Déclaration de la Libre Pensée 07-26 le 3 décembre 2018

Rassemblement devant la statue de l’Insurgé à Crest

par Philippe.
Mis à jour le mardi 4 décembre 2018

Citoyennes, citoyens, ami(e)s, camarades,

En décembre 1851, 10 000 drômois se dressaient contre le coup d’état de Louis Napoléon Bonaparte. Le 7 décembre, ils étaient près de 4 000 à Crest, venus des vallées de la Sye et de la Gervanne, de Chabrillan et puis de Grâne, armés de faux et de quelques rares fusils. Les canons leur répondront, puis une sauvage répression. Mais malgré le régime policier du second Empire, la résistance perdure, clandestine, opiniâtre.

C’est en 1906, alors que la République laïque vient de voter la loi de 1905, de Séparation des Églises et de l’État, que nait l’idée de cette statue de l’Insurgé. Elle sera érigée en 1910, sur la place de la Liberté, puis déboulonnée sous le régime de Vichy, sous prétexte d’en récupérer le métal. C’est grâce à une souscription, lancée par Albert Fié, décédé l’an passé, et soutenue par le maire de l’époque Jean-Pierre Tabardel, qu’en 1991 une nouvelle statue, identique à la précédente, retrouva la place qu’elle n’aurait jamais dû quitter.
Robert Serre, auteur du livre « 1851, 10 000 drômois se révoltent », résumait ainsi l’histoire des insurgés d’alors : « Ni des bandits, ni des héros, ces hommes et ces femmes poussés à bout luttaient, de manière indissociable, pour renverser un pouvoir dictatorial, rétablir la démocratie, instaurer la République espérée et trahie en 1848, obtenir la satisfaction de leurs besoins élémentaires et la reconnaissance de leur dignité ».

Les symboles ont la vie dure. Celui-ci et bien d’autres, témoignent de cette mémoire qui traverse les générations et resurgit de manière imprévisible, incarnant l’exigence inlassablement réitérée, de justice sociale, de paix, de liberté et de démocratie.
Nous sommes aujourd’hui face à un pouvoir sans légitimité, aux ordres des possédants, sourd aux revendications, sourd à la colère qui monte, devant cette volonté bonapartiste, pétainiste, de détruire méthodiquement la totalité des acquis ouvriers et démocratiques.

L’écho d’hier résonne aujourd’hui à travers ces paroles du chant de l’Insurgé :

Contre la classe patronale,
Il fait la guerre sociale
Dont on ne verra pas la fin
Tant qu’un seul pourra, sur la sphère
Devenir sans rien faire
Tant qu’un travailleur aura faim !

A la bourgeoisie écœurante
Il ne veut plus payer de rente
Combien de milliards tous les ans ?
C’est sur vous, c’est sur votre viande
Qu’on dépèce un tel dividende
Ouvriers, mineurs, paysans.

Devant toi, misère sauvage,
Devant toi, pesant esclavage,
L’insurgé se dresse
Le fusil chargé.

/...

La Libre Pensée est laïque, démocratique et sociale, c’est à dire qu’elle rejette, au nom de la dignité humaine, ce triple joug : le pouvoir abusif de l’autorité en matière religieuse, du privilège en matière politique et du capital en matière économique. À la place qui est la sienne, depuis 170 ans, elle participe aux débats et aux questionnements en cours, elle agit et se développe, en toute indépendance.
Si nous avons décidé d’avancer cette année la date de ce rassemblement devant la statue de l’Insurgé, c’est parce que nous serons le 8 décembre, avec les organisations attachées à la laïcité, devant les préfectures de l’Ardèche et de la Drôme comme dans tout le pays, pour dire haut et fort au tout petit Jupiter en mal de paratonnerre « Ne touchez pas à la loi de 1905 ! » À Prives le 8 à 11h, à Valence le 8 à 14h30.

Ni dieu ni maître et vive la Sociale !


2 Messages

  • Déclaration de la Libre Pensée 07-26 le 3 décembre 2018 Le 10 décembre à 09:17, par kkkaaa

    bonkjour

    j aimerais etre au courant des actions a venir notamment sur le secteur du pouzin et du nord ardeche

    Répondre à ce message

  • Déclaration de la Libre Pensée 07-26 le 3 décembre 2018 Le 10 décembre à 20:02, par Philippe

    CR des rassemblements 07-26 du 8 décembre 2018
    contre la révision de la loi de 1905
    Les deux préfectures n’ayant pas autorisé nos rassemblements, nous avions pris la précaution de diffuser la veille un communiqué informant de la situation en précisant : « quoiqu’il en soit, nous serons présents, à Privas et à Valence, ne serait-ce que pour éviter que ceux qui n’auront pu être informés de la situation (quelle qu’en soit la raison) ne se retrouvent isolés dans une position potentiellement délicate. Rendez-vous est donc donné, pour celles et ceux qui le souhaitent etc... »
    PRIVAS
    Malgré l’atmosphère anxiogène largement entretenue avec la présence annoncée des Gilets jaunes, nous étions 45, réunis à 11h, à une cinquantaine de mètres de la préfecture... qui n’était nullement « bouclée ».
    Lesdits Gilets jaunes, 100 à 150 manifestants, étaient eux, à ce moment-là, devant la préfecture. Nous avons expliqué les raisons de notre présence, en ajoutant que notre rassemblement était prévu depuis 3 mois. Puis nous avons proposé de lire au mégaphone, l’intervention prévue, sans qu’il y ait la moindre objection. Le nom de Macron a été évidemment abondamment sifflé. Au moment où la référence à Pétain était abordée, quelqu’un s’est écrié « c’est des francs-maçons », provoquant le départ d’une partie des GJ, alors que d’autres écoutaient attentivement, et approuvaient visiblement.
    Le Dauphiné Libéré a largement rendu compte de cette matinée privadoise... en évitant soigneusement de mentionner notre existence, de même qu’il a soigneusement évité de publier la moindre information en amont sur notre initiative, malgré l’envoi de tous les éléments nécessaires à toutes ses rédactions locales. L’unique mention faite la veille se passe de commentaires (voir en dernière page... « l’info en + »).
    En revanche, nous avons été interviewés sur place par une correspondante de l’Hebdo de l’Ardèche (parution le jeudi).
    Après relance, Madame le Préfet de l’Ardèche nous a proposé une audience le 10 janvier à 14h30.
    VALENCE
    Malgré la proximité d’une manifestation « climat » rejointe par des Gilets jaunes, la présence de huit fourgons de police garnis et menaçants, et l’annonce aussi inepte qu’erronée de l’ineffable Dauphiné Libéré, nous étions près d’une trentaine, au dos de la statue d’un certain Bachasson, comte de Montalivet et ministre de l’Intérieur de Napoléon (sic), à quelques 200 m de la préfecture. Étaient représentés outre la Libre Pensée ardéchoise et drômoise, La Fédération des Oeuvres Laïques de la Drôme, l’Observatoire de la laïcité 26-07, la LDH et Sud Éducation. Parmi les participants, on notait la présence de trois conseillers municipaux.
    Une délégation sera reçue par le directeur de cabinet du préfet le mercredi 12 décembre à 11h

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