Fronde Linky

Avis de turbulences électro-politiques dans le Diois

par Etienne Maillet.
Mis à jour le dimanche 18 février 2018

Une salle bien pleine, emplie de cerveaux citoyens bien faits, venus apprendre à quoi l’installation des « capteurs » Linky, désormais imminente dans le Diois, les expose.
« Un scandale industriel bien pire que l’amiante, une menace potentiellement explosive, d’autant que les jeunes générations y sont exposée dès l’enfance, notamment à l’école où les tablette sont connectée en wifi plusieurs heures par jour » sera-t-il souligné.
Voici le tableau qu’auront dressé jeudi 15 février, à Crest, salle des Amapes, à l’initiative de Bruno Monier, spécialiste de l’habitat sain, rejoint par l’association des victimes de l’exposition aux rayonnements du quotidien, Poem26, et la Transition collective du Valentinois.

Capteurs, pas compteurs

Le Linky ? Non plus compteur d’énergie, mais bien capteur de données, selon la terminologie même d’ENEDIS, révélant la véritable intention de son déploiement : capter sur le dos ce chacun de juteuses informations pour en faire profit. Qui a permis ainsi à ENEDIS d’abandonner la mission de service publique de distribution de l’énergie confiée par l’Etat, pour se tourner vers la vente de données ?

Les électro-sensibles de Poem 26 ont fait état d’une variété de symptômes, étonnamment convergents dans leur schéma de survenue, symptômes qu’étudient le professeur de médecine Belpomme.

Sous la diversité des manifestations se dessinent quelques régularités. A une phase inaugurale signée par des céphalées, raideurs musculaires, acouphènes, paresthésies, sensations désagréable d’ivresse, etc, succède du jour au lendemain une « phase d’état », marquée par la fatigue chronique, l’irritabilité, la dépression, l’insomnie, les tendances suicidaires, la désocialisation. Phase apparemment irréversible.

" L’exposition se cumule jour après jour. Au-delà d’un certain seuil, nous sommes tous à risque," expliquèrent en des témoignages saisissants deux victimes électro-sensibles romanaises.
« Du jour au lendemain, le quotidien devient invivable. Pour survivre, nous sommes contraints à l’exil social, au chômage…Même se faire soigner même est une douleur : l’appareillage médical rayonne de partout ».

Electro-sensibilité : les bases biologiques

La biosphère a co-évolé avec les champs électro-magnétique naturels depuis quelque cinq milliards d’années. Les champs électro-magnétiques artificiels, anthropiques, apparaissent il y a 150 ans seulement [1] et saturent nos environnements proches (la proximité des sources change tout) d’un smog électro-magnétique aux formes d’onde et fréquence inédites dans toute l’histoire de la vie.

Avec en tête les lois élémentaires de l’électromagnétisme, de la biologie, de la neurologie, du signal, comment ne pas penser que notre peau, riche de tant de terminaisons nerveuses, véritable prolongement de notre cerveau, issue comme lui des mêmes cellules de l’embryon, comment la peau, notre sens le plus massif, principal organe de notre relation au monde, sens-enveloppe, moi-peau, comment ne pas penser que l’exposition proximale du corps et de son enveloppe sensible à des champs électromagnétiques d’une puissance et d’une forme inédites dans l’évolution de la biosphère, comment ne pas penser qu’une telle exposition massive ne puisse retentir dans toute la personne – paresthésies, contraction respiratoire, crampes, hyper sensibilités cutanées, sensations de palpitions douloureuses, « vagues d’aiguilles » - et au-delà dans l’être entier : angoisses, insomnie, envies suicidaires ? L’un des membres de l’association POEM 26 s’est suicidé l’année dernière.

Dans l’assistance, une dame âgée rapporte avoir connaissance d’une grand-mère qui refuse d’abord le Linky. Mais elle dut se résigner devant l’agent menteur la menaçant de 800 euros de frais : « Dans ce cas, installez-le… ».
Installateurs formés à l’arrache, payés à l’installation : « C’est l’origine de plusieurs feux  », explique un électricien du Collectif.
« Mais il y a pire : l’installateur qui change d’office un compteur ne s’ennuie pas à prévenir les occupants. Souvent au changement du compteur, l’installation intérieure disjoncte. Si c’est un vendredi, que l’occupant est parti en week-end adieu le congélateur. Mais, il pourrait y avoir pire : imaginez que l’occupant soit sous dyalise ou assistance respiratoire ? »

Le déploiement imposé du Linky viole la loi

La Transition collective du valentinois relève, textes à l’appui que le déploiement du Linky contrevient à dix lois au moins.

En tout premier lieu le Linky n’est nullement obligatoire. La loi de transition énergétique ne le mentionne pas. Le président d’ERDF (devenu ENEDIS) le reconnait devant une commission de l’Assemblée nationale.

Il y a violation du droit de propriété, quand les agents pénètrent chez vous pour changer d’autorité un appareil.
Violation, lorsque l’on fait croire à l’usager qu’il ne peut qu’accepter les conditions générales de vente du Linky. « Ne signez rien, n’acceptez aucun changement. Vous êtes dans votre droit ! » martèle le collectif Transition du Diois.

Le Linky ? Il Viole également la loi sur la confidentialité des données. Car on ne vous demande pas votre consentement pour tout savoir sur votre vie privée. Quand vous vous vous réveillez, allumez votre cafetière, prenez une douche, faites une machine : quelle marque de machine vous utilisez, chacune ayant sa « signature » électrique, et même quel programme de télé vous regardez !
Ces données croisées avec d’autres – votre surf sur internet, vos dépenses électroniques, les données des caméras à reconnaissances de visage capables de vous identifier dans la rue, un aéroport, suivre vos déplacements dans une ville - tout cela constitue une manne pour orienter les comportements de masse vers la consommation : un juteux marché.

Il y a plus à venir. Le Linky peut techniquement fonctionner dans les deux sens :
1 - Collecter des données sur vous.
2 - Vous fournir des contenus - télé, web, gestion déportée de la maison connectée (allumer, éteindre votre chauffage, par exemple). Le Linky devient un capteur/box. Le tout sous Java, un code aisément piratable.

Comment refuser Linky ?

Comment refuser Linky ? Le premier pas est la lettre recommandée à ENEDIS de refus du compteur Linky avec accusé de réception.
Le Collectif Transition collective du Valentinois avertit toutefois : " Ne croyez pas être protégé, même si vous n’avez pas le Linky. Le Linky de votre voisin rayonne chez vous. A proximité, bientôt sera installé l’un des 600 000 concentrateurs (un pour 50 compteurs environ) qui rayonnant vers les antennes relais alentours".
« L’action collective est la plus efficace », insiste le collectif Valentinois, invitant les Crestois à se former en collectif.

Il faut le savoir :« Les communes ou les communautés de communes sont les propriétaires des compteurs électriques » (voir aussi une question posée au Sénat sur ce sujet).

« En France, EDF domine la production d’électricité. En Allemagne, par contraste, on compte 40 % d’auto-production. Le combat est moins déséquilibré. Voilà pourquoi il a été plus facile à l’Allemagne de refuser le déploiement massifs des compteurs dits intelligents. Portugal, Belgique, Lettonie, République Tchèque l’ont également rejeté  », informe la Transition valentinoise

« Faites pression sur votre maire. Quelque cinq cents communes de France ont déjà refusé le Linky », souligne la Transition Valentinoise. En Drôme, Saillans, la Roche sur Grâne, rejoints récemment par le courageux village de Chastel Arnaud, montrent l’exemple. Valence, Bourg les Valence soulignent le droit des usagers à refuser le Linky.

« Le barreaudage, ceinturage, capotage du compteur existant sont des solutions préventives à son changement forcé. D’autres mesures préventives, ou curatives existent", précisera un technicien.

Un dernier point pour conclure. L’économie du big data, dans laquelle semble vouloir s’inscrire ENEDIS, nonobstant l’absence de mandat en ce sens par la République, repose sur une toile de centres de données - data-centers, en franco-anglais-colonial - atrocement gourmands en énergie. Faudra-t-il construire des centrales nucléaires pour permettre les économies d’énergie promises par le Linky ? Voilà pour beaucoup le tendon d’Achille du modèle : insoutenable.

r

Voir en ligne : Outil de refus du Linky

Notes

[1James Clerk Maxwell publie en 1865 « A Dynamical Theory of the Electromagnetic Field », fondement de toute l’électrotechnique moderne et bien au-delà


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