Paris le 24 novembre : pas d’ultra-droite mais une insurrection populaire

Un témoignage de Hedi Taleb, présent sur place

par Camille Z.
Mis à jour le lundi 26 novembre 2018

Voici le témoignage de Hedi Taleb sur un post de sa page Facebook (où vous trouverez des photos).
Soyons sourds aux mensonges manipulateurs du gouvernement, du sinistre Castaner et de certains merdias.

Alors non, définitivement ce n’était pas l’ultra-droite sur les Champs, c’est de la grossière propagande (je suis resté toute la journée et j’ai parlé à beaucoup de monde).
Déjà c’était vraiment de toutes tendances identifiables (gauche comme droite), mais surtout c’était en fait totalement a-partisan, AUCUN drapeau ou signe de parti politique, la plupart des slogans (qui n’étaient que très rarement sur des pancartes, mais étaient écrits sur les gilets) tournaient autour du clivage peuple/salariés/pauvres vs élites/Macron/patrons.
L’ultra-droite qui met des keffiehs, qui porte des dreads, qui signe « ACAB », qui écrit « mort aux riches », j’ai même lu « non aux racistes » ou encore le « fâché pas facho », et par ailleurs une partie de Noirs/Arabes (pas beaucoup mais pas rien non plus), j’en veux tous les jours - après il y avait aussi des gens d’extrême-droite c’est vrai, j’ai vu un drapeau avec le Sacré cœur vendéen par exemple, mais ce n’était pas la dominante, ni en terme de participants ni dans la coloration politique qui se dégageait de l’ensemble.
A mon avis s’il y a une tendance majoritaire c’est celle de l’abstentionnisme, des gens avec peu de capitaux politiques, qui expriment un sentiment d’inégalité avant tout et enragé, de ras-le-bol, des soulés du système en fait (bien qu’ils ne soient pas les plus pauvres, plus des petites classes moyennes et le haut des classes populaires). Le seul mot d’ordre c’était « Macron démission ». Je n’ai pas lu une seule fois un truc en rapport avec le FN ou Le Pen.
Et au passage ce n’était pas vraiment une manif, c’était au mieux une manif insurrectionnelle, sinon une émeute franchement, toute la journée a consisté à défier les keufs pour essayer d’aller à l’Élysée, non avec une poignée de jeunes excités comme en fin de manif de gauche, mais avec des gens de tout âge dont beaucoup n’en avaient pas l’habitude.
Et une bonne ambiance ma foi, un sentiment de solidarité, de « faire peuple », ce n’est pas ordinaire, pas de cortèges ou de chapelles (syndicales, partisanes ou autres) qui scindent voire clivent, tout le monde au même niveau, des soulés qui se rassemblement en fait - sur un mode populiste transpartisan, en miroir du macronisme qui génère cela car il en est l’exact opposé, un rassemblement « élitiste » gauche-droite.
Et puis des barricades (avec tout ce qu’on trouvait sur place), des feux à tout-va, les Champs complètement défoncés, les pavés enlevés comme en 68, c’était un mood insurrectionnel. S’il y avait eu plus de gens de gauche et les quartiers populaires en masse, c’était la révolution ;-)


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