Qu’aurions nous fait ?

... et que ferons nous ?

par Roger Poulet.
Mis à jour le jeudi 4 octobre 2018

Qu’aurions nous fait… et que ferons nous ?

C’est un article de Nadège dans Ricochets, en date du 18 juin, (« Je crois comprendre comment cela fut possible... »),qui m’a remis en mémoire des interrogations qui m’ont accompagné très souvent, et qui sont encore d’actualité.
Je n’ai bien sûr pas vécu directement les années de la guerre de 39-45, mais j’en ai beaucoup entendu parler dans mon entourage immédiat. La question que je me suis posée et que je pense de nombreuses personnes se posent est : « qu’aurais je fait si j’avais vécu dans cette période troublée ? Est ce que j’aurais choisi le bon camp ? Jusqu’où me serais je engagé, alors que les risques étaient considérables ?

Je suis né dans une ferme qui abritait des résistants et où des personnes sont venues se cacher.
Lorsque j’ai eu besoin d’un instrument de musique pour mes premières études, il était déjà là, abandonné par un Alsacien qui avait été caché durant la guerre.
Qui était-il ? Etait-il juif, résistant, malgré-nous, tzigane ?...
Je n’ai pas été assez curieux et il n’y a aujourd’hui plus personne pour me renseigner.
Je peux supposer que je n’aurais pas choisi le mauvais camp, tant l’environnement dans lequel on évolue dans les premières années, conditionne les engagements ultérieurs.

Mais on peut parfois avoir quelques surprises.
Jean Moulin, fils de notable, préfet, (je viens juste de lire un livre sur sa vie…) a été un résistant de la première heure, alors que certains, issus de la gauche, (il est vrai peu nombreux), se sont vautré dans la collaboration. D’autre part, résister ne consistait pas obligatoirement à prendre les armes.
Ils ont été nombreux, de toutes obédiences, dans la vallée de la Drôme, à avoir eu une conduite exemplaire. Ils n’auront pas leur rue à Crest... d’ailleurs toutes les rues de la ville n’y suffiraient pas !

Peut-on maintenant comparer la situation en temps de guerre avec la situation actuelle ?

La situation est certes sensiblement différente. Pourtant certains signes sont extrêmement inquiétants : des citoyens qui ne font qu’appliquer des règles élémentaires d’humanité sont poursuivis, alors que les apprentis fascistes peuvent s’en donner à cœur joie, que ce soit à
Lyon ou à la frontière italienne, sans être inquiétés. L’attitude de l’ex ministre de l’intérieur
a été pour le moins ambiguë. Gageons que le successeur ne fera pas mieux
Devant les répressions multiples qui s’abattent sur les travailleurs, les étudiants, les zadistes…
etc... on peut appeler à des actions de résistance qui peuvent prendre des formes diverses,
mais qui peuvent légitimement s’affranchir de la légalité devant la brutalité du pouvoir en place.
Il y a heureusement des signes d’espoir avec des jeunes qui ne se contentent pas de palabrer, mais qui agissent, et de manière étonnamment efficace. Chez nous, les « nouveaux sauvages » se mobilisent de façon exemplaire pour l’accueil des réfugiés, et avec eux toute la vallée de la Drôme.
Les résistants des années 40 étaient aussi en général très jeunes.
En face, les « nouveaux collabos » utilisent tous les moyens de coercition que leur offre le pouvoir.
On en connaît de par chez nous. Je ne citerai pas de nom, mais suivez mon regard.
Et au milieu, il y a la grande masse des indifférents, ou qui se prétendent tels, et qui parfois regardent de travers ceux qui se bougent.
On dit souvent que ceux qui acclamaient le général De Gaulle à la libération en 1945 étaient les mêmes qui ovationnaient Pétain quelques semaines auparavant.
Quand on pense que si seulement 15 % de clients des banques pourries fermaient leurs comptes,
celles-ci pourraient fermer boutique, il y a de quoi se décourager.

Quand les gens auront conscience de leurs pouvoirs, on aura fait un grand pas vers un monde meilleur.


2 Messages

  • Qu’aurions nous fait ? Le 4 octobre à 11:22, par Camille Z

    Sur le sujet de la résistance dans la Vallée, voir peut-être :
    NOUVEAUX REGARDS SUR LES CITÉS DU SAUVETAGE DES JUIFS.- Des études toutes récentes comparant ce qui s’est passé à Dieulefit, Moissac et Le Chambon sur Lignon nous raconte une histoire plus subtile de ce qui s’est passé dans les heures terribles de la guerre. C’est ici : https://tvvaldedrome.com

    Répondre à ce message

  • Qu’aurions nous fait ? Le 4 octobre à 14:00, par Roger Poulet

    Je vais regarder ça en priorité.
    Il y a des historiens « locaux » qui font du bon boulot pour que la mémoire ne s’efface pas.

    Répondre à ce message

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