Le dernier continent

Une exploration intérieure

par consciuslibera.
Mis à jour le samedi 13 janvier 2018

Nous voulons changer le monde ? Quoi de mieux que de revenir en soi ! Comment le monde pourrait-il changer sans changement individuel ?

Toutes les limitations et remontées émotionnelles que nous vivons adultes, sont celles d’enfants intérieurs en souffrance, des enfants que nous avons été, des enfants oubliés, si longtemps prisonniers dans les oubliettes du passé, et qui pourtant existent toujours dans une dimension émotionnelle et énergétique. Ces enfants en souffrance aimantent le même type de situations analogue à celles qu’ils ont vécu de façon traumatiques, et adultes, nous revivons sans cesse les mêmes galères.

Si nous voyons dans la rue un enfant en détresse, nous lui portons immédiatement secours, mais nous ne faisons pas la même chose avec nos enfants intérieurs, qui en ont tant besoin. Qu’attendons-nous pour aller les retrouver (par un travail thérapeutique) et leur donner l’amour qu’ils n’ont pas reçu dans leur temps ?

Nous vivons nos vies comme nous avons vécus nos vies intra-utérines. Il se passe tellement de choses dans le ventre de nos mères. Alors que peut-il s’y passer qui se répercute dans nos vies d’adultes ?

Difficile de dresser un tableau exhaustif en quelques lignes, voici pourtant quelques exemples.

Une femme apprend qu’elle est enceinte. Que d’émotions condensées dans ce moment ! Des émotions bien souvent contradictoires. Ça peut être un mélange de joie, de soulagement, mais aussi de peur, ou de désespoir… Même dans les situations où les parents ont le projet d’avoir un enfant, ce n’est jamais évident pour une femme d’être enceinte au moment idéal pour elle, réunissant les meilleures conditions pour accueillir au mieux un enfant. Où en est la stabilité du couple ? La situation financière ? Et surtout, la mère fait face à son propre vécu émotionnel de fœtus lorsqu’elle était encore dans le ventre de sa maman à elle. Quand une femme, qui apprend qu’elle est enceinte, ressent de la peur, ne serait-ce que quelques secondes, même dans le cas où elle est ensuite satisfaite, et bien cela suffit pour que le fœtus ressente et s’identifie à cette émotion de peur. Il va croire que sa maman a peur de lui, et le rejette. Alors qu’en fait sa maman n’a pas peur de lui en tant qu’être, mais ce sont plutôt les conséquences d’avoir un enfant qu’elle redoute.

Voici un second exemple. Une mère est enceinte. Elle est triste parce que son père est mort. Le bébé dans son ventre ressent cette tristesse. Il s’identifie à ce sentiment et croit que la mère est triste à cause de lui. Il pense qu’il gêne, va se vivre comme étant un fardeau et pourra « porter ce poids » toute sa vie. Le problème ne vient pas du fait que la maman soit triste, le problème vient du fait qu’elle ne sache pas communiquer au fœtus qu’il n’a rien à voir avec cette tristesse, sentiment qui ne le concerne pas, afin qu’il puisse s’en dégager. Alors que cette situation semble banale pour un adulte, elle peut être traumatisante pour un fœtus, qui manque cruellement d’informations.

Même dans le cas d’un accouchement qui se passerait paisiblement pour une mère (ce qui n’est déjà pas évident), et bien la naissance pour le bébé ne va pas forcément de soi, et dans la majorité des cas est très difficile, pouvant être associée à un vécu d’étouffement, de mort, de sorties de corps… L’accouchement (pour la maman) et la naissance (pour le bébé) sont deux vécus totalement différents.

Et qu’en est-il pour les situations de tentative d’avortement, de perte d’un jumeau, ou bien quand les parents attendent inconsciemment un garçon alors que c’est une fille, avec en plus la volonté de remplacer un enfant précédent décédé…

Dans tous ces cas, des marquages très puissants s’enkystent chez le fœtus avec la conviction qu’il n’est pas comme il faut pour être aimé. Il faut donc qu’il soit différent de ce qu’il est pour répondre aux attentes des parents. Il redoutera leur regard, aura peur d’être jugé, et comme il a tant besoin d’amour, il se conformera à ce qu’il ressent qu’on attend de lui. Se crée ainsi le terreau de comportements névrotiques, voir psychotiques pour les situations les plus marquantes.

Bien sûr, ce n’est pas la faute à la maman de ressentir quelques émotions que ce soit. En neuf mois de grossesse, une femme passe forcément par plein d’émotions souvent contradictoires. Et ceci est vraiment déculpabilisant. Le problème réside dans le fait que le fœtus ressent toutes les émotions de sa maman, et va s’y identifier, sans avoir aucune explication.

Pour la pensée culturelle dominante de notre société, n’existe que ce qui est physique. Avec cette croyance, certains diront que le fœtus de quelques mois n’est pas en état de percevoir quoi que ce soit, puisqu’il n’est pas encore totalement formé. Pourtant, il y a d’autres réalités que la seule réalité physique. Le fœtus est très conscient et hyper sensible dans les dimensions émotionnelles et énergétiques.

Si nous pensons que le fœtus ne ressent rien, alors à quoi bon lui parler ? Mais si nous pensons qu’il est un être ultra-sensible, alors quoi de plus naturel pour une maman que de lui parler, de lui communiquer toutes les informations qu’il ne peut pas savoir sur ce qu’elle est en train de vivre ? Ce ne sont pas les mots en tant que tels qu’il comprendra, ce sont les formes énergétiques et émotionnelles données par les mots qu’il percevra, avec la volonté de sa maman de le rassurer et d’être en connexion avec lui.

Après avoir exploré la surface de la terre, les seules parties qui demeurent encore inexplorées sont les fonds marins abyssaux, comme une métaphore de notre continent intérieur, ce dernier continent à explorer.

Léo Polly


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