De plus en plus soumises aux « lois du marché », les forêts publiques françaises vont-elles être abîmées dans l’indifférence générale ?

Les agents de l’ONF lancent un mouvement contre la marchandisation des forêts françaises

par Auteurs divers.
Mis à jour le jeudi 25 octobre 2018

- Lire l’article de Bastamag : Les agents de l’ONF lancent un mouvement contre la marchandisation des forêts françaises

- extraits :

C’est au tournant de l’an 2000 que l’institution forestière française entame sa mue néolibérale. La grande tempête de 1999 a engendré un traumatisme économique au sein de la filière et coûté plus de 500 millions d’euros à la forêt publique [2]. « La tempête a servi de prétexte. Elle a accéléré le processus. Mais le ver était déjà dans le fruit, nuance Philippe Canal, porte-parole du Snupfen, le principal syndicat de l’ONF. Depuis sa création en 1964, l’ONF a un mode de financement bancal qui dépend de la vente de bois. D’où une pression toujours plus forte pour en couper davantage et délaisser certaines missions jugées non rentables, comme celles liées à l’environnement, à l’accueil du public ou à la surveillance ». Depuis quatre décennies, le volume de bois récolté a augmenté d’un tiers alors que les recettes provenant de ces ventes ont baissé de 35 %. « C’est un fonctionnement suicidaire ! Le financement de l’ONF devrait être libéré des contraintes du marché du bois », juge Philippe Canal.

Résultat : de plus en plus des contractuels sont embauchés. « C’est une privatisation rampante. En 2018, aucun fonctionnaire ne sera recruté. Ce ne seront que des salariés de droit privé, explique Philippe Canal. Les fonctionnaires ne représentent plus que 60 % des effectifs. Dans quelques années, nous serons minoritaires, et le statut de l’établissement changera. »

De fait, l’office subordonne ses activités aux appétits de l’industrie. Elle se retrouve même au cœur des dérives de la biomasse. L’institution forestière a ainsi fourni la centrale de Gardanne, qui produit de l’électricité à partir de la biomasse, avec du bois jurassien coupé à 500 kilomètres de distance de l’usine. « On vend l’ONF aux marchands de bois », déplore Michel, un retraité de l’office inscrit à la CGT. Les syndicats pointent de récents recrutements de responsables commerciaux qui sont également grossistes et gérants d’entreprises dans la filière bois privée. Selon eux, « ce type d’embauche pourrait provoquer de graves conflits d’intérêts et menacer une gestion durable des forêts publiques ».
(Note : L’ONF sert aussi à fournir des "compensations" aux grands projets inutiles destructeurs de zones humides, comme par ex le projet Center Parcs à Roybon)

Le feu qui couve à l’ONF pourrait donc très bien se répandre. « Nous devons dépasser les corporatismes pour créer un mouvement large de défense des forêts », dit un syndicaliste. Une association, SOS Forêt, s’est justement créée il y a cinq ans pour rassembler citoyens, associations environnementales et professionnels du bois. Pour Jérôme, le jeune agent de l’ONF, « il y a quelque chose d’inédit qui s’invente ici. Une forme d’écologie sociale qui relie les luttes syndicales aux questions environnementales, qui pose la question de l’emploi autant que celle de la préservation des écosystèmes. Les forêts, ce sont les luttes de demain. »

- Voir aussi :


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