Défaire Macron et son monde ou juste s’agiter ?

Construire d’autres perspectives ou protester en espérant glaner quelques miettes ?

par Camille Pierrette.
Mis à jour le mercredi 9 mai 2018

Que veut-on vraiment ?

Juste gueuler dans la rue ou sur Facebook pour montrer notre colère et faire diminuer la pression intérieure, ou défaire Macron et son monde, et dans le même mouvement construire autre chose ?
Juste protester de manière plus ou moins virulente en espérant que le gouvernement ait pitié et nous accorde du haut de sa grandeur quelques miettes ou remises de peine entre deux coups de matraque, ou imposer une autre direction que la compétition capitaliste, la servitude volontaire, le chacun pour soi et la destruction de la Vie ?

Juste s’agiter dans une manif cernée de flics, ou pratiquer en grand la désobéissance civile

Juste s’agiter dans une manif cernée de flics, ou pratiquer en grand la désobéissance civile, construire l’auto-gouvernement, la coopération généralisée, la démocratie directe, le partage des ressources, et mettre l’économie au service des peuples ?
Juste continuer à subir et à s’en prendre à des boucs émissaires (pauvres, certains fonctionnaires, réfugiés...), ou relever la tête et s’allier pour défaire les architectes de la destruction du monde et autres vrais privilégiés et profiteurs ?
Juste rendre responsable les plus riches, ou se rendre compte que pratiquement tout le monde, de gré ou de force, participe aux mentalités capitalistes et aux actes individualistes qui vont avec ?

Les manifs sauvages, les cortèges de tête, permettent peut-être de se donner confiance, d’éprouver positivement la puissance du collectif, de se défouler, mais hélas ne permettent en rien de changer le cours des choses.
De même, face à la tyrannie et l’obstination des gouvernements, les protestations et grèves épisodiques à visée réformiste sont sans effets.
L’Etat, ses gouvernements et les lobbies qui les commandent sont toujours là, cyniques, violents et extrémistes, avec leur rouleau compresseur qui nous écrase et nous laisse de moins en moins de débris pour survivre.
Ils instrumentalisent toujours les polices, et se servent toujours des institutions non-démocratiques en place pour écraser et asseoir leurs dominations.

Bien que minoritaires, ces opposants à la Vie et à la construction d’autres mondes ne partiront malheureusement pas d’eux-mêmes.

Bien que minoritaires, ces opposants à la Vie et à la construction d’autres mondes ne partiront malheureusement pas d’eux-mêmes.
Et n’oublions pas que les policiers ne sont que des robots obéissants, les vrais responsables, celles et ceux qui posent problèmes, sont ceux qui leur donnent les ordres.

- Il faudrait d’abord, comme le conseille le Comité Invisible et d’autres, agir de manière plus stratégique, en reliant 3 pôles indispensables :

  1. La réflexion, l’analyse critique, l’ébauche d’utopies théorisées
  2. La résistance concrète au rouleau compresseur, ce qui peut inclure parfois des formes d’attaques
  3. La construction acharnée au quotidien d’autres modes de vie

Vu la violence et l’intransigeance de Macron et son monde, vu les urgences climatiques et écologiques, nous n’avons pas le choix, nous devons agir collectivement dès maintenant pour changer complètement de société.
Le temps des réformismes et des supplications à l’endroit des Pouvoirs est terminé.
Le temps des incantations, du râlage et des colères non suivies d’actions est fini.

Pour défaire Macron et tout son monde, de nombreuses actions sont possibles, à condition de garder en tête les objectifs et de ne pas s’enfermer dans des protestations sans effets ou se contenter de réformes ou de non-reculs.

A nous d’inventer un cocktail inédit grève générale illimitée, de blocages et d’occupations en tout genre

A nous d’inventer un cocktail inédit de grève générale illimitée, de blocages et d’occupations en tout genre, pour dans un premier temps forcer ce gouvernement à démissionner. Et ensuite déserter les institutions, revoir complètement l’organisation du territoire, construire de fédérations d’instances locales autonomes, sortir de l’économie...

- Il y en aura pour tout le monde :

  • soutien logistique et communication
  • garder les enfants
  • confection de repas pour ceux qui occupent ou tiennent un piquet de grève
  • cantines populaires
  • opérations « péages gratuits » pour soutenir les luttes et les grévistes
  • faire de l’éducation populaire sous diverses formes
  • aller écouter et rencontrer les plus pauvres
  • occupation d’usines, de lieux publics, d’administrations, de mairies, etc.
  • manifs sauvages
  • assemblées pour s’entraîner à la démocratie directe
  • Coordination de luttes (voir organisation en cours dans la région, prochaine réunion le 16 mai à Crest)
  • concerts de casseroles
  • blocages de réunions de politiciens ou d’actionnaires
  • etc.

A Die, j’ai participé à l’occupation de la mairie pendant 24h. On était plus de 200 le soir, et 50 pendant la nuit.
Il suffirait par exemple d’être plusieurs centaines à occuper et camper sur place, et de se relayer pendant des semaines, des mois.
Et si ce type d’actions se répètent dans des centaines de mairies ou d’autres lieux partout en france, les CRS ne pourront être partout. C’est juste un exemple.

Arrêtons d’être soumis ou d’attendre passivement que d’autres se lancent, nous avons la force, le nombre (rappelons que seulement 7% des français en âge de voter ont choisit le programme Macron au 2e tour des présidentielles), la révocation du gouvernement et de son monde est à notre portée !
La construction d’autres possibles également.

Il suffit de le vouloir et d’avoir le courage de désobéir, de transgresser un peu les lois carcans, de mettre ça en priorité, de prendre le risque de recevoir un peu de lacrymo ou quelques coups de matraque, et surtout avoir le cran de prendre sa vie en main, d’arrêter d’avoir peur les unes des autres.
On n’a plus rien à perdre, les gouvernements détruisent méthodiquement les quelques « conquis sociaux », et les catastrophes climatiques et écologiques sont là, et vont s’aggraver considérablement, surtout si on ne fait rien.

Alors quoi ?
Est-on résignés à une survie de plus en plus morne et difficile, ou est-on de plus en plus nombreux à vouloir vivre ?


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