La transition écologique : un super moyen de continuer le désastre du capitalisme !?

La « transition écologique », ou débloquer plein de thunes pour perpétuer les ravages de la civilisation industrielle...

par Les Indiens du Futur.
Mis à jour le jeudi 22 août 2019

Voici un post de N. Casaux sur le sujet crucial du détournement de l’attention, de la peur légitime, de l’énergie et de l’argent vers des voies désastreuses, afin que le système industriel et capitalisme, les Etats et leurs non-démocraties, puissent continuer sans trop d’encombre à amasser les profits (et mêmes les augmenter, grâce aux subventions publiques prises sur nos impôts) et à consolider leurs pouvoirs.
Toutes choses qui aggravent dramatiquement les ravages en cours au lieu d’améliorer la situation, et qui sont promues et défendues par les merdias au main des milliardaires ou de l’Etat, par quasi tous les politiciens, les journalistes et éditorialistes de Cour, nombre de figures médiatiques et autres dangereux aveugles volontaires.

LA « TRANSITION ÉCOLOGIQUE » OUBLOQUER PLEIN DE THUNES POUR PERPÉTUER LESASTRE

Greta Thunberg a-t-elle introduit dans le débat public un questionnement sur la véritable nature de nos régimes politiques ? A-t-elle permis de propager une remise en question de nos aristocraties électives ? De l’État en tant qu’ « Autorité politique souveraine, civile, militaire ou éventuellement religieuse, considérée comme une personne juridique et morale, à laquelle est soumise un groupement humain, vivant sur un territoire donné » ? A-t-elle incité à questionner la nature de ce que la doxa nomme le « développement » (sa raison d’être, son objectif, ses instigateurs, ses effets) ? A-t-elle initié un examen de l’industrialisme et/ou du machinisme, qui sont au cœur de nos sociétés modernes et qui sont indissociables de leurs effets écologiques (comme le réchauffement climatique) ? A-t-elle amorcé une discussion sur les liens entre les différents types de technologies qui existent et la nature des différentes formes d’organisation sociale qu’ils induisent ? A-t-elle engagé une critique du capitalisme, de ses logiques et de ses dynamiques, qui sont, elles aussi, indissociables de la catastrophe écologique (et sociale) en cours ? Une critique de l’idée de « progrès » ?

Non. Vraiment pas. Rien de tout ça. Son discours, relativement conventionnel, développementiste (il faut que l’Afrique se développe, etc.), se contente de blâmer certains dirigeants pour leur inaction, et les exhorte à entreprendre urgemment cette fameuse « transition écologique » que l’on nous fait miroiter depuis déjà quelques années : faire en sorte de ramener les émissions de CO2 de nos sociétés à zéro (en développant massivement les industries des énergies dites « renouvelables », en promouvant l’économie circulaire, ou du partage, ou verte, ou en développant les industries de stockage et capture du carbone, ou en développant le nucléaire, parce que « les scientifiques » disent que c’est une chose à faire et qu’il nous faut nous « unir derrière la science », ainsi que le veut son slogan préféré).

La transition écologique, pour perpétuer le capitalisme et ses désastres ?


Sa médiatisation n’est qu’un divertissement de plus et une façon d’encourager les populations qui y sont les plus réceptives à demander elles-mêmes le déblocage de milliers de milliards d’euros pour financer un secteur déjà en plein essor de la société industrielle capitaliste. La mise en scène d’une opposition d’opérette dans le but de nourrir une pseudo-contestation.

Le baratin iréniste de la tribune intitulée « Écologie, climat : l’effondrement n’est pas inéluctable », récemment publiée sur le site du journal Le Monde, sert le même objectif. Ses signataires : Geneviève Ancel, cofondatrice des Dialogues en humanité ; Isabelle Delannoy, dirigeante fondatrice de DO Green - Économie symbiotique, grande prêtresse du greenwashing et grande amie de Cyril Dion ; Gaël Giraud, professeur à l’École nationale des ponts et chaussées et chef économiste de l’Agence française de développement, qui s’est fait connaître pour ses dénonciations du système financier et ses mises en garde face à un effondrement qui menacerait la société industrielle, tout en travaillant pour cette ignoble institution néocolonialiste et développementiste qu’est l’AFD ; Alain Grandjean, président de la Fondation Nicolas Hulot ; Jean Jouzel, directeur de recherche émérite au CEA (enflure nucléariste) et membre de l’Académie des sciences ; Jacques Lecomte, président d’honneur de l’Association française de psychologie positive et chrétien fanatique (pas un hasard si on retrouve ici un tel charlatan, auteur d’un incroyable "Le Monde va beaucoup mieux que vous ne le croyez !" dans lequel il reprend les absurdités du célèbre capitaliste états-unien Steven Pinker selon lequel en réalité tout va de mieux en mieux, étant donné que le PIB grimpe, que la démocratie a triomphé, etc.).

Nos courageux tribuns « plaident […] pour une mobilisation concertée alliant militance citoyenne, décideurs politiques et entreprises ». Bon sang, mais c’est bien sûr ! À l’unisson, la grande et heureuse famille que nous sommes — PDG, ministres, présidents, gilets jaunes éborgnés, migrants tabassés, chômeurs harcelés, startupeurs enjoués, militants écroués, etc. — devrait se serrer les coudes, et créer enfin cette formidable société écoindustrielle capitaliste qui est possible. « Chacun de nous » devrait « agir à sa place, depuis le plus humble citoyen jusqu’aux plus hauts décideurs politiques, financiers et industriels ». « L’argent ne manque pas et différentes solutions techniques ont été proposées. Nous avons surtout besoin d’une orientation déterminée et vigoureuse des instruments et des normes économiques et financiers mobilisant les entreprises vers une économie bas carbone […]. Les pouvoirs publics doivent agir avec réalisme et fermeté. »

Aucune remise en question de quoi que ce soit. Toutes les omissions habituelles : aucune mention des intérêts contradictoires et conflictuels qui existent au sein de nos sociétés, des aspirations contradictoires et conflictuelles. Il faut juste que les pouvoirs publics, les décideurs et les industriels agissent, l’argent existe, des solutions techniques, nous pouvons rendre la société industrielle capitaliste neutre en carbone (leur seul objectif).
Bref, l’écologie médiatique, quelle misère.

P.-S.

- Pour se défriser les neurones et agir dans des directions plus cohérentes, voir notamment :


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