on a des partis de gauche (le PS n’en ait pas parti bien entendu) qui se mêlent eux de politique, mais qui n’ont pas les moyens de vraiment peser, tant ils sont pris dans les jeux institutionnels, et de toute façon ils n’arrivent pas au pouvoir, restent impuissants, sont méprisés par le bloc bourgeois. Et même étant au pouvoir par miracle, ils auraient en face de gros lobbies, et toutes les exigences impératives du capitalisme et de l’Etat.
Donc c’est l’impasse côté organisations institutionnelles.
Comme on n’est pas en démocratie et que tout est verrouillé, il n’y a pas d’issues de ce côté là.
De ce fait, un nombre croissant de personnes se tournent logiquement vers l’action "autonome", plus ou moins indépendante des partis et syndicats de gauche. On a vu récemment les Gilets Jaunes et leur spontéité insurrectionnelle, des velléités en 2023 durant la lutte des retraites avec des émeutes et du sabotage, et à présent ça revient en force avec le mouvement du 10 septembre "bloquons tout".
Quand les manifs et autres pétitions sont ignorées, quand les grèves massives ne sont plus possibles, quand la voie institutionnelle n’offre aucun espoir sérieux, il reste en effet, dans un premier temps, les actions directes, les blocages et les manifs "sauvages".
Mais c’est une voie difficile, pour plusieurs raisons :
- L’Etat policier de plus en plus autoritaire réprime de plus en plus brutalement, en se drapant de légalité et de pouvoir légitime élu, et en considérant les contestataires comme des délinquants, des violents, des ultragauches, des terroristes, des casseurs antitout, des preneurs d’otages, etc. "ce n’est pas la rue qui gouverne" disent alors les oligarques en cour
- Même sans répression massive, il est plus difficile de bloquer les flux économiques par des blocages que par des grèves massives. Problème de logistique, d’intempéries, de fatigue, de coordination... Et puis quand on travaille et qu’on n’est pas en grève, où trouver le temps pour bloquer durablement...? (car contrairement aux rabâchages insupportables des droitistes et travailleurs qui se laissent intoxiquer par les merdias, la plupart des contestataires "travaillent", comme tout le monde, ni plus ni moins)
- La plupart des contestataires d’un mouvement comme "bloquons tout" n’ont pas ou peu d’expériences militantes, il leur faut apprendre plein de chose en faisant. Ca peut aller vite, mais quand même, c’est difficile et ça limite, au moins au départ, les capacités d’actions et de résistances à la répression
- Plus généralement : la plupart des personnes impliquées ne luttent pas au quotidien, ne pratiquent pas d’illégalismes ou d’organisations d’actions surprises. Si on ne fait rien de ce genre à peu près toute l’année, il est difficile d’un coup de passer en mode désobéissance, rébellion, guérilla, pratiques illégales, masquages d’identité en ligne ou dans les rues, etc. Là aussi ça peut s’apprendre vite face à la réalité de la répression brutale et du mépris total du pouvoir.
Mais il reste qu’on ne passe pas toujours facilement du mode "bisounours" "je suis un bon citoyen, je n’ai rien me reprocher, j’ai confiance en la justice et en la démocratie" au mode "activiste" qui comprend être face à une tyrannie brutale prête à tout, qui dissimule son identité, approuve des sabotages et des barricades en feu, bloque une autoroute ou détruit une banque avec l’aide d’un adepte du Black Bloc. - L’autre gros noeud, c’est qu’on est face à un système cohérent ancien, très fossilisé, très ancré matériellement et dans les têtes, qui n’a aucune envie de lâcher quelque chose de consistant, et encore moins de disparaître pour laisser la place à des sociétés vivables. Là on peut retrouver l’éternel débat entre les divers niveaux de réformismes et les divers niveaux de changements radicaux et profonds (révolution). Je dirais juste que le réformisme ne mène à rien, les bases du Capitalisme et de l’Etat restant inchangées elles produiront encore et encore les mêmes effets délétères.
Concernant les points 3 et 4, vu qu’il y a plein de tâches très utiles et peu dangeuses à effectuer, pas ou peu illégales, tout le monde peut trouver à s’activer (tractage/affichage, graph, caisses de soutien, cantine, soins, garderies, communication, logistique, ravitaillement, manif standard...).
Et puis les gilets jaunes ont montré qu’on pouvait apprendre vite certaines bases.
Historiquement, que se passe-t-il quand des rebelles tenaces sont empêchés durablement par une répression intense d’obtenir de vrais améliorations politico-sociales par les grèves, les blocages et les manifs sauvages ?
Il leur reste les diverses formes de sabotages et d’émeutes, ...ou la résignation.
Généralement, c’est l’émeute généralisée qui est le moyen plus pratiqué, car plus spontanée et massive. Avec des gros incendies de bâtiments, d’infrastructures diverses, comme on a pu le voir récemment au Népal ou en Indonésie. Avec hélas des risques accrus de morts et de blessés graves. (après ça peut même se transformer en guerre civile si des forces adverses, gros capitalistes et extrême droite, ne veulent toujours pas lâcher)
En France on n’en est pas encore là, les émeutes et sabotages restent sporadiques et le plus souvent pas très destructifs.
Mais si le régime, l’Etat-capitalisme, persiste dans la voie du néofascisme ultra-capitaliste et de la répression toujours plus dure, avec toujours plus de détresse et de misère sociale sur fond de désastres écologiques/climatiques, la phase "émeutes/sabotages intensifs" pourrait arriver un de ces jours, ...si les mouvements type "Bloquons tout" échouent à obtenir des effets positifs consistants.
D’autre part, les blocages, émeutes et sabotages ne sont pas une fin et ne peuvent que s’enliser dans un face à face meurtrier avec l’Etat. Pour éviter la guerre civile et l’échec de l’écrasement (tant la puissance logistique de l’Etat est tenace), il resterait alors à s’approprier partout les moyens de production et à pratiquer la démocratie directe et l’autogestion à la place des institutions étatiques et du patronat. Une forme ou une autre d’anarcho-communisme devra forcément être l’horizon si on veut se dépêtrer des filets en acier de l’Etat et du Capital, et du système techno-industriel ajouteront les écologistes.
Le 11
Nantes : plus de 1500 personnes en assemblée populaire : ouveaux blocages ce jeudi 11 septembre, Grande manifestation samedi, Assemblée populaire tous les jours
11/09. LA LUTTE CONTINUE
Bassens aux mains des électriciens grévistes, une nouvelle journée de grève commence à la centrale nucléaire de Nogent-sur-Seine, Stockages de gaz, on lâche rien...
11/09. Blocage de la faculté de lettres et de sciences humaines de Reims
GIGANTESQUE !
15 000 personnes à la fête du 10 septembre place des fêtes à Paris et surtout 5 000 en Assemblée Générale pour décider qu’on n’attendra pas le 18 et qu’on continue les grèves et blocages les 11 et 12 avec une grosse manifestation le 13 septembre à 13 H à Bercy
La grève illimitée commencée le 10 septembre continue le 11
Ce mercredi 10 septembre, les salariés de l’usine ArcelorMittal Tailored Blanks d’Uckange ont commencé la grève. Une grève suivie par 90 % du personnel. Les syndicats (CGT et CFDT) ont choisi de faire coïncider leur action avec le jour de mobilisation nationale. Les revendications portent sur la rémunération et les primes, ainsi que sur la qualité de vie au travail et les points de droit. « Nous poursuivrons la grève aussi longtemps qu’il le faudra, tant que l’on aura pas d’engagements fermes de la direction »
GREVE RECONDUCTIBLE DU 10 AU 18 SEPTEMBRE A LA COMPAGNIE DES TRANSPORTS STRASBOURGEOIS
La grève a prévu d’être reconductible entre le 10 et le 18 septembre, relevant de revendications nationales comme l’abandon de la retraite à 64 ans, la justice fiscale, des moyens budgétaires à la hauteur ou encore des mesures pour la transition écologique et contre la précarité. En outre, à Strasbourg, les revendications portent sur la dégradation des conditions de travail.
11/09. Le blocage de Sciences Po Lyon continue
11/09. Blocage de la faculté de lettres de Clermont-Ferrand dès ce matin 7 h du 11 septembre
11/09 Blocage au lycée Paul Robert aux Lilas
11/09. Blocage du lycée Paul-Louis-Courier de Tours
Réflexion et stratégie
Un article peut-être un peu dur, mais qui pose pas mal de bonnes questions, critiques et pistes :
Je bloque donc je suis - Pour la critique des illusions de septembre - Sans même avoir commencé, le mouvement qui s’annonce n’en finit pas de soulever l’enthousiasme malgré un arrière goût de réchauffé. D’AG en AG, on se prépare pour la date fatidique mais on peine déjà à comprendre quelles sont les réelles perspectives. Dans ce texte, nous prenons le contre-pied de l’idéologie du blocage et appelons à la critique de l’activité pratique du militantisme autonome.
Après une fin d’année militante marquée par l’absence de mouvement social, nos milieux politiques se creusent la tête pour trouver quelque chose à faire dans ce qu’ils interprètent comme le calme obligé avant la tempête. Quoi de mieux que le spectre des Gilets jaunes, aperçu au travers d’appels sur les réseaux sociaux aussi inattendus que fourre-tout, pour raviver la flamme du stade suprême de l’aliénation : le militantisme1 ?
Les luttes sont bavardes, les appels et analyses tactiques de la gauche se multiplient sur les blogs et journaux respectifs. La ferveur se nourrit de l’appréhension de reproduire l’hésitation face au mouvement des Gilets jaunes et de la crainte de la “récupération” par les franges les moins radicales du mouvement social. Ici on s’active à proposer des tactiques pour réussir le blocage du pays, là on propose des formes organisationnelles censées garantir la force du mouvement contre ses ennemis. Contrairement aux éternelles rentrées sociales promises par la gauche depuis 2016, cette fois les initiatives ne sont pas venues de ses rangs. Les mots d’ordre semblent plus radicaux et les actions appelées sont variées : le potentiel de l’appel du 10 Septembre enthousiasme les gauchistes dont la production écrite redouble de cadence.
Face à cette effervescence, il nous faut toutefois faire preuve de sang-froid avant de nous jeter tête baissée dans un mouvement balbutiant. Par ce texte, nous voulons prendre le contre-pied des appels qui abondent finalement tous dans le même sens. Soyons tout de suite clairs : nous sommes sceptiques concernant le blocage et l’auto-organisation et donc circonspects de voir l’absence totale de critique dans notre camp politique. Il s’agit donc ici d’y remédier.
(...)
Une fois l’économie bloquée, s’agira-t-il de s’attaquer à la question de la production ou bien de réclamer un simple changement de personnel politique au sommet de l’État ? Personne ne peut le dire et c’est bien le problème. Le blocage n’a pour perspective que le blocage lui-même. Ce qui est visé le 10 septembre est un coup d’éclat en espérant que des effets en découlent mécaniquement, sinon la question serait bien plus centrale que celle du blocage.
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le slogan “bloquons tout”, “bloquons tout le temps et partout en même temps” n’est pas une perspective, car on ne sait toujours pas ce qui advient après, ni comment cet après serait un saut qualitatif vers un affrontement général avec l’État et le capital.
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Le blocage est un pansement sur la jambe de bois qu’est le syndicalisme depuis la restructuration du mode de production capitaliste dans les années 1970. C’est un nouveau mythe venu remplacer celui de la grève générale. Pensé à l’origine comme un moyen de suppléer la grève, il est brandi aujourd’hui comme unique moyen pour la remplacer mais dans le même but : la transcroissance des luttes quotidiennes et corporatistes par l’unité générée par le blocage. Se rappelant les ronds-points occupés par les Gilets jaunes, les gauchistes oublient que c’est l’impasse du blocage qui avait alors mené à leur montée sur Paris et qui avait donné ce que l’on retient désormais.
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Ces camarades oublient que pour que des prolétaires se mettent à bloquer des routes un mercredi, il faudrait déjà qu’ils arrêtent de travailler et donc que s’organisent ces luttes sectorielles. Il peuvent aussi pester autant qu’ils le veulent, dans la conjoncture actuelle “l’auto-organisation” contient bien moins la possibilité d’un tel arrêt du travail que le syndicalisme, c’est dire.
Le blocage de l’économie n’est donc pas une perspective pratique réaliste, ni même une perspective tout court. Il en est de même pour les luttes sectorielles. Du point de vue de leur contenu, il n’y a pas de différence significative entre ces deux formes d’actions qui restent revendicatives dans une époque où l’État n’a plus rien à donner. Elles ne sont qu’un point de départ dont on devra avant tout chercher les limites en vue de leur propre dépassement. Un mouvement qui abolirait l’état actuel des choses ne peut se contenter de rester dans la perspective du blocage ou de la grève mais doit poser la question de la destruction des moyens de production et par là même, la réalisation de nouveaux rapports de production.
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L’autre élément éculé de la boîte à outils du parfait activiste, mis en avant par l’entièreté du spectre de gauche, est celui de l’auto-organisation. Comme pour le blocage, c’est une forme organisationnelle qui serait à elle-même un élément du dépassement. Début août, on nous prévenait déjà qu’il s’agissait d’un objet à protéger de la “récupération” de la gauche.
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On reconnaît bien dans cette construction d’une “autre communauté politique” les rêves d’affirmation du prolétariat (du “peuple” ?), jusqu’à la création d’un contre-pouvoir avec ses “autres règles du jeu” en guise de programme. Il s’agit de s’organiser en tant que classe pour en faire émerger une autre société. Tout comme pour le blocage, l’auto-organisation vise la construction d’une unité mais y ajoute la lutte contre les médiations qui pourraient dénaturer son caractère révolutionnaire. Il y aurait par conséquent un en dehors de la “politique traditionnelle”, des “règles du jeu”, en somme du capital, contenu dans la mise en mouvement de la classe agissant en tant que classe ? Ce que les auteurs de ce texte – et de bien d’autres – semblent oublier, c’est que le prolétariat (ou le peuple, ou toute communauté) est bien une classe du capital, c’est-à-dire une classe dont la reproduction présuppose la reproduction du capital. Ce faisant, la question de la révolution, de l’“invention d’autres règles du jeu” ne peut pas être une simple continuation de la lutte telle qu’elle se fait déjà mais doit se poser en rupture avec celle-ci. Les prolétaires doivent détruire leur situation de prolétaires pour ne plus pouvoir y revenir. La révolution n’est plus une question de prise du pouvoir et d’accomplissement d’un programme établi à l’avance depuis une communauté politique (du capital donc) mais la destruction de l’existant, y compris desdites communautés politiques.
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L’auto-organisation, tout comme en 2010 n’est en réalité que le pendant du syndicalisme et surtout des syndicats.
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il ne suffit pas de décréter la grève générale ou simplement une grève massive pour l’obtenir. Tout le monde le sait. Mais en fétichisant l’auto-organisation comme permettant par elle-même une rupture, on se retrouve à lui donner le pouvoir de convaincre les syndicats à déclencher ce levier imaginaire. Le camp de l’“autonomie” court ainsi entre les différentes composantes de l’idéologie de gauche tel un poulet sans tête, conspuant les syndicats mais se rendant à l’évidence qu’ils sont bien pratiques quand même. Tout comme lors des blocages vantés comme “autonomes” mais en réalité adossés voire organisés par les syndicats dans les années 2000-2010 (et dans une moindre mesure pendant le mouvement de 2023), il est de bon ton dans cette frange de la gauche de se donner l’impression d’avoir une importance sur le réel tout en étant réellement des supplétifs de la CGT.
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La forme de l’organisation des Gilets jaunes était à l’image du mouvement remplie d’impasses. Ce n’est pas son auto-organisation qui lui a donné son plein potentiel, mais sa masse et sa spontanéité. Au contraire, la question de l’auto-organisation au niveau national en AG et AG d’AG a signé son déclin inéluctable.
L’auto-organisation, en tant que transcroissance des luttes revendicatives est donc une impasse doublée d’une fiction que se racontent nos milieux pour se donner le beau rôle. Mélangée au mythe du blocage, nous avons aujourd’hui le cocktail parfait pour une rentrée sociale idéale selon le catéchisme de la gauche radicale.
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Personne ne se prépare à chercher le dépassement d’un mouvement d’ampleur, seulement à y amener sa petite recette concoctée ex nihilo en tant qu’“habitués de la lutte”.
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Si une chose est sure, c’est que les autonomes ne savent plus que prêcher pour des actions vides et abstraites. Ils ne cherchent plus qu’à trouver la bonne idée qui fera la Une des journaux bourgeois ou bien à se flatter de leur propre radicalité face à ces idiots de syndicalistes. C’est ainsi qu’on peut entendre que “la grève n’est pas un lieu d’organisation”, sous-entendu contrairement aux AG qui discutent dans le vide d’un blocage de périphérique.
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Les piqueteros ont bloqué les routes en Argentine dans les années 1990 et obtenu satisfaction ? C’est bien la preuve qu’il n’y a qu’à faire pareil, ça peut marcher. Cette tendance à la production de prescriptions abstraites de leur contexte social, de “tâches immédiates” hors sol à réaliser ne sort pas de nulle part. L’activisme n’est que le produit d’une époque où le mouvement ouvrier n’en finit pas de mourir. Au mieux, il cherche à mimer l’unité fantasmée du vieux mouvement ouvrier par ses recettes abstraites censées dépasser la sectorisation. Au pire, sa normativité et son abstraction de la pratique ne permettent de dépasser la séparation qu’en endossant les intérêts de la classe moyenne dans une lutte interclassiste comme ce fut le cas en 2016. Avec leur normativité, les activistes jouent à l’état-major : il faut intervenir pour donner une direction (estimée plus) radicale au mouvement. “Bloquons tout, ne saucissonnons pas le mouvement en luttes sectorielles !”, cette préconisation se retrouve comme vide de sens face à la segmentation de ceux qui luttent (on lutte depuis sa position, séparés). Une fois confrontés à la réalité des AG, l’activisme n’apporte rien de neuf à par les slogans qui ont déjà tourné tout l’été, l’unité ne se fait pas.
Pourquoi les groupes autonomes devraient intervenir s’ils ne proposent rien de plus que ce que le mouvement veut déjà faire ? Pour le faire mieux ? On a vu que les Gilets jaunes étaient beaucoup pris en exemple, pourtant c’est un mouvement qui nous a montré qu’il n’avait pas besoin des soi-disant révolutionnaires pour porter la confrontation avec l’État à un niveau jamais vu ces denières années. En réalité, ils ne veulent intervenir que pour se convaincre de ne pas reproduire le “rendez-vous manqué avec l’histoire” des Gilets jaunes. Qu’importe que l’intervention de la gauche dans le mouvement des Gilets jaunes ait été corrélée avec son déclin. Il faut en être parce qu’il faut en être. Tout ce qui bouge est (potentiellement) rouge.
(...)
Contre cette pensée en boîte à outils, nous devons résolument renouer avec le concret de la lutte, qu’elle soit “sectorielle”, “socdem” ou “citoyenniste”. Ces catégories ne sont pas le simple fait d’idéologies mais une production de la lutte des classes. Il faut s’y confronter pratiquement.
Si le mouvement prend de l’ampleur, il ne pourra qu’être confronté aux limites de l’auto-organisation, du blocage et de toutes les formes spécifiques qui en feront son contenu. L’intervention des activistes dans les formes habituelles du militantisme ne peut alors être que le symptôme de l’enlisement. Notre action se doit donc d’être éloignée de ses prétentions à l’unité, à la direction et à l’abstraction. Cela implique bien sûr de participer à la lutte, c’est-à-dire d’y être actif mais sans s’illusionner quant au fait d’y être un secteur particulier (à tout hasard, le secteur des étudiants). Si les recettes fonctionnaient, elles auraient déjà été appliquées. Concentrons nous sur donc sur l’action telle qu’elle se fait et non sur ce qu’elle devrait être selon le catéchisme autonome.
(...)
Plus que jamais, nous devons caractériser le mouvement en cours en rapport avec le cycle de luttes actuel. Pourquoi prend-il les formes qu’il prend ? Quel est leur contenu, c’est-à-dire ce qu’il dit des tendances générales du capitalisme ? Quelles semblent en être ses limites ? Plus concrètement, imaginons que quelque chose se passe le 10 septembre (un blocage massif et une forte répression par exemple), il nous faudra comprendre pourquoi, selon quelles modalités cela s’est produit et ce sur quoi l’activité de la classe a buté. Il est évident que cela permettra de proposer des solutions (changer de tactique, comme les Gilets jaunes ? Continuer ?) mais également d’anticiper le cours des choses.
(...)
Nous devons attaquer les positions normatives, combattre toute “attitude” d’idéologisation (séparation forme et contenu, solution miracle non circonstanciée, volonté de légitimer l’action par la formalisation) qui ne cesse de nous enfermer dans l’impasse. Il faut apporter des propositions à l’échelle des objectifs que se donnent les collectifs de lutte, ce qui veut dire également discuter des objectifs concrets et non brandir le blocage (par exemple) comme un objectif. La recherche de la portée générale et abstraite de l’action (“tout bloquer”) c’est l’assurance de ne parler que de la forme et jamais du contenu de la lutte.
(...)
Guetter le moment où la lutte ne se fait plus dans l’affirmation de la classe mais dans son auto-abolition. Nous devons avoir en tête que la rupture ne se trouve pas dans “l’exacerbation des contradictions” ou “l’intensification de l’affrontement” comme si une rupture pouvait être une continuité mais bien dans un saut qualitatif. Plus que la recherche de pousser plus loin ce qui se fait déjà, il faut rechercher ce qui sort de l’ordinaire de la lutte, un écart dans lequel s’engouffrera, peut-être, le débordement.
article complet : https://sans-treve.org/je-bloque-donc-je-suis
Et aussi :
- 2019 : Blocage - Peut-on envisager le blocage comme une stratégie efficace dans les rapports de force actuels ? Quel est le rapport entre le mouvement qui va débuter le 5 décembre et ceux qui secouent le Moyen-Orient et l’Amérique latine ? Une tentative de qualification très générale des formes que pourrait prendre une crise mondiale du capital. (...) Ce qui se produit dans cette situation, c’est qu’à chaque mouvement d’ampleur, ceux qui entrent en lutte se trouvent face à un mur qui ramène effectivement leur action à un problème de logistique. La gestion idéologique de la question par l’Etat se fait alors dans la seule perspective du retour à la fluide normalité de l’ordre circulant des choses : disqualification politique des positions, marginalisation sous la qualification d’extrémisme, dispersion immédiate de toute manifestation traitée comme un trouble à l’ordre public, "déblocage" instantané, mobilisation des personnels non-grévistes pour rétablir le fonctionnement normal, etc. La "normalité" apparaît ici pour ce qu’elle est, une violence permanente, mais elle n’apparaît ainsi qu’à ceux qui sont entrés en lutte parce qu’ils subissent cette violence. Pour les autres, la normalité, c’est la normalité, point. La question dès lors est : jusqu’où l’Etat, entouré de ceux pour qui la normalité est encore souhaitable, peut-il continuer à nier l’existence de ceux pour lesquels cette normalité devient de plus en plus insupportable ? C’est cette dynamique de "décrochage" qui nous invite à penser la guerre civile comme toujours contenue dans la situation actuelle, où que ce soit dans le monde, de la pire des dictatures aux démocraties les mieux établies. Et là aussi, on tremble face à l’idée de l’enlisement dans une guerre civile où l’Etat conserve tous ses moyens logistiques : la Syrie de Bachar-el-Assad est là pour nous rappeler ce dont est capable un Etat qui parvient à regrouper derrière lui une partie de la population contre l’autre. Cela peut durer, et la durée ici c’est l’écrasement programmé. (...) Cependant, il serait aussi irresponsable de ne pas pointer ce simple fait : les "luttes sur la circulation" et la stratégie du blocage, tout comme la pure perspective émeutière, sont vouées à l’échec. Leur seule perspective est de parvenir à déstabiliser l’Etat pour le contraindre à améliorer les conditions d’existence des masses de prolétaires que le capitalisme exclut ou éloigne de sa "normalité", mais une telle perspective intégratrice n’est plus à l’ordre du jour. Dans ce cas il ne reste plus à l’Etat qu’à organiser le déblocage et le retour à l’ordre, ce qu’il a largement les moyens de faire. Quoiqu’en pensent certains rêveurs, on ne sera pas plus efficaces que l’Etat sur le terrain de la logistique, ni par le blocage, ni par l’émeute. Au mieux, si la crise se généralise, on peut obtenir un changement de personnel politique pour organiser le retour à la normale, au pire c’est l’écrasement. C’est ce que ne dit jamais le slogan "bloquons tout !" Pour quoi faire ? Pour quelle "victoire" au juste ? Et avec quelles chances de réussite ? Face à la perspective de cet échec programmé, il faut au contraire dire qu’un mouvement révolutionnaire qui commencerait à se mettre en capacité de l’emporter n’aurait d’autre choix que de s’attaquer à la production, de s’emparer d’éléments productifs et commencer à pratiquer une production sans échange, la gratuité, de s’emparer de moyens de circulation plutôt que chercher à la bloquer à tout prix, etc., c’est-à-dire à mettre immédiatement en œuvre le communisme. C’est seulement dans ce cadre, où le mouvement commence à rendre possible la vie hors du capital, où la lutte ne se limite plus au face à face meurtrier avec l’Etat, que l’émeute et le blocage peuvent jouer un rôle positif. Il va sans dire qu’on en est encore loin.
- Sur le 10 septembre, par Temps critiques - Cet appel à « Tout bloquer » le 10 septembre 2025 est très différent de l’appel des Gilets jaunes à occuper les ronds-points en octobre-novembre 2018
sur Frustration Magazine :
- 10 septembre : et maintenant ? - “Alors, on voit bien que la France n’a en fait pas été bloquée ?”. La journaliste d’une chaîne de télévision que j’ai eu au téléphone à la fin de cette journée du 10 septembre jubilait un peu, en me lançant cette pique. Elle était hélas, comme beaucoup de ses confrères, mal informée. Si tout le pays n’a pas été à l’arrêt en ce 10 septembre 2025, premier jour du mandat d’un premier ministre fantoche nommé par un président n’ayant plus aucune légitimité, nomination rendue possible par l’existence d’un régime autoritaire chaque jour plus répressif, il a été ébranlé. Les semaines qui ont précédé ce jour, les Renseignements Territoriaux (ex-RG), quasi unique source des médias mainstream, annonçaient 100 000 personnes mobilisées grand max. Oups : hier soir le ministère de l’intérieur en annonçait 175 000, et pour des actions où le comptage est quasi impossible en raison de leur diversité. La CGT parle de 250 000. On se situe clairement dans le même ordre de grandeur que les chiffres annoncés lors de la toute première journée d’action nationale du mouvement des gilets jaunes, le 17 novembre 2018. Le ministère de l’intérieur annonçait 280 000 personnes, pour un mouvement qui, dans ses débuts, était beaucoup mieux considéré par le gouvernement et moins réprimé (ça a très vite changé) que celui du 10 septembre, qui a, par endroit, été empêché physiquement par les forces de l’ordre, mais qui avait lieu le samedi alors que celui du 10 se tenait en pleine semaine, ce qui est bien plus difficile.
Il s’est donc passé quelque chose dans l’histoire de nos luttes sociales : depuis 20 ans, le paradigme dominant de l’action collective à vocation redistributive (disons “orientée à gauche”) était la manifestation déclarée. Bien sûr, quelques personnes tentaient toujours de proposer d’autres modes d’actions plus radicaux mais ils étaient marginaux. Le mouvement des gilets jaunes, très loin initialement du monde de la gauche sociale, a changé cette donne mais pour être aussitôt enterré et le mouvement de 2023 – pourtant massif et en position de force – contre la réforme des retraites, s’est complu dans des méthodes traditionnelles. Mais hier, tout a volé en éclat. Les modes d’actions de blocages et manifestations non déclarées étaient la base même du mouvement. - Video : Organiser l’imprévisible : des Gilets jaunes au 10 septembre et au-delà – Nicolas Framont – Nouvelles Pensées Critiques
- Video : #Bloquonstout pourquoi les Français se sont mobilisés ? – C Ce Soir 9 septembre 2025
- DE LUIGI MANGIONE À « BLOQUONS TOUT » : COMMENT RÉPONDRE À LA VIOLENCE DU CAPITALISME ? (N.FRAMONT) – Le Média
- Après le 10 septembre, le mouvement cherche sa stratégie pour durer - Faire la grève générale ? S’inspirer des Gilets jaunes ? Des milliers de militants du mouvement du 10 septembre ont tenté de préparer la suite, à Paris, pour durer dans le temps.
Divers
- Machine arrière sur un point : Violences urbaines : le ministère de l’intérieur renonce à une directive contestée par les journalistes - « La prise en compte du statut des journalistes (…) ne trouve pas à s’appliquer dans un contexte de violences urbaines », disait la directive, qui a suscité l’indignation de syndicats et d’organisations de la profession.
- Perquisition préventive : la répression ne nous fera pas taire ! APPEL A SOUTIEN - Hier soir notre camarade a été perquisitionné et interpellé chez lui. Cette opération de police arrive à la veille du 10 septembre et est une tentative claire de criminaliser le mouvement avant que celui-ci démarre. La police prend pour cible un camarade actif dans les assemblées générales et syndicaliste (voir communiqué du SNAM CGT Rhône-Alpes) ; un militant qui fait le pont entre les luttes sur les lieux de travail, sur la question du logement, pour les droits des sans-papiers et de solidarité internationale. C’est bien cela qui inquiète les forces de l’ordre : une convergence entre toutes ces mobilisations. Cette répression préventive ne montre qu’une chose : les capitalistes et ses chiens de garde ont peur pour leurs privilèges mais ils ne pourront jamais tou·tes nous arrêter.
Soutenons le camarade et rejetons cette tentative de criminalisation des luttes sociales ! Rassemblement cet après-midi : INFOS A VENIR - Macron t’es foutu, les étudiant.es sont dans la rue ! - Le jeudi 04 septembre les étudiant.es se sont réunies en AG interfac.
Indigné.es par les partenariats génocidaires, les coupes budgétaires et les suppressions de nos formations, indigné.es par la répression que subissent les étudiants.es ou tout simplement indigné.es car nous n’arrivons plus à vivre, NOUS ETUDIANT.ES REUNI.ES EN INTERFAC APPELONS LES ETUDIANTS.ES A REJOINDRE LES TRAVILLEURS.EUSE LE 10 SEPTEMBRE POUR BLOQUER LE PAYS ! - « Bloquons tout » : de Lille à Toulouse, une journée de colère - Plusieurs centaines d’actions ont été recensées lors de la journée du 10 septembre. D’un entrepôt d’Amazon dans le Nord à une autoroute près de Toulouse, des dizaines de milliers de personnes ont répondu à l’appel au blocage du pays.
- Nourrir les grèves, mode d’emploi - Dans une ferme paysanne du Morbihan, des militants s’activaient, la veille du 10 septembre. Sandwichs, soupe, crêpes bretonnes... L’objectif de cette cantine populaire : préparer à manger pour un demi-millier de personnes.
- Ces blocages qui ont fait trembler le pouvoir - Reporterre vous raconte sept blocages victorieux à travers le monde : les Bretonnes de Plogoff contre le nucléaire, la zad titanesque de New Dehli, les actions impressionnantes d’Ende Gelände en Allemagne...
- 10 septembre : 250 000 personnes dans toute la France - Près de 250 000 personnes ont participé aux mobilisations du 10 septembre selon la CGT. À Paris, plusieurs points de circulation stratégiques ont été bloqués dès 7 heures du matin. « On est là, même si Macron le veut pas », scandaient les militants.
- Comment Les Soulèvements de la Terre ont soutenu le 10 septembre - Cantine, kit antirépression, caisse de grève... Le comité local des Soulèvements de la Terre de Nîmes a mis à profit son expérience pour créer une convergence locale et faire perdurer le mouvement du 10 septembre.
- Le 20h de France 2, en passe de gagner le concours du journal le plus réactionnaire - Pour tenter de gagner le Graal de la meilleure audience devant TF1, la direction de l’information de France Télévisions semble avoir misé sur tout ce qu’il y a de plus rance dans le spectre des opinions politiques.
- Lyon : Construisons la suite ! Les appels à venir après le 10 septembre
- 10 Septembre : la police a incendié un immeuble et une voiture
- 10 Septembre : l’antimilitarisme est dans la rue - « On préfère les hôpitaux aux chars d’assaut »
Nantes : ce qu’ils ont voulu nous voler, ce qu’ils ont récolté - Des barricades pendant plus de 12 heures d’affilée et une répression féroce : récit du 10 septembre nantais (...) Le 10 septembre, il ont voulu tuer l’enthousiasme collectif, ils ont récolté une constellation de feux, qui se rallumeront tant qu’il le faudra. La métropole n’a pas été mise à l’arrêt autant que prévu, mais c’était une journée des barricades.
Un jour, peut-être plus proche qu’on ne le croit, nous déjeunerons en haut du Pont de Cheviré.
500 000 MANIFESTANTS LE 10 SEPTEMBRE : UNE FORMIDABLE RÉUSSITE
Liste ci-dessous des manifestations du 10 septembre de plus de 500 participants, donnant un résultat de 450 000 manifestants en utilisant les chiffres soit de la CGT, soit de la presse qui minimise, soit de la police qui minimise encore plus, avec un chiffre incertain pour Paris et ses différents cortèges. Avec les très nombreuses autres petites villes en dessous de 500 manifestants, il paraît juste d’arriver à environ 500 000 manifestants comme l’a fait LFI
Extraist d’un article du Monde :
Pour avoir couvert beaucoup de manifestations et de mouvements sociaux ces dernières années, il y a vraiment une très forte colère qui monte autour des enjeux d’injustice sociale, le sentiment qu’on demande toujours des efforts aux mêmes pendant que les dividendes du CAC40 explosent et que toutes les statistiques montrent l’accroissement de la fortune des plus riches.
(...)
Comme dans d’autres lieux de rassemblement, la chute du gouvernement Bayrou n’était pas forcément le sujet, c’était davantage la démission d’Emmanuel Macron et une autre politique qui étaient exigées. Emeline Cazi.
Pour avoir couvert beaucoup de manifestations et de mouvements sociaux ces dernières années, il y a vraiment une très forte colère qui monte autour des enjeux d’injustice sociale, le sentiment qu’on demande toujours des efforts aux mêmes pendant que les dividendes du CAC40 explosent et que toutes les statistiques montrent l’accroissement de la fortune des plus riches.
Sur ce point, le projet de budget de François Bayrou, cet été, est vraiment apparu comme une provocation, avec des mesures très précises touchant tous les travailleurs (la suppression de deux jours fériés ayant vraiment suscité une sidération) et au contraire des mesures encore très floues sur la contribution demandée aux plus riches.
Mais, je l’ai vu dans beaucoup d’entreprises, les salariés encaissent parfois beaucoup de choses avant de soudainement se mettre en grève de façon radicale. C’est souvent une petite mesure anecdotique mais très symbolique qui les fait se mettre en action, l’humiliation de trop. Les deux jours fériés auraient pu jouer ce rôle-là au niveau national. Aline Leclerc.
Les mobilisations partent rarement d’autre chose que d’un mécontentement. Difficile de jauger ce qui est une quantité « normale » de mécontentement, mais l’instabilité politique des dernières semaines laisse entrevoir une crise plus profonde qu’un ras-le-bol classique.
En zone rurale, deux éléments notables racontent quelque chose de ce mouvement. D’abord, la diversité des affiliations politiques des manifestants : sur un même barrage pouvaient se trouver des personnes souverainistes comme des militants LFI. Ensuite, la sympathie des passants et des conducteurs pour les manifestants était frappante.
Lors des premiers samedis de « gilets jaunes » en 2018, par exemple, il était rare de voir autant de soutien de la part de ceux qui n’étaient pas en train de manifester. Hier, certaines personnes coupaient elles-mêmes le moteur de leur véhicule, par exemple, pour arrêter le trafic, beaucoup baissaient la vitre afin de remercier les personnes présentes sur les barrages pour leur mobilisation.
Cela laisse entrevoir une réelle colère contre le pouvoir en place partagée par une grande partie de la population, tous horizons confondus.
Sofia Fischer.
Violences d’Etat
Juste quelques exemples des brutalités commises par les milices souvent extrême-droitisées galavanisées par le néofasciste Retailleau, le forcené de l’Intérieur :
Hier à Montpellier, un manifestant a été gravement blessé par un tir de canon à eau à quasi bout portant. Ce manifestant a été hospitalisé avec perte de mémoire et incapacité de parler...
Images Ricardo Parreira - source, avec vidéo : https://www.facebook.com/share/v/17ALSgLMMN/
Ce 11 septembre, plusieurs lycées ont connu des blocus dans la continuité du mouvement Bloquons Tout. Et la police de Macron a continué à faire dans le sale... Histoire de terroriser une jeunesse qui oserait défier le pouvoir (vidéo sur CND)
Quand est-ce que les profs se mettront massivement en grève ? Quand il y a aura des morts, des blessés graves ??!
🔥 « 𝗢𝗻 𝗯𝗹𝗼𝗾𝘂𝗲 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗕𝗼𝗿𝗱𝗲𝗮𝘂𝘅 »
🤝 𝗦𝗼𝘂𝘁𝗶𝗲𝗻 𝗮𝘂𝘅 𝗰𝗮𝗺𝗮𝗿𝗮𝗱𝗲𝘀 𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗽𝗲𝗹𝗹𝗲́-𝗲𝘀
📆 𝗠𝗲𝗿𝗰𝗿𝗲𝗱𝗶 𝟭𝟬 𝘀𝗲𝗽𝘁𝗲𝗺𝗯𝗿𝗲 𝟮𝟬𝟮𝟱
⏳ 𝗗𝗲𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗹’𝗵𝗼̂𝘁𝗲𝗹 𝗱𝗲 𝗣𝗼𝗹𝗶𝗰𝗲 - 𝗠𝗲́𝗿𝗶𝗮𝗱𝗲𝗰𝗸
😱 Quand j’arrive devant le commissariat de Mériadeck, des dizaines de policiers sont de sortie devant le bâtiments et dans les rues adjacentes.
👉 Les camarades se sont donc repliés à côté de la patinoire.
🙄 𝗕𝗲𝗮𝘂𝗰𝗼𝘂𝗽, 𝗯𝗲𝗮𝘂𝗰𝗼𝘂𝗽 𝗱𝗲 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗹𝗮̀, 𝗮𝘂𝗰𝘂𝗻𝗲 𝗼𝗿𝗴𝗮 sur place à part le collectif Contre Les Abus Policiers - Clap33, 𝗽𝗮𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗻𝘀𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲𝗿𝘀 𝗺𝘂𝗻𝗶𝗰𝗶𝗽𝗮𝘂𝘅 𝗼𝘂 𝗱𝗲 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝘀 𝗵𝗼𝗿𝗺𝗶𝘀 Bordeaux En Luttes.
😏 L’ambiance est plutôt cool, ça papote, ça chante et on se tient à bonne distance des policiers, même si tout le monde semble bien déterminé à exiger la libération des personnes gardées à vue.
🤔 𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗲𝗹𝗮 𝗲𝘀𝘁-𝗶𝗹 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶 𝗲𝗻 𝘃𝗿𝗶𝗹𝗹𝗲 ?
🤔 Quelle peut-être la justification des violences policières qui se sont abattues sur nous pendant au moins une bonne heure ?
👮 𝗧𝗼𝘂𝗷𝗼𝘂𝗿𝘀 𝗲𝘀𝘁-𝗶𝗹 𝗾𝘂’𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗻𝘂𝗶𝘁 𝘁𝗼𝗺𝗯𝗲́𝗲 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗼𝗹𝗶𝗰𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗻𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗱𝗲𝘃𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗶𝘀𝘀𝗮𝗿𝗶𝗮𝘁 𝗺𝗮𝗶𝘀 𝘀𝗲 𝘀𝗼𝗻𝘁 𝗱𝗲́𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲́𝘀, 𝗲𝗻 𝗺𝗮𝘀𝘀𝗲, 𝗱𝘂 𝗰𝗼̂𝘁𝗲́ 𝗱𝘂 𝗿𝗮𝘀𝘀𝗲𝗺𝗯𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗲𝘁 𝗯𝗹𝗼𝗾𝘂𝗲𝗻𝘁 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶 𝗹𝗮 𝗰𝗶𝗿𝗰𝘂𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻.
😰 Les premiers tirs de lacrymo dans le but de nous faire reculer créent une petite panique mais pas assez pour nous faire dégager.
👉 On se trouve alors à plus d’une centaine de mètres du comico.
😨 𝗔𝗹𝗼𝗿𝘀 𝗰’𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗮 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲̀𝗿𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗿𝗴𝗲.
🏃♀️ On a beau dire de ne pas courir, quand les policiers fondent sur nous, boucliers en main, 𝗱𝗶𝗳𝗳𝗶𝗰𝗶𝗹𝗲 𝗱𝗲 𝗻𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝘀𝗲𝘀 𝗷𝗮𝗺𝗯𝗲𝘀 𝗮̀ 𝘀𝗼𝗻 𝗰𝗼𝘂.
🏃♀️ Je tourne moi-même les talons et commence à m’éloigner.
🥵 𝗝𝗲 𝗺𝗲 𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝘀 𝗱𝗲 𝗽𝗹𝗲𝗶𝗻 𝗳𝗼𝘂𝗲𝘁 𝘂𝗻𝗲 𝗰𝗵𝗮𝗿𝗴𝗲 𝗽𝗼𝗹𝗶𝗰𝗶𝗲̀𝗿𝗲. 𝗣𝗮𝘀 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝘂𝗽, 𝗻𝗼𝗻, 𝗷𝘂𝘀𝘁𝗲 𝘂𝗻𝗲 𝗯𝗼𝗻𝗻𝗲 𝗯𝗼𝘂𝘀𝗰𝘂𝗹𝗮𝗱𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗺𝗲 𝗳𝗮𝗶𝘁 𝗯𝗮𝘀𝗰𝘂𝗹𝗲𝗿.
😤 Je m’en sors bien avec un bonne râpure sur le genou et un bel hématome à venir.
👉 𝗡𝗼𝘂𝘀 𝘀𝗼𝗺𝗺𝗲𝘀 𝗱𝗼𝗻𝗰 𝗱𝗲́𝘀𝗼𝗿𝗺𝗮𝗶𝘀 𝘃𝗿𝗮𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗹𝗼𝗶𝗻 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗶𝘀𝘀𝗮𝗿𝗶𝗮𝘁, au niveau de la bibliothèque.
👮 Mais les policiers continuent d’avancer dans le but évident de nous disperser.
🥵 𝗟𝗮𝗰𝗿𝘆𝗺𝗼, 𝗰𝗵𝗮𝗿𝗴𝗲𝘀, 𝗹𝗮𝗰𝗿𝘆𝗺𝗼𝘀, 𝗰𝗵𝗮𝗿𝗴𝗲𝘀.
🏃♀️ Le groupe s’égaille comme il peut, se disloquant dans les petites rues perpendiculaire au cour du Maréchal Juin.
🏃♀️ Je suis avec Vanessa du C.L.A.P en train de prendre la poudre d’escampette.
😨 𝗖’𝗲𝘀𝘁 𝗲𝗻 𝘁𝗼𝘂𝗿𝗻𝗮𝗻𝘁 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝘂𝗻𝗲 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗲𝘀 𝗿𝘂𝗲𝘀 𝗾𝘂’𝘂𝗻𝗲 𝗴𝗿𝗲𝗻𝗮𝗱𝗲 𝗹𝗮𝗰𝗿𝘆𝗺𝗼 𝗲𝘀𝘁 𝗹𝗮𝗻𝗰𝗲́𝗲 𝗲𝘁 𝗮𝘁𝘁𝗲𝗿𝗿𝗶𝘁 𝘀𝘂𝗿 𝗹𝗮 𝘁𝗲̂𝘁𝗲 𝗱’𝘂𝗻𝗲 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗲́𝘁𝗮𝗶𝘁 𝗲𝗻 𝘁𝗿𝗮𝗶𝗻, 𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶, 𝗱𝗲 𝘀’𝗲𝗻𝗳𝘂𝗶𝗿.
👉 Elle saigne, elle est un peu désorientée même si elle peut compter sur ses camarades qui la soutiennent et veulent la mettre à l’abri tandis que les forces du désordre continuent à nous chasser alors que nous sommes quasiment rendu-es cour d’Albret.
🙏 Par chance, nous passons devant l’appart d’un Street Medic qui, ayant entendu les détonations est venu porter secours.
😍 Il prodigue les premiers soins à la jeune fille, désinfecte ma plaie et me colle un pansement.
🤔 𝗖𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗿𝗲𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝗿 𝗲𝗻 𝗲́𝘃𝗶𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗼𝗹𝗶𝗰𝗶𝗲𝗿𝘀, 𝗻𝗼𝗺𝗯𝗿𝗲𝘂𝘅, 𝗽𝗮𝗿𝘁𝗶𝘀 𝗲𝗻 𝗰𝗵𝗮𝘀𝘀𝗲 ?
👉 Nous trouvons une placette et décidons d’y rester sans bouger en laissant les bleus passer devant nous en espérant que ça passe.
👉 Et ça passe, ça défile même.
🚓 𝗗𝗲𝘀 𝗽𝗼𝗹𝗶𝗰𝗶𝗲𝗿-𝗲𝘀 𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗲́𝗾𝘂𝗶𝗽𝗲́-𝗲𝘀, 𝗱𝗲𝘀 𝘃𝗼𝗶𝘁𝘂𝗿𝗲𝘀, 𝗱𝗲𝘀 𝗰𝗮𝗺𝗶𝗼𝗻𝘀, 𝘂𝗻 𝗱𝗿𝗼𝗻𝗲...
🙄 On se sent chanceuses d’être sorties de leur ligne de mire mais qu’en est-il de tous ces jeunes ?
🥵 𝗔 𝗹’𝗵𝗲𝘂𝗿𝗲 𝗼𝘂̀ 𝗷𝗲 𝘃𝗼𝘂𝘀 𝗲́𝗰𝗿𝗶𝘀, 𝗷𝗲 𝗻𝗲 𝘀𝗮𝗶𝘀 𝗽𝗮𝘀 𝘀’𝗶𝗹 𝘆 𝗮 𝗲𝘂 𝗱𝗲𝘀 𝗮𝗿𝗿𝗲𝘀𝘁𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻𝘀 𝘀𝘂𝗽𝗽𝗹𝗲́𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗮𝘂𝘅 𝟭𝟮 𝗾𝘂𝗶 𝗼𝗻𝘁 𝗲𝘂 𝗹𝗶𝗲𝘂 𝗱𝗮𝗻𝘀 𝗹𝗮 𝗷𝗼𝘂𝗿𝗻𝗲́𝗲.
👉 La jeune fille blessée à la tête avait l’intention de porter plainte.
🤔 Ira-t-elle jusqu’au bout ?
👉 Ce jour, toutes les personnes gardées à vue n’étaient pas sorties.
👉 Certaines seront libérées que demain au bout du bout des 48h maximal de rétention.
💪🏾 Plus que jamais, je tiens à rappeler 𝗹’𝗶𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗮𝗻𝗰𝗲 𝗱𝗲 𝗰𝗼𝗻𝗻𝗮𝗶𝘁𝗿𝗲 𝘀𝗲𝘀 𝗱𝗿𝗼𝗶𝘁𝘀, 𝗹𝗮 𝗻𝗲́𝗰𝗲𝘀𝘀𝗶𝘁𝗲́ 𝗱𝗲 𝘁𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗰𝗼𝗺𝗽𝘁𝗲 𝗱𝘂 𝗰𝗼𝗹𝗹𝗲𝗰𝘁𝗶𝗳, et bien sûr la volonté de ne rien lâcher face à l’Etat policier.
🪧 Entre 6 000 et 10 000 personnes ont défilé hier à Bordeaux.
🙄 On est bien loin du record du mouvement « retraites » où près de 60 000 personnes avaient battu le pavé.
🥵 Pourtant tout est pire.
🥵 𝗘𝘁 𝗰𝗲𝘁𝘁𝗲 𝗷𝗲𝘂𝗻𝗲𝘀𝘀𝗲 𝗾𝘂𝗶 𝗯𝗼𝘂𝘁 𝗹𝗲 𝘀𝗮𝗶𝘁 𝘃𝗶𝘀𝗶𝗯𝗹𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗺𝗶𝗲𝘂𝘅 𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗼𝘂𝘀 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝘀𝗮 𝗿𝗮𝗴𝗲 𝗮𝘂 𝗰𝗼𝗲𝘂𝗿 𝗲𝘁 𝘀𝗼𝗻 𝗮𝘃𝗲𝗻𝗶𝗿 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗾𝘂’𝗶𝗻𝗰𝗲𝗿𝘁𝗮𝗶𝗻 !
💪🏾 Haut les coeurs !
👉 Des actions sont encore prévues tout ce week-end, notamment contre la venue de Marine Le Pen et de Bardella à Bordeaux.
😤 En attendant, Macron règne en maitre, continue de nommer des premiers sinistres, toujours plus droitiers, toujours illégitimes.
🤝 𝗙𝗮𝗰𝗲 𝗮̀ 𝗠𝗮𝗰𝗿𝗼𝗻 𝗲𝘁 𝘀𝗼𝗻 𝗺𝗼𝗻𝗱𝗲, 𝗹𝗮 𝘀𝗼𝗹𝗶𝗱𝗮𝗿𝗶𝘁𝗲́ 𝗲𝘀𝘁 𝗻𝗼𝘁𝗿𝗲 𝗮𝗿𝗺𝗲.
💬 Myriam Eckert - Conseillère municipale pour Bordeaux En Luttes