Gilets jaunes : le neuf et la décrépitude

par Etienne Maillet.
Mis à jour le lundi 26 novembre 2018

Un de effets collatéraux du mouvement des Gilets jaunes aura été de faire se côtoyer, se rencontrer, des citoyens que les clivages traditionnels semblaient séparer : socialistes déçus, anarchistes, communistes de base, libéraux radicaux, déçus de la politicaille. Leur point commun, au-delà des étiquettes ? Des revenus insuffisants pour vivre décemment. Car tel semble bien être le seul clivage pertinent : les revenus.

D’une part ceux qui s’accommodent de la situation, veulent des voitures électriques, des maisons bien chauffées par des chaudières non polluantes.
D’autre part, ceux pour lesquels les biens de première nécessité - toit, vêtements, et même nourriture - sont devenus inaccessibles. Pour eux ; l’écologie est un luxe. Comme le disait un mien énarque professeur (qui faisait des ménages en plus de sa paie de fonctionnaire), les révolutions ont peu à voir avec les idées politiques : mais dès que l’on attaque le ventre et la survie, alors les pouvoirs ont du souci à se faire. Nous y sommes.

Accent pointu, idées émoussées

Un autre constat frappant est que les médias « institutionnels ‘ nous auront abreuvé jusqu’à plus soif d’analyses savantes d’orateurs spécialistes supposés qualifiés : l’inévitable sociologue Jean-Viard, marseillais au lourd passé de copinage socialiste (il porte casaque En Marche aujourd’hui), l’ineffable Michèle Cotta – ex-présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle, poste où l’avait nommée le socialo-pétainiste F. Miterrand - grande bourgeoise à l’ascendance dorée et à la vacuité intellectuelle éclatante (ses propos sont tellement banals et aseptisés qu’on jurerait qu’elle se situe politiquement au centre), sans oublier une pléthore de professeurs de Sciences politiques à l’accent pointu et aux idées émoussées. Leur point commun ? Ne pas avoir participé au mouvement des Gilets jaunes, que sans vergogne ils analysent comme s’ils en savaient plus que les participants eux-mêmes. Décryptage…ou plutôt propagande ?

L’incompétence au pouvoir

C’est devenu une habitude tellement ancrée que personne ne remarque plus que les prétendus spécialistes ignorent parfaitement l’objet dont ils parlent. Ainsi les politiciens déblatérant sur le travail n’ont-t-ils pour la plupart jamais travaillé ; les fonctionnaires chargés d’accompagner la précarité ont la garantie de l’emploi, le directeur général de Pôle emploi est une énarque de la promotion Voltaire, clique d’où est sortie le tout également inepte François Hollande. Dans la Drôme, la présidente du machin qu’on appelle conseil départemental est la fille de son père, qui occupait le même trône.

Et ainsi tout à l’avenant. Or comment qualifier qui ne connait pas son sujet sinon d’incompétent ? Ainsi l’incompétence est-elle désormais au pouvoir partout en France. France où l’on acquiert position et pouvoir non pas par le mérité, l’expérience, le travail, mais par copinage, réseaux, népotisme, naissance.
Comme au bon vieux temps de l’Ancien régime...


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