Porteuse d’océan

par David Myriam.
Mis à jour le mercredi 31 janvier 2018

Je suis porteuse d’un océan, des vagues sans cesse s’abîment sur mon visage et une flaque humide s’étend autour de moi.

Une mer déchaînée s’agite dans ma tête, je m’efforce d’en faire jaillir une source pure, le goût du sel me reste dans la bouche.

Je suis une forêt d’arbres de toute essence, le vent crée une mosaïque d’ombres et de lumières entre les branches de mon cerveau bourgeonnant. Des feuilles s’envolent, des branches mortes tombent au sol, je dois planter partout de nouvelles pousses, nourries de la sève de l’eau d’ici et de là.

Je suis une pluie d’étoiles dans le soir permanent, une aurore boréale destinée à éclairer l’hiver glacé qui a perdu le chemin du printemps.

Un fleuve géant me traverse, je me laisse emporter et je voudrais emmener toute l’humanité sur mon frêle esquif.

Je suis un coin de ciel, une déchirure dans les nuages gris, des milliers d’hirondelles hibernent dans mes cheveux d’azur.

Je suis un volcan en furie, mes souterrains de lave ne demandent qu’à faire irruption pour brûler les dépotoirs et fertiliser les sols arides.

Je suis une tempête de neige, des milliers de flocons dansent devant mes yeux et ne demandent qu’à fondre droit sur votre nez.

Je suis ouverte sur l’infini, petite porte rouillée qui s’entrouvre sur d’autres espaces.

Des milliards de voix s’emparent de mon corps, je les laisse crier leurs douleurs et leurs envies d’autres voies.

Je suis une Terre entière qui tourne dans la nuit, éclairée par les étoiles et chauffée par le soleil, je porterai la vie dans mon eau intérieure.

Je suis une dune immense, qui ondule au gré du souffle et de l’onde, qui lèche la mer et la terre, dont chaque grain est une poussière de monde.

Je suis une main qui se tend, une foule de mains qui s’ouvrent pour cueillir la pluie et saisir des brassées de mystères.

Je suis une bibliothèque vierge, des milliards de signes s’impriment sur mes pages qui se tournent au gré du temps.

Je suis un grain de sable, plein d’énergie de vides, qui reflète l’univers et file à des années-lumière.

Je ne suis rien qu’un être d’homme dans la foule anonyme, une passerelle un abîme qui ne demandent qu’à être franchis pour atteindre l’autre rive.

David Myriam - 2005

- Et n’oubliez-pas, vendredi 2 février à Crest à partir de 19h : la 2e nuit de la poésie


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