Arrêt en urgence du réacteur 3 à Cruas

des promeneurs et cyclistes contaminés


Mis à jour le dimanche 19 août 2018

Le 12 aout 2018

Lors d’un arrêt d’urgence d’un réacteur nucléaire, des dégazages radioactifs sont produits afin de prévenir des conséquences encore plus catastrophiques. Cela vient de se produire pour le réacteur 3 de Cruas-Meysse, avec des rejets d’iode radioactif 131 passés sous silence, mais retrouvés sur les vêtements des cyclistes et promeneurs.

Canicule ? Niveau du Rhône insuffisant ? Débit inférieur au minima requis ? Problème technique ? Perte de réseau ? Prélèvements d’eau du Rhône pour contrôle de l’activité radiologique qui révèle un problème, Edf n’en sait rien mais toujours est-il que le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse s’est mis en arrêt d’urgence ce dimanche 5 août 2018 vers 18h. Rejets d’iode radioactif 131 et contamination à la clef.
Ce qui montre que le Rhône et son affluent l’Isère présentent une situation très critique pour la santé des habitants et la pollution radiologique en liaison avec l’insuffisante dilution des rejets radiologique produits par pour les installations nucléaires.

Des promeneurs contaminés

Le réacteur n°3 de la centrale nucléaire de Cruas-Meysse s’est mis en arrêt d’urgence ce dimanche 5 août 2018 vers 18h. Rejets d’iode radioactif 131 et contamination à la clef comme en attestent des mesures effectuées sur la Via Rhôna à 2 km au nord de Cruas sur les vêtements des promeneurs et cyclistes. Ni les autorités préfectorales ni EDF ni l’Autorité de sûreté du nucléaire (ASN) n’en ont informé la population riveraine, notamment celle se trouvant sous le vent qui soufflait du sud vers le nord à 18km/h selon Météo-France.

L’arrêt d’un réacteur est une opération dangereuse, urgence ou pas,
L’arrêt immédiat de la réaction nucléaire confinée dans le cœur d’un réacteur est toujours une opération délicate à hauts risques : le cœur radioactif du réacteur continue à chauffer fortement ce qui nécessite une évacuation de vapeur, soit directement au niveau des échangeurs appelés générateurs de vapeurs situés dans l’enceinte de confinement, soit comme le précise ingénument EDF dans sa communication sur les arrêts d’urgence, directement dans l’environnement : « L’arrêt d’une unité de production engendre l’apparition d’un panache de vapeur d’eau au niveau de la salle des machines, visible dans le périmètre proche de la centrale ».

Pour réduire les surpressions diverses engendrées par les réactions complexes, notamment celles possibles de gaz explosifs comme l’hydrogène par pyrolyse ou radiolyse de l’eau, des dégazages sont automatiquement effectués au plus vite par les cheminées de rejet. Les filtres atteignant en quelques secondes leurs limites de saturation, ces rejets sont associés à d’inévitables rejets gazeux chimiques et radioactifs.

Le très volatil isotope contaminant radioactif iode 131 se fixe sur la thyroïde

Ces dégazages radioactifs sous forme de fines particules radioactives en suspension dans l’air (aérosols) se déposent progressivement sur les surfaces du sol au fur et à mesure de leur dispersion gazeuse dans l’air, notamment le très volatil isotope contaminant radioactif iode 131, puis suit le transfert de dépôts sur le sol principalement en fonction des vents sur la zone des rejets.
Dans sa courte « période d’activité » l’iode 131 est très toxique pour l’humain du fait de sa fixation sur la thyroïde et du risque d’irradiation de cette glande sensible notamment par les rayons bêta.
Avec les fortes chaleurs et la canicule qui se sont installées sur la France et au-delà, les niveaux et débits du Rhône et de son principal affluent l’Isère qui prend sa source dans le massif des Alpes sont au plus bas et des plus faibles.
Du point de vue des seuils réglementaires des installations nucléaires, la situation est critique. La pollution radiologique des rives du Rhône est en cours, en raison de rejets non réglementaires des rejets radioactifs des centrales nucléaires du Bugey (Ain), de Saint-Alban (Isère), de Cruas (Ardèche) et du Tricastin (Drôme-Vaucluse) ainsi que des autres installations nucléaires de Cadarache (Bouches-du-Rhône) et Marcoule (Gard).

Débits d’eau trop faible = danger nucléaire

Même constat alarmant pour les niveaux d’eau des fleuves et rivières dans lesquels les centrales atomiques puisent l’eau froide par pompage à raison de 50 m3/s pour les réacteurs nucléaires de 900 à 1 300 MWe.
L’eau en quantité énorme est indispensable au refroidissement des installations nucléaires. En leur au cœur, les réactions de fission engendrent des niveaux d’énergie équivalent à 160 000 000 000°, 160 milliards de degrés !

Les rejets d’eau de refroidissement nécessairement bien plus chauds qu’à leur entrée, après avoir abaissé l’eau du circuit de génération de vapeur d’un maximum de 323°C et 155 bars à 220 °C et 60 bars et à pour le circuit secondaire : « La pollution thermique d’une centrale nucléaire représente une quantité de chaleur de l’ordre du double de la quantité d’énergie utile produite ». La faune et la flore aquatique en pâtissent à longueur d’année. L’agriculture aussi. D’autant plus lors de canicule.

Le débit est une autre inquiétude. Afin que l’eau ne stagne pas trop, qu’elle permette la dilution des rejets (radioactifs) dans la rivière, le fleuve ou la mer, afin qu’un débit insuffisant n’endommage les installations, la réglementation fixe à un seuil minimal de 500 m³/s le débit nécessaire au fonctionnement d’une centrale nucléaire sur le Rhône.

En période de canicule, amenées à se renouveler, on est fréquemment en dessous.

Voir en ligne : Media citoyen du Diois

P.-S.

PS : article édité par E. Maillet


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