Les Gilets jaunes : premier mouvement social écologiste de masse ?

Municipalisme libertaire et convivialisme

par Camille Pierrette.
Mis à jour le mardi 22 janvier 2019

Le mouvement des Gilets jaunes, explique l’auteur de cette tribune, est une chance pour l’écologie politique car il démontre qu’une écologie populaire est possible.

- Les Gilets jaunes sont le premier mouvement social écologiste de masse

Enfin un mouvement de contestation, un soulèvement, qui va plus loin que les préoccupations de bien être et de bio à courte vue, que les marches pour demander des mesures/solutions aux dirigeants sociopathes et irrationnels qui ne veulent/peuvent rien changer au système qui partout détruit le vivant.

- Extraits de l’article :

Les Gilets jaunes enracinés dans des territoires déshérités, refusent ce mode de vie contraint en insistant sur la relocalisation de l’économie et des activités, sur les circuits courts, sur la proximité, ils remettent en cause la logique de métropolisation, de gentrification. Ils veulent comme les régionalistes et les écologistes des années 1970 « vivre et travailler au pays ». Les Gilets jaunes sont un mouvement de survie écologique contre la tendance générale du capitalisme, l’expulsion : expulsion des paysans par les accapareurs de terre, expulsion des ouvriers par les délocalisations, expulsion des locataires de leur logement ou des petits propriétaires chassés de leurs maisons parce qu’incapables de rembourser leurs traites, expulsion des habitants des villes petites et moyennes, faute de services publics, de petits commerces, expulsion de la terre des ressources naturelles et des matières premières par les multinationales…

Mais ce mouvement dans son fonctionnement même est social écologiste. L’émergence d’un sujet autonome qui se défie de toutes les instances intermédiaires (partis, syndicats, associations), et fixe son propre agenda à partir de ses besoins est à la fois dans son essence communaliste en agissant localement et en pensant globalement. L’autonomie du mouvement par l’utilisation massive des outils numériques pour son autoorganisation, l’absence de porte-paroles élus et identifiés, la dynamique imprévisible de l’action s’apparente au municipalisme libertaire et à l’écologie sociale théorisée par Murray Bookchin. Il rappelle l’organisation des Zad et s’assortit au convivialisme par la fraternité et la sororité des ronds-points. Cette dynamique de l’entraide, de la coopération, cette joie de se reconnaître comme « nous », où le rôle des femmes est essentiel, cette leçon-là ne sera pas perdue pour l’avenir, quel qu’il soit.


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