Drôme : il n’y aura pas de nouvelles zones artisanales-industrielles à Crest !?

La municipalité devra renoncer à des bétonnages supplémentaires

par Les Indiens du Futur.
Mis à jour le mercredi 21 août 2019

Dans la Vallée de la Drôme comme ailleurs, la quasi totalité des élus, quel que soit leur parti politique ou leur absence d’étiquettes, prône le développement économique et la création ou l’extension des zones industrielles/artisanales.
Vu qu’il faut disent-ils « créer des emplois et développer l’économie », ce principe d’aménagement n’est jamais remis en cause ni questionné. Pour tout le monde ou presque, il faut du développement, c’est à dire plus de production et de Croissance, donc plus de zones industrielles. Certains penchent pour la Croissance « verte », d’autres pour le business as usual, mais toutes et tous seront d’accord sur la nécessité et la priorité absolue du « développement ».

Pourtant, si on regarde les choses de plus près et sous d’autres angles, on peut se poser quelques questions...

Des zones industrielles à moitié vides ?

On peut remarquer que la zone artisanale de Grane, qui a déjà quelques années, peine toujours à se remplir.
Le tout nouveau « Ecoparc du Lauzun » 3CPS à Aouste est toujours vide, mais ça va venir nous promettent les élus promoteurs.

créer autant de zones industrielles est-il pertinent ?

Même dans cette logique du « développement », créer autant de zones industrielles est-il pertinent ? Ne s’agit-il en réalité de faire de la com et de faire travailler les entreprises de BTP qui réalisent les aménagements plutôt que de répondre à des vrais besoins ? A défaut de réflexion plus large, les élu.e.s pensent avoir fait leur taff s’ils ont créé tant de m2 de zones industrielles avec routes goudronnées, parkings, etc. ?

A Crest et ailleurs, on observe des bâtiments désaffectés, des terrains vagues, des hangars inoccupés, des espaces de pelouses ou de parking disproportionnés autour de nombreux bâtiments.
Mais ce sont des propriétés privées, alors les élus et les entrepreneurs préfèrent construire ailleurs, sur des terres encore vierges, plutôt que de démolir ou réhabiliter, ça coûte moins cher et tant pis pour le bétonnage des terres et les émissions de C02.

- Malgré tout ça, à Crest plusieurs projets de zones artisanales sont en cours, ou dans les cartons :

Questionner le développement lui-même

A l’heure des catastrophes climatiques (avec déjà des périodes extrêmes qui s’accentuent type canicules), de la destruction accélérée des animaux et des écosystèmes, etc., qui s’ajoutent aux maux du capitalisme, pas grand monde ne semble remettre en cause le « développement économique », la Croissance des activités des entreprises.
Certains parlent de « zone d’activités de haute qualité environnementale » ou de capitalisme « vert », mais il s’agit en fait toujours de la même chose  : faire croître le volume des échanges, le PIB, la production, et donc les émissions de CO2, la destruction des sols, la consommation d’eau, l’extraction de matières premières partout dans le monde, l’exploitation des humains ici et ailleurs, bref d’alimenter tout ce qui détruit les humains et le vivant.

D’autre part, la population continue à croître, et surtout à se concentrer de trop dans les mêmes endroits. Est-il raisonnable de vouloir attirer dans les petites villes trop de monde, au risque de les rendre aussi invivables que les mégalopoles que certains ont fuit pour cette raison ?

de quelle économie parle-t-on ?

Certains disent aussi vouloir relocaliser l’économie, pour fournir plus d’emplois localement, et ainsi diminuer les déplacements et transports routiers. Bien, mais de quelle économie parle-t-on ?

  • S’agit-il d’activités soutenables et sobres, à base de low-tech, qui respectent les humains et les autres habitants sur Terre ou d’entreprises qui s’inscrivent dans le toujours plus, la destruction des ressources, qui exportent loin, qui font partie d’une chaîne industrielle écocidaire ?
  • S’agit-il d’activités soutenables socialement et écologiquement, ou d’entreprises qui visent à faire des profits sur le dos des travailleurs et de la Terre ?
  • S’agit-il d’activités vraiment utiles, ou d’entreprises qui fabriquent des emballages, des gadgets, des machins de luxe pour riches, des saloperies industrielles qui servent à faire du business avec toujours autant de matières premières ?

D’autres formes d’activités, soutenables et solidaires

Si on ne sort pas du dogme de l’économie et du développement, on est condamné, malgré les jolis discours sur l’entreprenariat responsable et l’ESS, à s’enfermer dans une voie sans issue et auto-destructrice.
Au lieu vouloir à tout prix créer des emplois par davantage de développement, il faudrait plutôt partout diminuer les temps de travail, faire en sorte que chacun.e puisse vivre dignement en partageant, rendre les entreprises démocratiques et auto-gérées, dé-privatiser les moyens de production, créer des coopératives à but non lucratif pour les besoins de base (l’alimentation notamment), préférer les petites entreprises, miser partout sur les low-techs...

la construction de nouvelle zone artisanale/industrielle deviendrait ainsi inutile et indésirable

Avec ce type de politique, il y aurait besoin de nettement moins de bâtiments industriels, ils pourraient occuper d’anciens locaux abandonnés, et les activités quand c’est possible pourrait être plus proches des habitations, avec des accès faciles à pied ou à vélo. Ainsi, il y aurait aussi beaucoup moins de parkings à construire.
Il pourrait y avoir des usages mixtes, des salles d’entreprises souvent vides (notamment le week-end) utilisées à d’autres usages (réunions, stages...).
Dans les zones industrielles comme ailleurs, au lieu d’avoir des « espaces verts » morts (gazon, thuyas...) il pourrait y avoir des arbres fruitiers, des haies d’arbustes à baies, des coins potagers, des façades accueillants des plantes grimpantes nourricières (raisin, kiwi) etc.
Ca ferait une meilleure protection thermique et des appoints de nourriture pour nous et des oiseaux ou autres animaux sauvages.

Au final, la construction de nouvelles zones artisanales/industrielles deviendrait ainsi inutile et indésirable.

Le manque d’eau mettra un terme au développement ?

Les pouvoirs locaux, par exemple le maire de Crest Mr Mariton qui a fait dilapider 1 million d’euros pour un fumeux projet de centre aquatique avorté, sont souvent porteurs de projets aussi irresponsables que les pouvoirs nationaux, veulent poursuivre le développement alors que les alertes sur le manque d’eau se multiplient.

- extraits du rapport SAGE :
Les deux grandes activités économiques du bassin, que sont l’agriculture et le tourisme, restent fortement dépendantes de la ressource en eau notamment pendant la saison estivale. Les problématiques de réchauffement climatique, pour lesquelles des données apparaissent au niveau local, doivent être prises en compte dès cette prochaine révision.

Résumé de l’état des lieux : Le bassin est classé en zone de répartition des eaux (ZRE).Le classement en ZRE constitue un signal fort de reconnaissance du déséquilibre durablement installé entre la ressource et les prélèvements en eau existants. A l’heure actuelle, des arrêtés sécheresse sont pris toutes les années. A noter les 70jours d’assecs constatés en 2017

Il est suicidaire de vouloir poursuivre le développement économique et touristique dans ces conditions. L’eau qui reste doit servir au milieu naturel, à l’eau potable, et à la construction d’une réelle autonomie alimentaire à base de permaculture et de paysannerie responsable adaptée au climat actuel.

3CPS Vallée de la Drôme : zones industrielles existantes et en projet

Il n’y aura pas de nouvelles zones artisanales à Crest

En conséquence, forcément, pour défendre leur survie, celle de leurs enfants et le vivant du territoire, des habitant.e.s, des écologistes, des militant.e.s vont se lever, vont agir avec détermination pour empêcher la construction de toute nouvelle zone artisanale à Crest, pour arrêter le développement, pour construire une culture de résistance, et faire vivre sur ce territoire une société soutenable et démocratique.

Il n’y aura pas de nouvelles zones artisanales ou industrielles à Crest car davantage d’habitant.e.s vont se rendre compte qu’il ne faut pas laisser poursuivre le désastre
, qu’il faut virer les élus aux projets néfastes et les empêcher d’agir, que les petits éco-gestes individuels (vélo, manger bio, trier les déchets) sont insuffisants, qu’il faudra reprendre la main sur la politique, sur les moyens de production et de distribution.

Il n’y aura pas de nouvelles zones artisanales ou industrielles à Crest car davantage d’habitant.e.s vont comprendre que les pétitions ne sont pas prises en compte et seront prêt.e.s à mener divers types d’actions directes efficaces pour empêcher ce type de projets écocidaires.

Il n’y aura pas de nouvelles zones artisanales à Crest car davantage d’habitant.e.s vont forcément dépasser les divergences secondaires et les différences culturelles pour lutter en faveur de leurs intérêts communs supérieurs.

Il n’y aura pas de nouvelles zones artisanales à Crest car quelle que soit la majorité municipale au pouvoir (Mr Mariton, Ensemble pour Crest ou autre), elle devra composer avec la réalité écologique et surtout avec la ferme détermination des habitant.e.s. opposés à la poursuite des projets destructeurs, anti-sociaux et écocidaires en tous genres.


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